Musique de chambre, piano, cordes, voix, vents… les nouveautés chez Henle

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Florilège de partitions chez Henle en marge de la nouvelle saison. Il y en a pour tous, dont de formidables inédits et redécouvertes…

Piano
– Sonate pour piano en La majeur K. 331 (300i) avec Marche turque (Alla Turca) de W.A. Mozart
La découverte sensationnelle d’un autographe jusque-là inconnu de la fameuse Sonate pour piano en La majeur (avec l’inoxydable « Marche turque ») de Mozart à Budapest en automne 2014 a donné le déclic pour cette nouvelle édition indispensable. Après une étude approfondie de ce manuscrit et une comparaison minutieuse avec toutes les autres sources, Henle présente pour la première fois un Urtext définitif d’une grande partie de ce chef-d’œuvre (le nouvel autographe ne contient pas la sonate complète). Les divergences par rapport au texte musical connu à ce jour sont, il faut le dire, conséquentes. Les éditeurs sont donc fiers de pouvoir affirmer qu’il n’est désormais plus possible d’étudier sérieusement cette sonate sans faire appel à cette nouvelle édition Urtext.
Edition de Wolf-Dieter Seiffert – Doigtés de Markus Bellheim – Remplace HN 50 – Commentaire critique exhaustif disponible à titre gratuit en téléchargement – 30 pages – HN 1300

hn-1260– Pavane pour une infante défunte de Maurice Ravel
Selon les propres dires de Ravel, il ne faut pas faire trop grand cas du titre étrange apposé à cette petite pièce pour piano composée en 1899, « Pavane pour une infante défunte ». Il fut choisi par le compositeur avant tout pour le « plaisir de faire une allitération » en « assemblant les mots » qui le composent. Il reconnut toutefois que cette musique évoque « une pavane qu’aurait pu danser telle petite princesse jadis, à la cour d’Espagne ». Cette pièce facile, mais d’un effet prodigieux, connut une popularité hors du commun après sa création en 1902, ce dont témoignent les nombreux arrangements de l’oeuvre, et la version pour petit orchestre de la plume du compositeur. L’oeuvre est proposée ici dans sa version d’origine, en parfait complément au programme Ravel de l’éditeur.
Edition d’Alexandra Marx – Doigtés de Pascal Rogé – Edition Urtext – Distribution non autorisée en France – 15 pages – HN 1260

hn-0581– Sonates choisies pour piano de Domenico Scarlatti (Volume IV)
Voici une partition attendue impatiemment par de nombreux pianistes : le quatrième volume Urtext consacré à la vaste production des sonates de Domenico Scarlatti. Si, dans les trois premier volumes déjà publiés (HN 395, 451 et 476), il y avait un équilibre entre des pages souvent jouées et d’autres méconnues, permettant ainsi aux musiciens avides de découvertes d’y trouver leur compte, le quatrième volume est un florilège qui regroupe le meilleur de Scarlatti. L’ensemble des sources scarlatiennes est embrouillé et riche en variantes. Bien que l’éditeur dispose des copies historiques de Venise et de Parme, il a pris soin d’éclaircir cette situation embrouillée par de nombreuses notes de bas de page. Ainsi même ces sonates familières réserveront des surprises aux pianistes.
Edition de Susanne Cox – Doigtés de Rolf Koenen – Edition Urtext – Commentaire critique exhaustif disponible à titre gratuit en téléchargement – 132 pages – HN 581

hn-1400– Allegro barbaro de Béla Bartok
Composé en 1910/11, l’Allegro barbaro de Bartók fait partie de ses œuvres pour piano les plus connues et les plus appréciées. Le compositeur lui-même le jouait volontiers en public et l’enregistra à plusieurs reprises. L’enregistrement de 1929, qu’il avait qualifié d’ « authentique », présente des variantes extrêmement intéressantes concernant l’articulation, le tempo et même quant au nombre de mesures de l’ostinato par rapport à la partition imprimée. Ces variantes sont reprises pour la première fois et commentées dans cette édition Urtext. László Somfai nous donne ainsi avec cette première édition Urtext de Bartók, en avant-première, un aperçu des multiples impulsions musicales qui ont engendré l’Édition critique des œuvres complètes de Béla Bartók, une coproduction entre les Éditions G. Henle et Editio Musica Budapest, laquelle paraîtra à partir de cette année.
Edition de László Somfai – Edition Urtext – Coproduction avec Editio Musica Budapest – 16 pages – HN 1400

