Pascal Amoyel dans les Polonaises de Chopin

par

0126_JOKERFrédéric Chopin
(1810 - 1849)
Polonaises op. 26, 40, 44, 53, 61
Pascal Amoyel, piano
2016-DDD-63’32Textes de présentation en français, anglais, allemand et chinois-La Dolce Volta-LDV25

C’est du très beau piano que nous propose Pascal Amoyel à l’occasion de cette parution chez La Dolce Volta consacrée à sept Polonaises de Chopin. L’exécution de ces pièces relativement courtes n’est pas chose aisée tant le matériau rythmique et harmonique peut rendre la compréhension et l’analyse complexes. Comme le souligne le pianiste dans le texte de présentation, marque de fabrique du label, il faudrait « incarner » ces œuvres et ne pas se satisfaire au « respect du texte ». Fraîcheur, instinct et liberté sont donc au cœur de ce répertoire que Chopin affectionnait particulièrement pour un piano en constante évolution : nouvelles dynamiques, piano orchestral, palette de contrastes et couleurs innovantes… Mais comme le souligne à nouveau Amoyel, « même porté par une intuition première, on n’interprète pas Chopin aussi facilement, dès que l’on dépasse certaines frontières, certaines limites, on tombe très vite aussi bien dans l’effet gratuit que dans une certaine froideur ». Cette analyse très juste se traduit avec justesse dans la proposition de Pascal Amoyel. Créant pour chaque pièce une ou, selon le matériau, plusieurs atmosphères, le pianiste parvient aisément à insuffler à la ligne l’esprit populaire caractéristique de ces danses tout y adjoignant une pensée poétique expressive jamais issue d’une éventuelle facilité de langage. Grâce à des tempi justes et au flux d’énergie ininterrompu, le piano d’Amoyel goûte de couleurs, de délicatesse avec ce qu’il faut de virtuosité sans pour autant rentrer dans l’extravagance. Ce piano orchestral, par le choix de l’accentuation, du rapport des plans sonores est inexorablement le fruit d’une vraie relation entretenue depuis les débuts avec le compositeur.
Rapport polyphonique grâce à une main gauche jamais délaissée, souci du détail, et notamment le choix des pédales, reprises (lorsqu’elles ne sont supprimées) à chaque fois colorées d’une autre façon, jeu qui respire, caractère intimiste marqué par l’exil, tous ces points sont essentiels et contribuent à la qualité de cet enregistrement. Du côté martial de l’Opus 40 n°1 à la longue poésie improvisée de la Polonaise-fantaisie, ici point de culmination, voilà un voyage et un hommage vibrant qui ne laisse pas l’auditeur indifférent.
Ayrton Desimpelaere

Son 10 – Livret 10 – Répertoire 9 – Interprétation 10

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