Les deux trios d'Arenski ici réunis !

par
Arensky

Anton ARENSKY
(1861 - 1906)
Piano Trios
Trio pour piano, violon et violoncelle n°1, op. 32 - Trio pour piano, violon et violoncelle n°2, op. 73
The Wilkomirski Trio : Celina Kotz, violon, Maciej Kułakowski, violoncelle, Łukasz Trepczyński, piano
2017- DDD-65'58"-Textes de présentation en polonais et anglais - DUX 1320

Anton Arenski (pour reprendre les conventions orthographiques de la langue française) fut l'élève de Rimski-Korsakov et le professeur de Scriabine, de Glière et de Rachmaninov. C'est dire sa situation dans la fin du romantisme musical. Influencé par le groupe des cinq (Balakirev, Rimski-Korsakov, Cui, Borodine et Moussorgski), fasciné par Tchaïkovski, Arenski nous lègue une œuvre d'une sensibilité à fleur de peau. Il adore les tonalités mineures. C'est le cas de ses deux trios, en ré et en fa mineur. Très lyrique, le premier ne se détache pas encore des influences d'un Mendelssohn et d'un Schumann qui auraient connu Tchaikovski. Ce chef-d'œuvre d'équilibre est la partition la plus enregistrée d'Arenski. Le second trio est une des dernières compositions du compositeur atteint de tuberculose et se sachant condamné ; il est plus rarement enregistré même s'il est animé d'une inspiration mélodique d'un artiste au sommet de son art. 
Le Wilkomirski Trio est formé de trois jeunes interprètes ; le piano et le violon sont assurés par Łukasz Trepczyński et Celina Kotz, déjà lauréats de concours polonais et internationaux. Au violoncelle, on retrouve la belle sonorité de Maciej Kułakowski, lauréat du CMIREB 2017, qui avait impressionné le public avec les spectaculaires acrobaties du Capriccio per Siegfried Palm de son compatriote Krzysztof Penderecki. Ils ont le mérite de s'attaquer pour leur premier CD au couplage relativement rare des deux trios d'Arenski.
Le livret ne comporte que deux pages et demi en anglais dévolues à Arenski et ses deux trios ; le reste est consacré aux tribulations de la famille Wilkomirski et à l'ancien trio Wilkomirski qui s'est produit pendant plus de soixante ans (5 pages) et aux jeunes artistes qui ont hérité de cet auguste nom (4 pages et demi). Malgré cette légère réserve, on se trouve en face d'un beau programme terriblement poignant qui nous familiarise avec un compositeur injustement méconnu.
Jean-Marie André

Son 8 – Livret 6 –  Répertoire 9 – Interprétation 8

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