hn-1239 hn-1243– Suites « Peer Gynt » d’Eduard Grieg
La musique de scène de Grieg pour le drame « Peer Gynt » de Henrik Ibsen contient avec « Au matin » ou « Dans l’antre du roi de la montagne » quelques-unes de ses compositions les plus célèbres. Grieg rassembla plus tard les pièces les plus belles dans deux suites pour orchestre et en fit des arrangements pour piano à deux et à quatre mains. Grande surprise lors de la préparation de cette édition Urtext: la deuxième suite contenait dans l’autographe et le premier tirage un mouvement supplémentaire, la « Danse de la fille du roi de la montagne », laquelle fut supprimée peu après par le compositeur. Publiée à nouveau pour la première fois depuis 120 ans, cette jolie danse figure en annexe à l’édition proposée ici. C’est le pianiste norvégien spécialiste de Grieg, Einar Steen-Nøkleberg, a réalisé les nouveaux doigtés.
Edition de Ernst-Günter Heinemann et Einar Steen-Nøkleberg – Doigtés de Einar Steen-Nøkleberg – Edition Urtext – Version pour piano – 50 pages – HN 1239 – Version pour piano quatre mains HN 1243

Instruments à cordes
hn-0979– Le Concerto pour contrebasse de Johann Baptist Vanhal
Après les concertos pour contrebasse de Dittersdorf (HN 759) et de Hoffmeister (HN 721), Henle ajoute à son catalogue un nouveau sommet de la littérature classique pour l’instrument, l’unique Concerto pour contrebasse de Johann Baptist Vanhal. Cette oeuvre virtuose ne nous est parvenue que par une copie du matériel dans la succession du célèbre contrebassiste Johannes Sperger (1750–1812), laquelle soulève un certain nombre de questions du fait des nombreux ajouts que comporte la partie soliste (s’agissant notamment des indications de jeu à l’octave). Dans l’Urtext, Tobias Glöckler répond à ces questions avec un texte musical soigneusement préparé pour l’exécution. La réduction pour piano est présentée dans deux tonalités différentes (Ut et Ré majeur), ce qui permet de jouer le concerto avec l’accord de soliste ou l’accord d’orchestre. En outre, une voix supplémentaire en tablature, spécialement conçue pour l' »accord viennois » en usage à l’époque de Vanhal, permet à l’instrumentiste de jouer directement avec la sonorité puissante de l’accord historique, sans réapprentissage fastidieux.
Edition de Tobias Glöckler – Réduction pour piano de Christoph Sobanski – Doigtés cb de Tobias Glöckler – Cadences de Tobias Glöckler – Edition Urtext, réduction pour piano en Ut et Ré majeur –
Partie en « accord viennois » (La-ré-fa#-la) à télécharger – Matériel d’orchestre disponible chez Breitkopf & Härtel – 93 pages – HN 979

Instruments à vent
hn-1143
– La Marche des gorges bleues pour piccolo et piano de Leos Janácek
Cette petite marche composée en 1924 constitue la cellule orginelle de la suite pour vents Mládí (HN 1093/7093), dans laquelle le thème effronté de flûte traverse le troisième mouvement. Les « gorges bleues » ne représentent d’ailleurs pas des oiseaux, mais les choristes habillés de robe bleu clair de l’abbaye de Brno, où allait le jeune Janáček de onze ans. Près de soixante ans plus tard, il se souvint, lors d’un séjour à Potsdam, de l’entrée des troupes prussiennes à Brno et en retranscrivit l’ambiance dans cette miniature de musique de chambre au caractère militaire. Cette édition Janáček de Jiří Zahrádka, spécialiste de la vie et de l’oeuvre du grand compositeur tchèque, offre un Urtext de la meilleure qualité, enrichi d’informations détaillées sur la genèse et la réception de l’oeuvre.
Edition de Jirí Zahrádka – Doigtés de Klaus Schilde – Edition Urtext – En coopération avec Universal Edition, Vienne – Préface exhaustif et commentaire critique exhaustif disponibles à titre gratuit en téléchargement – 12 pages – HN 1143

