L'invitation au Voyage

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Là, tout n’est qu’ordre et beauté
Luxe, calme et volupté

Initié en 2008, le Festival LOOP -festival de musiques contemporaines acoustique, électroacoustique et mixte de Belgique et d'ailleurs- a lieu chaque année à la fin du mois de novembre. Dans le cadre de son dernier concert et de l’anniversaire des 150 ans de relations diplomatiques entre le Japon et la Belgique, L’Ensemble Mendelssohn met à l’honneur les compositeurs belges et leurs influences nippones.
Le quintette à clavier Vues sur le jardin de lumière (2009) de Jean-Pierre Deleuze (°1954) ouvre la soirée, séduisant d’emblée le public par sa douceur poétique. Le premier mouvement, Horizons indicibles, allie subtilement trémolos et harmoniques naturelles aux violons, éclats de lumière messianiques de la part du piano et le timbre chaleureux de l’alto. Saluons les musiciens de l’Ensemble Mendelssohn pour leur interprétation sensible et raffinée de Deleuze, professeur d’écritures au Conservatoire Royal de Mons.
Toshio Hosokawa (°1955) est un des plus grands compositeurs japonais de l’après-Takemitsu et se caractérise par une synthèse entre influences occidentales et orientales. Fragmente II pour flûte-alto et cordes (1989) -innovant dans sa recherche des timbres- est finement construit autour d’une seule note éternelle. Comme un funambule sur un fil, l’Ensemble Mendelssohn effleure, zigzague et se rééquilibre autour de ce Fa# qui se faufile entre les instruments sous plusieurs formes avant d’être finalement happé par le vent. Cependant, l’interprétation un peu timide de l’Ensemble Mendelssohn a peut-être mené à quelques manques de précision.
2016 aura été l’année de consécration pour Claude Ledoux (°1960) ! Après la réussite magistrale de A Butterfly’s Dream, l’imposé de la finale du Concours Reine Élisabeth, son Concerto pour Shakuhachi et Orchestre a été créé en novembre au festival Ars Musica. Seul le deuxième mouvement de son Quintette à clavier (2005) nous a été interprété, et quelle peine ! Ici douce et méditative, là violente et acerbe, l’œuvre est certes moins accessible au premier abord, mais une lecture complète nous aurait permis de mieux nous plonger dans l’univers sonore du Belge.
Finalement, c’est avec la création belge de Taïko, l’œuvre pour quintette à clavier du jeune belge Stéphane Orlando qu’on termine la soirée. Créée à Kyoto par l’Ensemble Mendelssohn lors de sa tournée au Japon en novembre 2016, cette œuvre s’inspire à la fois du contraste entre le rythme plutôt ternaire de la langue japonaise et la rythmique binaire du kabuki, théâtre japonais traditionnel. Pizzicatos endiablés et piano vivace mènent à un climax bouillonnant d’énergie ! On dirait presque du rock n’ roll !...
Pierre Fontenelle, Reporter de l’IMEP
Salle de Concert de l’IMEP, Namur, 2 décembre 2016

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