Natalie Dessay interprète Schubert

par
Schubert Dessay

Franz SCHUBERT
(1797 - 1828)
Sélection de 15 lieder – « Auf dem Wasser zu singen » (transcription : Franz Liszt)
Natalie Dessay, soprano – Philippe Cassard, piano – Thomas Savy, clarinette
2017-DDD-65’54-Texte de présentation an français, anglais et allemand-Sony Classical-88985419882

On ne présente plus Natalie Dessay dont la carrière rayonnante est le reflet d’une forme de bienveillance et de sensibilité au service de la musique. Avec le pianiste Philippe Cassard, elle aborde la délicatesse du lied chez Schubert : « Longtemps j’ai repoussé l’échéance mais je savais qu’il me faudrait un jour chanter Schubert. Non pas par obligation mais par désir ». D’autres témoignages viennent ponctuer le texte de présentation, et si le produit principal est bien la vision donnée par les deux artistes, ces différents écrits nous guident d’une part dans ce choix délibéré d’aborder ce répertoire « tardivement », et d’autre part sur le travail des artistes, guidé par Wolfgang Holzmair, portrait ici d’une belle et longue collaboration. Premier constat, la clarté du texte et sa prononciation au cordeau qui permet d’apporter à l’expression toute la richesse et la saveur des accents dramatiques. Second constat, la pureté du timbre, une voix de cristal. Vibrato soigné, émission colorée, aucune tendance à l’exagération, en bref, la justesse du propos. Dernier constat, le piano attentif et mené avec grande intelligence de Philippe Cassard, dont on saluera la beauté du jeu dans « Auf dem Wasser zu singen » transcrit par Liszt. Si le pianiste côtoie la musique de Schubert depuis plus longtemps, il a su guider et accompagner avec clairvoyance le chant de Natalie Dessay, deux artistes dont les médiums se fondent dans un seul souffle, une seule ligne et une vision profondément touchante. Un dialogue renouvelé à chaque instant dont on soulignera, entre-autres, la douceur dans Du bist die Ruh ou encore le jeu plus théâtral dans Erlkönig où l’artiste parvient de manière admirable à changer de caractère et d’état d’esprit pour chaque personnage. Sans oublier la clarinette chantante et pétillante de Thomas Savy dans Der Hirt auf dem Felsen, dernier lied composé par Schubert, voilà un enregistrement qui retrace l’étendue du génie de Schubert à travers seize lieder choisis avec soin. Un enregistrement de haute maturité artistique et d’une profonde sincérité.
Ayrton Desimpelaere

Son 10 – Livret 10 – Répertoire 10 – Interprétation 10

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