Portrait de Telemann

par
Telemann
Georg Philipp TELEMANN (1681 - 1767) « A Portrait » Ouvres de musique de chambre, Passion selon Saint Matthieu, 4 Cantates religieuses RICERCAR CONSORT, LA PASTORELLA, LINGUA FRANCA, ENSEMBLE EOLUS, SYNTAGMA AMICI, Greta DE REYGHERE, soprano, James BOWMAN et Henri LEDROIT, contre-ténors, Guy DE MEY, ténor, Max VAN EGMONT, basse Enregistré entre 1983 et 2013-8CD- 9h 57'- Textes en anglais-français-allemand- « LesPléiades » Ricercar RIC 375 Scarlatti (1660-1725), Vivaldi (1678-1741), Telemann (1681-1727), Bach (1685-1750), Haendel (1685 également-1759) : voilà ce que la postérité a retenu des « grands compositeurs » du XVIIIe naissant. Après une période assez creuse, Telemann reparaît au premier plan : nombre d'éditeurs recommencent à réunir et présenter des enregistrements de grand intérêt. Tel ce coffret de 8 CD qui nous montre presqu'exclusivement le Telemann homme de musique de chambre (sonates diverses, quatuors, trios etc...) où la part faite aux vents est d'une incroyable richesse. Voici donc un très beau « portrait » comme le souligne l'éditeur. Et de plus remarquablement interprété. Telemann savait à peine combien il avait composé d’œuvres : entre mille et douze cents certainement. Ses différents postes, ses voyages en France ou en Pologne (Cracovie où il s'intéresse - et l'un des tous premiers- au folklore, deux siècles avant Belà Vikàr ou Bartòk!) ; ses études sempiternelles pour être « à la page », diversifier sa « production » ; ses relations avec certains grands auteurs (Haendel notamment : les deux amis s'écrivant... en français!) ; son caractère enjoué, toujours à l'affût des nouveautés ; sa position – musicale, esthétique, administrative – Hambourg lui impose un rythme de travail ahurissant, comme Bach à Leipzig, chargé de faire entendre une cantate chaque dimanche aux offices ordinaires des cinq grandes églises de la ville sans compter une Passion annuelle, des cantates pour les solennités particulières et les fêtes profanes de la ville... cet homme d'une intelligence précoce, curieux de tout, jamais lassé de son travail est, finalement, un heureux compositeur, fuyant l'ennui, sachant inventer à chaque moment des pages qui firent la joie de ses contemporains et la nôtre aujourd'hui. Et c'est bien ce que montre ce coffret Ricercar. Tout, d'un disque à l'autre, y apparaît neuf avec des formations diverses où les instruments à vent sont admirablement mis en valeur dans l'infinie variété de leurs sonorités spécifiques. Les jeux de timbres, les mélodies jamais ne fatiguent l'auditeur mais le charment et le surprennent sans cesse (chaque mouvement restant inférieur à 6 ou 7 minutes) - Avec le souci également d'être clair, brillant, disert : à preuve le « trio-Sonate » en la mineur (CD III, index 12 à15) dont chaque mouvement s'équilibre autour de 2 à 3 minutes. Eloquence efficace qui joue tout autant sur l'émotion - dont la « Fantasia » pour hautbois (CD III index 27) donne une saisissante illustration que sur la vivacité et la virtuosité (Sonates du CD V avec Frédéric de Roos et CD VI avec Danièle Etienne ou Patrick Beuckels à la flûte traversière). La célèbre « musique de table » (CD II) comme les pièces de chambre nous donnent une image aussi brillante qu'aimable de cet homme pleinement engagé dans la vie sociale. Sa religiosité apparaît sans doute moins ferme si l'on se réfère aux deux derniers CD VII et VIII consacrés à la « Passion selon Saint Matthieu » et quatre cantates. On attendait beaucoup d'interprètes dont certains noms devenus fort illustres que l'on se réjouissait de ré-entendre, mais la qualité de captation déçoit grandement. Réserve qui n'enlève rien à la beauté de ce remarquable coffret. Benedicte Palaux Simonnet Son 10 - Livret 10 - Répertoire 10 - Interprétation 10

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