Mendelssohn à la portée de tous

par
Mendelssohn Bernius
Felix MENDELSSOHN (1809 - 1847) Lieder pour choeur opus 41, 48, 59, 88 et 110 Kammerchor Stuttgart, dir.: Frieder BERNIUS 2010 à 2015-DDD-65'-Textes de présentation en anglais et allemand-Carus 83.287 Depuis bien des années, Frieder Bernius nous fait découvrir, inlassablement, le vaste univers choral de Mendelssohn, essentiellement chez Carus: les oratorios, les motets, les musiques de scène ont ainsi été visitées avec talent par l'infatigable défricheur. Avec les lieder chorals qu'il nous propose aujourd'hui, nous entrons dans la part de loin la moins connue du compositeur du Songe d'une nuit d'été. D'un point de vue numérique, pourtant, il s'agit d'un apport important à son catalogue: pas moins de 71 oeuvres, très courtes il est vrai, dont 33 pour voix mixtes, qui couvrent toute la période créatrice de leur auteur, de 1820 à 1847. Certaines de ces partitions sont de circonstance: anniversaires, célébration de l'abolition de l'esclavage sur l'île de Ceylan (!), funérailles, etc. mais la plupart sont d'inspiration naturaliste et ce sont les rossignols, alouettes, arbres des forêts, bergers, paysages matinaux ou printaniers qui sont à l'honneur. Bien entendu, son intense activité de chef de choeur explique cette abondance, même si la destination de ces pièces – le plus souvent des ensembles amateurs – l'oblige en général à concevoir pour elles une structure strophique, ce qui diminue les difficultés d'exécution. Il ne faut pas se méprendre, cependant: si elles sont aisées d'accès sur les plans technique et mélodique, encore qu'elles demandent, de la part de chanteurs peu expérimentés, une certaine endurance et du souffle, elles sont bien de la main d'un maître. Et leur charme direct, simple mais pas niais, que seul un Mendelssohn pouvait créer, est tout simplement désarmant et irrésistible, à notre sens du moins. Plus encore, cette capacité à créer, en l'espace de deux minutes à peine, parfois bien moins, un climat bien typé est en soi remarquable. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si ces pièces, toutes a capella, soient si courtes: sans soutien instrumental en guise de repère, un choeur amateur « baissera » invariablement, et très vite, d'un demi-ton, voire plus; la brièveté de ces pages est donc tout sauf fortuite. Est-il nécessaire de préciser que Bernius et son ensemble de Stuttgart y sont merveilleux, comme d'habitude serait-on tenté de dire? Une plongée très rafraîchissante dans le romantisme ensoleillé du bon Félix. Bernard Postiau Son 10 - Livret 9 - Répertoire 10 - Interprétation 10

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