Quelques nouveautés chez HENLE

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La Sonate pour piano en si mineur de Franz Liszt
Après la parution du fac-similé révisé de la Sonate en si mineur (HN 3227) en 2015, Henle présente aussi l’édition Urtext correspondante dans une forme entièrement retravaillée. Grâce à la brillante reproduction du fac-similé, quelques passages de l’autographe ont ainsi pu être examinés d’une façon plus fiable; par ailleurs, l’éditeur, Ernst Herttrich, n’a pas seulement consulté la première édition mais également l’exemplaire d’un élève de Liszt annoté par le compositeur lui-même. Clara Schumann, à qui Liszt avait envoyé la Sonate, réagit avec incompréhension: « Ce n’est plus que bruit aveugle – pas la moindre idée saine, tout est embrouillé ». Aujourd’hui on est bien loin de ce jugement. Les doigtés raffinés de Marc-André Hamelin mettent encore mieux en valeur cette nouvelle édition d’une œuvre majeure de la littérature pour piano.
(HN 559 remplaçant HN 273 – 51 pages – Partition d’Etude : HN9559)

Le Concerto pour clarinette en Mi bémol majeur op. 1 de Crusell
Cette édition complète la série des trois concertos pour clarinette du compositeur et clarinettiste suédois Bernhard Henrik Crusell. Imprimée à Leipzig en 1811, il s’agit de la première œuvre publiée du compositeur, mais sa composition est certainement antérieure de quelques années. Avec son premier mouvement élégant et son adagio sobre mais pathétique il est peut-être le plus « mozartien » des trois concertos, même si le rondo final rappelle plutôt Carl Maria von Weber. Une œuvre ravissante à la frontière entre classicisme et romantisme que l’éditeur et clarinettiste, Nicolai Pfeffer, présente ici en se basant sur la première édition. La réduction de piano proposée ici, nouvellement élaborée par Johannes Umbreit à partir du matériel d’orchestre original, se joue aisément.
(HN 1208 – 48 pages)

La Sonate pour violon et piano en Sol majeur de Maurice Ravel
Encouragé par les sonates pour violon de Béla Bartók, Ravel envisagea d’écrire en 1922 sa propre sonate pour violon et piano, mais n’alla dans un premier temps pas au-delà d’esquisses. Après plusieurs interruptions, l’œuvre fut terminée en 1927 seulement et dédiée à son amie violoniste, Hélène Jourdan-Morhange. Son écriture austère et le type de formation employée firent plus tard dire avec pertinence à Ravel que cette sonate apportait la preuve de l’incompatibilité des sonorités du violon avec celles du piano. Elle s’est pourtant taillé une place de choix dans le répertoire pour violon – en particulier grâce à son mouvement central «Blues» inspiré du jazz. Les doigtés de cette édition Henle Urtext ont été apposés par deux maîtres de leur instrument respectif: Christian Tetzlaff et Pascal Rogé.
(HN 1271 – 61 pages)

La Valse-Scherzo pour violon et piano op. 34 de Tchaikovsky
À côté du fameux Concerto pour violon, de nombreuses œuvres pour violon de Tchaïkovski font partie intégrante du répertoire standard des violonistes, en témoigne la « Valse-Scherzo », un feu d’artifice technique, écrite en 1877 pour le violoniste Josef Kotek, ami proche et élève du compositeur. L’éditeur, spécialiste russe de Tchaïkovski, Alexander Komarov, se porte garant de la grande conformité par rapport aux sources de cette édition Henle Urtext. Il a pu consulter toutes les sources des archives russes et apporter ainsi des éclaircissements à la genèse complexe de l’œuvre. Cette édition prélude à une édition des œuvres complètes pour violon et piano de Tchaïkovski, qui comptera aussi la « Sérénade mélancolique » op. 26 et « Souvenir d’un lieu cher » op. 42.
(HN 1273 – 44 pages)

