Leonard Bernstein par Marin Alsop

par
Alsop

Leonard BERNSTEIN
(1918 - 1990)
Intégrale des enregistrements Naxos par Marin Alsop
Baltimore Symphony Orchestra, Bournemouth Symphony Orchestra, Sao Paulo Symphony Orchestra, dir. : Marin ALSOP
DDD–2018–59’ 32’’, 69’ 40’’, 65’ 04’’, 65’ 11’’, 38’ 50’’, 48’ 34’’, 53’ 46’’ et 52’ 25’’–DVD (film de Georg WÜBBOLT)–Texte de présentation en anglais–Naxos 8508018

Ce coffret comprenant huit CDs et un DVD devrait ravir tous ceux qui aiment Leonard Bernstein compositeur, dont la musique, on ne peut que l’admettre, est des plus reconnaissables, quand bien même elle ne frise pas les sommets. Dans le DVD réalisé par Georg Wübbolt, Marin Alsop affirme toutefois que la Messe achevée en 1971 est une des œuvres les plus remarquables de la seconde moitié du XXe siècle, et peut-être l’est-elle paradoxalement parce qu’elle est hétéroclite, inclassable, inattendue, provocante même, à la fois pièce de théâtre, comédie musicale, ouvrage lyrique, cantate basée sur la liturgie catholique romaine et ballet. L’exécution qu’en donne Marin Alsop à la tête du Baltimore Symphony Orchestra, du Morgan State University Choir et du Peabody Children’s Chorus, reflète bien en tout cas le caractère hybride, voire bizarre et déconcertant, de l’ouvrage, qui était une commande de Jacqueline Kennedy.
D’une manière générale d’ailleurs, Marin Alsop se fait ici en un certain sens l’humble et respectueuse servante de l’auteur de West Side Story, qu’elle a admiré dès son plus jeune âge, surtout en regardant, à l’instar d’innombrables Américains, ses célèbres émissions de télévision. Ce sont ces dernières qui ont suscité chez elle son désir de devenir à son tour chef d’orchestre, mais sans aller jusqu’à adopter sa gestuelle spectaculaire (une mission impossible de toute façon). Ce qui n’a pas été de tout repos, et d’abord, et surtout, en raison du fait qu’elle est une femme – une femme devant se battre dans un milieu réservé à l’autre sexe. Leonard Bernstein, pourtant si cordial, si généreux, si tolérant et si ouvert, lui aurait même dit un jour : « Je ne vous comprends pas. Lorsque je ferme les yeux, j’oublie que vous êtes une femme. » À quoi, elle aurait répondu : « Eh bien, maître, pourquoi ne pas garder les yeux fermés ? »
Le grand intérêt de ce coffret, c’est de proposer, à côté de pièces connues comme Fancy Free (1944) ou les trois Symphonies (1942, 1949 et 1963) plusieurs premières mondiales : CBS Music (1978), A Bernstein Birthday Bouquet (1988) ou Anniversaries fort Orchestra (1989). Précision importante pour éviter des malentendus : il ne s’agit pas de l’intégrale des compositions de Leonard Bernstein, mais de l’intégrale des enregistrements de ses œuvres réalisés sous la direction de Marin Alsop pour le label Naxos. Le tout complété par un DVD, qui est prenant et, dans sa dernière partie, fort émouvant quand il fait voir l’immense Leonard Bernstein miné par la maladie et cherchant avec l’énergie du désespoir, les yeux ruisselant de larmes, à interpréter une fois encore son dieu : Gustav Mahler.
Jean-Baptiste Baronian

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