L’excellence de l’Ensemble Esperanza

par
Siranossian

Edvard GRIEG
(1843 - 1907)
Suite Holberg, Op. 40
Frank BRIDGE 
(1879 - 1941)
Suite pour orchestre à cordes, H. 93
Carl NIELSEN 
(1865 - 1931)
Petite suite pour cordes, Op. 1
Gustav HOLST 
(1874 - 1934) 
Suite de St Paul, Op. 29 n°2
Ensemble Esperanza, Chouchane Siranossian, concertmeister
2017-SACD-67’22-Textes de présentation en anglais et allemand-Ars Produktion-ARS38227
C’est en 2015 que plusieurs étudiants issus de l’Académie Internationale de Musique de Liechtenstein forment l’Ensemble Esperanza. Dès leur premier concert au Festival Next Generation à Bad Ragaz, la qualité et la sensibilité du groupe sont saluées par la presse. Depuis, l’ensemble se produit partout en Europe dans des programmes allant du baroque aux musiques actuelles. En 2017, l’ensemble est couronné d’un Special Achievement Award aux International Classical Music Awards (ICMA) démontrant à nouveau, sous la conduite de la violoniste française Chouchane Siranossian, son talent et son professionnalisme. Pour leur premier disque, l’ensemble s’attaque au répertoire nordique de compositeurs nés au 19ème siècle. Dans la suite ressuscitée du baroque de Grieg, l’ensemble impose dès les premières mesures leur marque de fabrique : un regard porté sur la ligne grâce à un souffle et une écoute hors du commun, c’est véritablement bluffant. On est vite impressionné par le raffinement extrême associé à un jeu qui semble si naturel que tout coule de source. Cette pensée expressive donne à plusieurs reprises l’impression que tout repose sur un fil impétueux que rien ne vient déstabiliser. Entre le pétillant de la « Gavotte » et le dramatisme de l’« Air », nous ne sommes pas seulement face ici à du très bel orchestre rodé par divers concerts, mais bien à ce qui pourrait devenir demain une référence tant l’entente entre les musiciens semble être au rendez-vous. Autre coup de cœur avec cette Suite de Nielsen composée en 1888. A seulement 23 ans, le compositeur développe un matériau orchestral d’une rare densité et un propos thématique riche de couleurs et de dynamiques. C’est à nouveau avec cette justesse de style et des contrastes sonores saisissants que l’ensemble captive l’oreille, tant par la fraîcheur que la limpidité de l’exécution. Chez Holst, on soulignera l'indescriptible énergie qui découle de chaque mouvement tandis que chez Bridge, dans un autre style, c’est le parcours sonore sensible cette fois davantage dans la rondeur et la longueur qui est à saluer. On ne répètera jamais assez la nécessité d’exagérer les nuances, surtout lorsqu’il s’agit d’enregistrement, pour éviter un propos d’une profonde platitude. C’est justement en tout point remarquable de voir à quel point les artistes réunis ici ont compris cette nécessité tant la proposition offre des surprises sonores à chaque instant, notamment dans ce superbe « Nocturne » à couper le souffle. Beaucoup de magie non dissimulée dans cet enregistrement qui mérite clairement sa place dans les meilleures discothèques.
Ayrton Desimpelaere

Son 10 – Livret 10 – Répertoire 10 – Interprétation 10

Un commentaire

  1. Ping : Rencontre : Chouchane Siranossian, « Mes racines arméniennes ont une influence sur mon jeu » | Crescendo Magazine

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