Les trésors Schubertiens

par
Arpeggione Schubert

Franz SCHUBERT
(1797 - 1828)
Sonate Arpeggione en la mineur D. 821, Quintette à cordes en Do majeur D. 956
Matt Haimovitz (violoncelle), Itamar Golan (piano), Miró Quartet - 77’ – Livret de présentation en anglais et en allemand – Pentatone PTC 5186 549

L’Arpeggione, sorte de guitare jouée avec un archet est un de ces multiples instruments créés et vite oubliés au courant du XIXème siècle. Une des seules œuvres écrites pour cet instrument, la Sonate pour Arpeggione et Piano, reste un fleuron de la musique de chambre romantique, jouée dans de nombreuses transcriptions (pour alto, contrebasse, clarinette…), et notamment en duo violoncelle-piano. On se souvient particulièrement de l’expressivité et la chaleur du merveilleux duo Rostropovich-Britten (Decca), ainsi que la fluidité et l’aisance de Queyras-Tharaud (Harmonia Mundi).
Ici, Matt Haimovitz, star du violoncelle outre-Atlantique se joint à son compatriote israélien, le pianiste Itamar Golan pour nous livrer leur lecture de l’Arpeggione. Commençons par noter le jeu souple et élégant de Golan, prouvant bien qu’il est un des meilleurs accompagnateurs d'aujourd'hui ! (Ce n’est pas pour rien qu’il accompagne des statures telles que Jansen, Maisky, Vengerov, Repin et bien d’autres…). Haimovitz, lui, fait preuve d’un jeu relativement inégal. Il s’épanouit pleinement dans la délicatesse du deuxième mouvement, tandis que sa production de son est assez agressive dans les passages les plus virtuoses et haut-perchés du premier mouvement (véritable casse-tête pour tout violoncelliste !). Hormis cela, Haimovitz signe l’œuvre avec originalité et classe.
L’Arpeggione est une œuvre remarquable, mais le Quintette en Do majeur est un des chefs-d’œuvre de la musique de chambre. Habituellement, les quintettes à cordes ajoutent un alto supplémentaire au quatuor à cordes habituel, avec des exemples particulièrement réussi de Mozart et Brahms. Or Schubert innove avec l’ajout d’un deuxième violoncelle : celui-ci permettant à la fois des textures plus lumineuses (voir le deuxième thème du premier mouvement, un duo entre les deux violoncelles), une gravité déconcertante dans la section centrale du deuxième mouvement, une ampleur symphonique dans le Scherzo… Matt Haimovitz rejoint les Texans du Quatuor Miró, (le livret ne précise pas dans quel rôle) pour une interprétation brillante du Quintette en Do. On s’émerveille devant le génie schubertien, capable de transmettre tant d’émotions.
Pierre Fontenelle, Reporter de l’IMEP

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