hn-0580– Fantaisie op. 79 et Morceau de lecture pour flûte et piano de Gabriel Fauré
Cette exquise fantaisie de Fauré figure parmi les joyaux de la musique de chambre, que nous devons à son activité au Conservatoire de Paris. Paul Taffanel, qui y enseignait la flûte, avait invité son collègue à composer un morceau de concours virtuose. Il reçut en 1898 le manuscrit des mains de Fauré avec la recommandation explicite « de modifier les traits qui seraient impraticables », avant de l’employer pour l’examen. Étant donné que le manuscrit est aujourd’hui perdu, nous ne savons pas quelle est la part de modifications apportées par Taffanel; quoi qu’il en soit, il en résulte une pièce de concours brillante, à laquelle l’éditeur adjoint un petit Adagio sans numéro d’opus que Fauré composa également en 1898 pour les examens de lecture à vue du conservatoire.
Edition de Annette Oppermann – Doigtés de Klaus Schilde – Edition Urtext – 27 pages – HN 580

hn-1285– Rêverie op. 24 pour cor (en Fa) et piano de Glazounov
Alexandre Glazounov était aussi à l’aise pour composer des pièces symphoniques dans un style romantique tardif que pour écrire de la musique de chambre. À l’instar de la Rêverie pour cor et piano, ses brèves pièces pour instruments solistes séduisent par leurs mélodies ravissantes et leur amour du détail. Glazounov était lui-même un bon corniste et joua, en tant que jeune étudiant, dans plusieurs orchestres. C’est de cette époque que date cette œuvre hautement romantique, dans laquelle le compositeur fait admirablement valoir toutes les qualités sonores de l’instrument. Une pièce de concert qui fait son effet tout en étant déjà accessible aux élèves avancés et présentées ici en édition Urtext sur base de l’autographe de Glazounov conservé à la Bibliothèque nationale de Saint-Pétersbourg.
Editeur de Dominik Rahmer – Doigtés de Klaus Schilde – Edition Urtext – 13 pages – HN 1285

Voix
hn-0552– Douze poèmes op. 35, Chants sur des textes de Kerner de Robert Schumann
Tout comme Dichterliebe (HN 549), Frauenliebe und Leben (HN 547) ou les cycles de lieder d’après Heine et Eichendorff (HN 548 et 550), le cycle Kerner op. 35 fut composé en 1840, l’année du lied de Schumann. Sa position est néanmoins particulière: il vit le jour juste après le mariage du compositeur avec Clara Wieck. En novembre, au cours d’une « semaine calme, passée à composer, s’aimer et s’embrasser », Schumann mit en musique un groupe de poèmes. Le cycle, contenant quelques allusions musicales très intimes, fut terminé à la fin de l’année. La première édition de 1841 fut aussitôt suivie d’un second tirage, de nombreux lieder parurent séparément et le « Wanderlied » fit rapidement son entrée au répertoire. Avec cette édition, ce cycle de Schumann paraît pour la première fois en un seul volume.
Edition de Kazuko Ozawa – Edition Urtext – Tonalités originales pour voix haute et moyenne – 48 pages – HN 552

hn-0968– Neuf Arias allemandes pour soprano, instrument solo et basse continue de G. F. Haendel
Nous ne savons pas grand chose des compositions de Haendel sur des poèmes de Barthold Heinrich Brockes. Elles semblent avoir vu le jour au cours des années 1724-1727. L’autographe ne mentionne ni titre, ni ordre des pièces. Même l’instrumentation y est absente. Plusieurs alternatives s’offrent pour le choix de l’instrument soliste qui accompagne la voix dans un jeu d’imitation. Le violon, la flûte ou le hautbois semblent néanmoins les plus probables. Cette édition pratique offre, outre des parties séparées pour l’instrument soliste et la basse, une réalisation, par l’éditeur Ullrich Scheideler, de la basse continue.
Edition de Ullrich Scheideler – Réalisation de la basse continue de Ullrich Scheideler – Edition Urtext – Tonalités originales pour voix haute – Contient une partition avec et une sans réalisation de la basse continue, la partie instrumentale soliste et la partie de basse sans chiffrage – 118 pages – HN 968

