Philippe Herreweghe poursuit son exploration des cantates de Bach

par
Herreweghe

Jean Sébastien BACH
(1685 - 1750)
Cantates BWV 101, 103 et 115
Dorothee MIELDS (soprano), Damien GUILLON (alto), Thomas HOBBS (ténor), Peter KOOIJ, Collegium Vocal Gent, dir.: Philippe HERREWEGHE
2017-DDD-62'26-Textes de présentation en français, anglais, allemand et néerlandais-PHI LPH027

Philippe Herreweghe reprend son bâton de pèlerin pour nous proposer un nouveau volet de son voyage au pays des cantates de Bach, un voyage commencé il y a bien longtemps déjà et marqué par de nombreuses réussites, disséminées entre plusieurs éditeurs: Harmonia Mundi, Warner et Phi. Aurons-nous un jour la chance de disposer d'une intégrale? On peut légitimement l'espérer car ce sont aujourd'hui une bonne soixantaine de cantates au moins, dont certaines enregistrées plus d'une fois, qui sont soumises à notre curiosité et notre intérêt. Cette fois, son choix s'est porté sur une fenêtre très pointue de la production du Cantor: les pages retenues ont toutes trois été composées au cours de la 2ème année de l'activité de Bach à Leipzig, l'une de ses plus prolifiques. De juin 1724 à mars 1725, en effet, il se retrouva dans l'obligation de composer une nouvelle cantate chaque semaine, ce dont bénéficia, par ailleurs, la reprise de la Passion selon Saint Jean en 1725 qui se vit enrichie de chorals écrits à la même époque. Que dire de l'interprétation, sinon qu'elle frappe par son évidence en même temps qu'elle porte la marque d'une fréquentation assidue, sans doute quasi quotidienne, de cet univers, ce qui explique sans doute cette décontraction pourtant jamais entachée de routine? Herreweghe ne cherche pas à impressionner, à se mettre en quête du coup d'éclat mais, au contraire, semble se replacer dans le quotidien d'un citoyen saxon pratiquant du début du 18ème siècle. Avec un ensemble si bien huilé, tout semble couler de source et le mot qui vient à l'esprit tout au long de ces 62 minutes est: harmonie. Le visuel montre des épis de blé; image bienvenue tant cette musique représente ce qu'elle devrait être, au même titre que ce qu'elle était à l'époque de Bach: notre pain quotidien. Chaudement recommandé.
Bernard Postiau

Son 9 - Livret 9 - Répertoire 10 - Interprétation 10

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