Le Trio avec piano en sol mineur op. 3 de Chausson
Après son élimination prématurée au concours pour le « Prix de Rome », cette récompense prisée des élèves de composition du Conservatoire de Paris, Chausson se retira lors de l’été 1881 à la campagne et entama, par défi pour si l’on peut dire, la composition de cette œuvre très ambitieuse. Le Trio resta peu joué de son vivant dans l’entourage de son professeur César Franck. Ce n’est qu’après sa publication à titre posthume qu’il fut joué plus souvent et reconnu peu à peu comme une des meilleures œuvres de musique de chambre de son époque. Proche du principe cher à Franck de l’imbrication cyclique de tous les motifs, il garde cependant sa propre sonorité sombre et mélancolique. Cette édition Henle Urtext est la première édition critique de l’œuvre et apporte un enrichissement bienvenu au répertoire de musique française de l’éditeur.
(HN 1277 – 111 pages)

Morceau de Concert pour cor et piano en fa mineur op. 94 de Saint-Saëns
A l’instar du « Konzertstück pour quatre cors » op. 86 de Schumann (HN 1138), le « Morceau de concert » de Saint-Saëns fut créé dans l’idée d’exploiter les possibilités techniques d’un nouveau cor à palettes. Le corniste français Henri Chaussier en fut l’instigateur. Ce dernier avait en effet développé une nouvelle sorte de « cor omnitonique » et souhaitait, par le biais de la composition de Saint-Saëns, démontrer les avantages de son instrument. L’invention de Chaussier ne fut cependant pas adoptée par les cornistes – contrairement au « Morceau de concert »! Cette œuvre fort appréciée en un mouvement est assez exigeante sur le plan technique; mais puisque Saint-Saëns a déjà prévu des coupures et ossias pour simplifier la pièce, des élèves avancés peuvent s’y attaquer également.
(Pour cor en fa – Editeur: Dominik Rahmer. Doigtés: Klaus Schilde – HN 1284 – 28 pages)

Le Scherzo en si mineur op. 20 de Frédéric Chopin
Une des compositions les plus radicales de Chopin, son Scherzo en si mineur, ne laisse aucun auditeur indifférent. La partie centrale, fougueuse et truffée de brutales dissonances, encadre le trio délicat et tendre dans lequel Chopin a transcrit au piano une mélodie polonaise avec une finesse sonore toute magique. Selon la légende, cette œuvre vit le jour à la fin de l’année 1830 à Vienne. Chopin venait de quitter sa patrie pour toujours; à Varsovie l’insurrection de novembre venait d’éclater et le compositeur était déchiré entre la révolte contre le destin et une nostalgie inconsolable de son pays. Avec cette édition révisée Henle Urtext, le Scherzo en si mineur est pour la première fois accessible en édition séparée – les Scherzos 2–4 vont suivre pour être couronnés par le recueil intégral révisé.
(HN 1334 – Editeur: Norbert Müllemann – Doigtés: Hans-Martin Theopold – 31 pages – Téléchargeable à titre gratuit)

Les Variations op. 27 d’Anton Webern
Après Alban Berg, Anton Webern est le deuxième compositeur de l’École de Vienne à faire son entrée au catalogue Henle. Sa musique est connue pour son extrême concision et son organisation stricte. L’exécution des Variations op. 27 pour piano dure moins de 10 minutes, un laps de temps très court, durant lequel les auditeurs passent par tous les extrêmes. Webern a travaillé la pièce avec plusieurs pianistes et de ces collaborations nous sont restées des indications d’interprétation étonnamment émotionnelles. Après avoir examiné toutes les sources disponibles, l’éditeur Ullrich Scheideler présente désormais un texte musical révisé et documente la genèse complexe de l’œuvre et les annotations instructives pour l’exécution de Webern. Un classique de la musique du 20e siècle, maintenant aussi en collection bleue Henle.
(HN 1344 – 20 pages)

La Symphonie n° 4 en Si bémol majeur op. 60 de Beethoven
La Symphonie en Si bémol majeur fut composée par Beethoven en 1806, une des années les plus fécondes du compositeur, au cours de laquelle d’autres grandes oeuvres, comme le 4e Concerto pour piano ou le Concerto pour violon virent également le jour. Comptant parmi les oeuvres les plus populaires et les plus jouées de Beethoven au XIXe siècle, elle est aujourd’hui à tort occultée par ses deux illustres voisines, l’ »Héroïque » et la 5e Symphonie. Avec cette édition, munie d’une préface de l’éditeur Bathia Churgin et reposant sur le texte musical de l’édition complète des oeuvres de Beethoven, Henle poursuit sa série de partitions d’étude au format très maniable des symphonies de Beethoven.
(HN 9811 – 104 pages – Editeur: Bathia Churgin)

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