Musique de chambre
hn-1134– Sonate pour piano et violoncelle en mi mineur op. 38 de Johannes Brahms
La Sonate pour violoncelle et piano en mi mineur de Brahms est la première partition du compositeur pour instrument soliste et piano qu’il fit publier. À l’été 1865, il la propose à l’éditeur Simrock, la présentant avec raison comme une oeuvre « qui n’est vraiment pas difficile à jouer, ni pour un instrument ni pour l’autre ». Effectivement, par rapport à la Sonate en fa majeur op. 99 (HN 1135), plus tardive, elle présente moins de difficultés techniques tout en étant musicalement superbe, si bien qu’elle est prisée tout autant des musiciens amateurs que des professionnels. La nouvelle édition se fonde sur la nouvelle édition des oeuvres complètes de Brahms et propose ainsi un texte musical révisé en fonction des données musicologiques les plus récentes avec les commentaires qui s’imposent. Comme d’habitude, la partition comprend une partie de violoncelle supplémentaire annotée.
Edition Egon Voss, Johannes Behr – Doigtés de Klaus Schilde – Doigtés vlc. de Claus Kanngiesser – Remplace la référence HN 18 – Partie de corde avec ou sans indications de doigté – 57 pages – HN 1134

hn-1228– Quatuor avec piano en la mineur de Gustav Mahler
Le nom de Mahler est si attaché aux genres de la symphonie et du lied, que l’on ignore souvent qu’il se consacra intensément à la musique de chambre durant ses années d’études. Des nombreuses tentatives dans ce domaine, il ne reste qu’un quatuor à cordes, composé entre 1876 et 1878, et dont seul le premier mouvement, redécouvert dans les années 1960 et publié pour la première fois en 1973, est achevé. Même si l’on reconnaît immédiatement l’ombre de Brahms, ce mouvement de quatuor est suffisamment personnel et original -à l’instar du traitement quasiment symphonique de piano – pour qu’il soit intégré à la série de publications Urtext de l’éditeur. À des fins d’étude, il publie en outre, en annexe à cete édition, une esquisse sous forme de fragment d’un autre mouvement, un scherzo pour la même formation.
Editeur de Christoph Flamm – Doigtés de Klaus Schilde – Edition Urtext – 50 pages – HN 1228

hn-0584– Septuor en Mi bémol majeur op. 65 pour trompette, violon I, violon II, alto, violoncelle, contrebasse et piano de Camille Saint-Saëns
Commande de la société parisienne de musique de chambre « La Trompette », le Septuor fut composé entre 1879/1880. Pendant de nombreuses années, Saint-Saëns avait fait la fine bouche avant de répondre à la demande du fondateur de cette société, Émile Lemoine : « Je te ferai un concerto de 25 guitares, avec trompette, c‘est impossible ». Cette oeuvre surprend tant par son instrumentation pour trompette, quintette à cordes et piano suggérée par Lemoine, que par ses réminiscences stylistiques des Suites de l’époque baroque. En raison de sa musique très accessible, le Septuor en quatre mouvements devint rapidement populaire et engendra par la suite de nombreuses oeuvres néo-baroques. Il est publié ici pour la première fois en édition critique.
Edition de Peter Jost – Doigtés de Klaus Schilde – Edition Urtext – 106 pages – HN 584

Piano à 4 mains
hn-1263
– Images d’Orient op. 66 pour piano à quatre mains de Robert Schumann
En 1849, Schumann publia six impromptus pour piano à quatre mains sous le titre de « Bilder aus Osten ». Comme il ressort de l’avant-propos de la première édition, le compositeur s’est inspiré des Makâmas – un genre de prose rimée en arabe – du poète médiéval Hariri, traduits en allemand par Friedrich Rückert. Abu Said, le personnage principal de ces Makâmas, que Schumann comparait au Till Eulenspiegel allemand ne le quitta pas durant toute la composition, ce qui explique le caractère exotique de ces pièces. Plus de 150 ans après leur parution, les « Images d’Orient », qui recourent de manière très subtile à la large palette de sonorités du piano à quatre mains, n’ont rien perdu de leur charme.
Editions de Christiane Strucken-Paland – Doigtés de Andreas Groethuysen – Edition Urtext – 40 pages – HN 1263

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