L’orgue de la Philharmonie de Paris : un orchestre de couleurs

par
Voyages

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Pièces transcrites pour orgue de Aram Khatchaturian (1903-1978) – Manuel de Falla (1876-1946) – Félix Mendelssohn (1809-1847) – Johann Sebastian Bach (1685-1750) – Franz Liszt (1811-1886) – Richard Wagner (1813-1883) – Frédéric Chopin (1810-1849) – Nikolaï Rimsky-Korsakov (1844-1908) – Claude Debussy (1862-1918) – Gabriel Fauré (1845-1924) – Camille Saint-Saëns (1835-1924)
Olivier Latry, orgue de la Philharmonie de Paris
2016-DDD-78’31-Textes de présentation en français, allemand et anglais-Erato-0190295888503

Voilà un disque qui a de quoi impressionner par le choix du répertoire et l’instrument qui lui est associé : l’orgue. Et pas n’importe lequel puisqu’il s’agit du très récent instrument installé à la Philharmonie de Paris qu’Olivier Latry nous présente sous toutes les couleurs et dynamiques. A travers des œuvres transcrites voyageant de Bach à Fauré en passant par Chopin et de Falla, il y a ici quelque chose de fascinant qui émerge, à savoir toute l’étendue sonore soutenue par une acoustique qui se prête volontiers à ce répertoire, quoi qu’ait pu s’inquiéter l’artiste aux premières heures de ce projet : « « En ce jour, l’orgue va se faire entendre. Mais ces quelques tuyaux, parcimonieusement érigés, suffiront-ils réellement à remplir ce volume de quelque 30000 mètres-cubes » ? S’il s’agit naturellement d’un CD et que le paysage acoustique offert au spectateur en situation live ne peut ici se prêter au jeu, il demeure néanmoins évident à l’écoute de cet enregistrement que cette inquiétude « naturelle » semble s’effacer au profit d’une acoustique prodigieuse. Derrière cet aspect acoustique se cache aussi la qualité intrinsèque de l’instrument qu’Olivier Latry défend avec justesse : « L’instrument dispose d’une palette exceptionnelle, les œuvres que l’on y joue sont transcendées par ses innombrables couleurs sonores, particulièrement les transcriptions qui requièrent, de la part du transcripteur tout d’abord, de la part de l’interprète ensuite, une imagination sans limites quant au choix des registrations ». Bien que l’instrument dispose de cet ensemble de caractéristiques, il faut également souligner la richesse de l’interprétation de chacune des pièces, de la construction sans failles des Variations sérieuses de Mendelssohn, à l’expression bouleversante du « Vorspiel und Isoldes Lebestod » (Tristan und Isolde) ou encore l’étonnante couleur du Prélude Op. 28 n°4 et la virtuosité associée à une clarté saisissante du Vol du Bourdon de Rimsky-Korsakov. A côté de ses pages, le répertoire français n’est pas délaissé avec, entre-autres, une Sicilienne subtile de Fauré ou encore une Danse macabre acide et joyeusement animée de Saint-Saëns. Tout est fait ici pour s’intéresser à ce Roi des instruments qu’est l’orgue - ici un Rieger créé par Michel Garnier -, et plus particulièrement ce somptueux équilibre qu’offre la Philharmonie de Paris. A découvrir !
Ayrton Desimpelaere

Son 10 – Livret 9 – Répertoire 10 – Interprétation 10

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