Louise Farrenc, symphoniste française du XIXème siècle.

par
Farrenc

Louise FARRENC
(1804 - 1875)
Symphonie n°2 en ré majeur, op. 35 - Symphonie n°3 en sol mineur, op. 36
Solistes Européens, Luxembourg, dir.: Christoph König
2018- DDD-67'06"-Textes de présentation en anglais et français - Naxos 8.573706
Louise Farrenc était une femme de caractère. Issue d'un milieu artiste de peintres et de sculpteurs, pianiste virtuose, elle devient en 1842 la première femme nommée professeur(e) au conservatoire de Paris. Avec un salaire inférieur à celui de son collègue masculin Henri Herz ! Elle militera contre cette injustice et, fine négociatrice, obtiendra gain de cause en 1850. Faut-il y voir une relation de cause à effet, c'est durant cette décennie des années 1840 qu'elle compose ses trois symphonies.
La Deuxième Symphonie date de 1845. Avec ses quatre mouvements, elle ne renonce pas à la grande tradition prônée par Haydn, Mozart et Beethoven. On est cependant frappé par le traitement chambriste de l'ensemble des vents. Peut-être un hommage inconscient à son mari virtuose de la flûte et du hautbois. C'est cette combinaison très subtile d'épisodes chambristes et d'écriture pleinement orchestrale qui frappe dans l'ensemble de la partition. La Troisième Symphonie, terminée en 1847 et créée deux ans plus tard, est également en quatre mouvements. Une courte introduction lente mène à un allegro agité qui culmine dans une coda débridée. Une calme mélodie de la clarinette soutenue par les cuivres ouvre un gracieux second mouvement tandis que le scherzo léger, aérien nous rappelle que Mendelssohn et Farrenc étaient contemporains. Le lyrisme du finale évoque Weber, Mendelssohn et Schumann, mais aussi l'idéal mozartien par l'ambigüité chromatique de ses phases musicales.
Les chefs ne se bousculent pas pour enregistrer les symphonies de Louise Farrenc. On se rappellera les deux intégrales de Johannes Goritzki d'une part, et de Stephan Sanderling, d'autre part qui datent déjà d'une vingtaine d'années. Farrenc est injustement oubliée ; elle ne figure même pas dans le dictionnaire des musiciens de l'Universalis (heureusement, elle a les faveurs de la bible musicale, le Grove dictionary). C'est dire le mérite de Christoph König et des Solistes Européens Luxembourg - orchestre occasionnel formé de musiciens des orchestres européens - de nous proposer les deux dernières symphonies de la compositrice dans une captation d'excellente qualité sonore. Sa lecture est contrastée, on y trouve toute l'expressivité et la vigueur rythmique requises par ces compositions.
Comme le plus souvent chez Naxos, on lit avec intérêt un dépliant de trois feuillets concis nous offrant une excellente synthèse analytique des oeuvres (mais imprimé dans un caractère digne des meilleures notices pharmaceutiques). On a ainsi un enregistrement qui aiguise agréablement notre curiosité et nous aide à mieux comprendre cette production symphonique française du début du XIXème siècle tellement dominée par l'héritage beethovénien. Louise Farrenc n'est cependant pas l'exceptionnel (au sens littéral du terme) Berlioz qui était pourtant un de ses inconditionnels admirateurs.
Jean-Marie André

Son 9 – Livret 9 –  Répertoire 7 – Interprétation 9

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