Mariss Jansons et Mahler : la justesse à son plus haut niveau !

par
Mahler 9
Gustav MAHLER (1860 - 1911) Symphonie n°9 Symphoniorchester des Bayerischen Rundfunks, Mariss Jansons, direction 2017-DDD-80’45-Texte de presentation en anglais et allemande-BR Klassik-900151 C’est pour notre plus grand plaisir que Mariss Jansons revient à Mahler avec le Symphoniorchester des Bayerischen Rundfunks, sans doute l’une des plus belles formations orchestrales au monde. La Symphonie n°9 de Mahler, un monument à elle seule écrite en seulement quelques semaines durant l’été 1909 par un compositeur touché par la maladie deux ans plus tôt, expose un langage poussé à son extrême et parfois déconcertant. Elle commence de manière assez dépouillée avant de s’épanouir dès l’émergence des seconds violons accompagnés des altos, violoncelles, harpe et cors. Cette manière d’apaiser le caractère et l’ambiance d’une matière si touchante donne à percevoir non seulement le style que Mahler va conférer à son œuvre mais aussi la manière dont un chef va conduire cette masse, avec lucidité et justesse. Et Jansons sait dans quelle direction mener ses troupes : soin porté au détail des dynamiques (très nombreuses chez Mahler, parfois opposées sur une même cellule), émergence naturelle de certains instruments grâce à une balance générale de haut vol et il faut l’avouer, grâce à une phalange orchestrale d’une telle brillance que l’expertise de chaque musicien associée à une écoute et une homogénéité sans failles ne peut donner que le meilleur. Rien de superflu ici, on se plaît davantage à voyager au sein de chaque mouvement, tantôt pittoresque, tantôt pastoral ou encore non dénué d’une certaine pointe de sarcasme. Du grand Mahler conduit par une baguette où l’on reconnaît immédiatement la touche très personnelle, presque cosmique mais tellement respectueuse du texte de Mariss Jansons. Si d’une certaine manière, cette œuvre peut évoquer la disparition tragique de Maria, fille aînée du couple Mahler, à l’âge de quatre ans, à la fin du dernier mouvement, qui débute lui-même par un tutti de cordes chaud et chaleureux, il n’est plus question de la mort, mais plutôt du repos et de silence. Un bijou ! Ayrton Desimpelaere Son 10 – Livret 10 – Répertoire 10 – Interprétation 10

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