L’O.N.B. et Boris Giltburg au fil du Danube

par

Béla Bartók (1881-1945), Esquisses Hongroises sz.97
Johannes Brahms (1833-1897), Danses Hongroises 1 & 5
Zoltàn Kodàly (1882-1967), Danses de Galànta
Franz Liszt (1811-1886),
Concerto pour piano n°1 en Mib majeur
Orchestre National de Belgique - Christian Mandeal, direction - Boris Giltburg, piano

Dans le cadre du Festival de Wallonie, le Palais des Beaux-arts de Charleroi a vibré ce samedi aux sonorités du pays magyar. A l’honneur, Liszt, Bartók, Kodàly et Brahms étaient brillamment interprétés par L’Orchestre National de Belgique et le dernier lauréat du Concours Reine Elizabeth de piano. Le programme se composait donc des Esquisses hongroises de Béla Bartók, des plus que célèbres Danses Hongroises n°1 & 5 de Brahms, des Danses de Galànta de Zoltàn Kodàly et enfin du magistral premier concerto pour piano de Liszt. L’orchestre débute agréablement et en douceur avant de développer sa verve dans le deuxième mouvement des Esquisses. Alors commence le voyage. Chaque pièce, chaque mouvement nous transporte. La danse est omniprésente, tant musicalement que dans la gestuelle de Christian Mandeal. Après des Danses Hongroises agréables mais où nous regrettoins l’agencement un peu trop violent des contrastes entre les parties vives et lentes, l’orchestre entame l’œuvre sans doute la moins connue du programme : Les Danses de Galànta. Dans son poème symphonique, Kodàly nous expose la musique de sa ville d’origine, célèbre pour son orchestre tzigane. Un hommage qui n’est pas sans rappeler le cycle Ma Vlast de Smetana. C’est dans ces Danses que l’orchestre est à son apogée, la musique est sublime et l’interprétation juste.Dans cette première partie, si quelques choix musicaux peuvent porter à discussion, l’orchestre réalise une performance digne de son niveau. Entre en scène le pianiste. S’il nous avait fait l’honneur, au Concours Reine Elizabeth, d’interpréter le 3e Concerto de Rachmaninov, c’est avec impatience qu’il était attendu dans le premier de Liszt. Bien entendu, le concerto est rendu avec beaucoup de virtuosité, un talent indéniable dans l’agencement des phrases, en somme une interprétation de qualité. Malgré tout, nous retrouvons son touché sec qui pour certains traits me défont de sa version, une question de choix donc. Après une ovation méritée à de nombreux égards, le pianiste offre quatre rappels courant de Liszt à Gershwin. Une très bonne interprétation de la Leggierezza de Liszt et de la Suggestion Diabolique de Prokofiev mais un Gershwin plus rigide, relevant davantage du finale coquasse que d’une interprétation sérieuse. Au Palais des Beaux-arts de Charleroi, nous avons dansé, voyagé et touché les beautés de cette Europe qui coule au cœur du Danube.
Xavier Falques
Charleroi, Palais des Beaux-Arts, le 27 septembre 2014

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