Pour recentrer l'attention sur Campra

par

André CAMPRA
(1660 - 1744)
Messe de Requiem - De Profundis
S. Haller (soprano), S. Gendrot (soprano), R. Ehlers (altus), B. Haller (ténor), Ph. Niederberger (basse), Ensemble3 vocal et instrumental, dir.: Hans Michael BEUERLE
2016-59' 35''- Textes de présentation en allemand, anglais et français-chanté en latin -  textes inclus - Carus 83.391

Campra a trop souvent été escamoté : on passait de Lully à Rameau dans la grande tradition lyrique française, sans trop s'attarder sur le musicien provençal. Il est pourtant la figure de proue de ces années 1730-1740. Aux côtés de plusieurs ouvrages lyriques, tels Tancrède ou Idoménée, il a laissé une abondante oeuvre de musique sacrée, dont ce Requiem, fleuron depuis toujours de la musique versaillaise, et enregistré par les plus grands (Malgoire, Herreweghe, Niquet). Il est amusant de savoir que les auteurs discourent depuis longtemps sur la date de composition : oeuvre de jeunesse ou tardive ? L'effectif orchestral se limite à dix instrumentistes, et le choeur à vingt-cinq chanteurs. Qu'à cela ne tienne, ce choeur est lumineux, et puissant quand il le faut, dès le début, dans le Luceat eis, si proche déjà de Rameau. Que citer encore de cette page admirable ? Les "Non ! Non ! Non timebit ", très opéra, du Graduel, l'admirable ensemble formé par l'Offertoire, qui unit solistes et choeurs, le superbe récit de basse dans le Sanctus, le si joli Agnus Dei avec flûte, chanté avec un beau sentiment par Benoit Heller. Dans le "Post-Communion" conclusif, la reprise de la mélodie initiale plane comme un sentiment d'éternité.  Si l'on ignore la date de composition de ce Requiem, le De Profundis, lui, remonte à 1723, et a peut-être été écrit pour commémorer la disparition de Philippe d'Orléans, l'ancien Régent. Ce psaume 129 est écrit d'un seul tenant, et pour le même effectif. Après une symphonie introductive, alternent récits et même un trio. A signaler un adorable petit air "A custodia" pour soprano (mais qui des deux  solistes le chante ?), accompagné de flûtes et de violoncelles. Et le motet se clôt, soudain tragique, par un Requiem aeternam choral, puissant. Une fin admirable !
Bruno Peeters

Son 10 - Livret 10 - Répertoire 9 - Interprétation 9

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