Rêves de clarinette

par
Lindberg
Christian LINDBERG (° 1958) The Erratic Dreams of Mr. Grönstedt Osvaldo GOLIJOV (° 1960) The Dreams and Prayers of Isaac the Blind Emil JONASON (clarinette), Norrköping Symphony Orchestra, dir : Christian LINDBERG, Vamlingbo Quartet DDD–2017–59’ 57’’–Textes de présentation en anglais, allemand et français–BIS 2188Il ne faut pas confondre Christian Lindberg avec Magnus Lindberg, qui ont pourtant exactement le même âge. Ce dernier est, on le sait, un des grands compositeurs finlandais actuels, alors que Christian Lindberg, lui, est suédois et qu’il est aussi bien compositeur que tromboniste et chef d’orchestre. Sur ce disque, il dirige d’ailleurs, à la tête de l’Orchestre Symphonique de Norrköping, une de ses propres œuvres, laquelle est un concerto pour clarinette et orchestre en six parties portant un titre fort singulier : The Erratic Dreams of Mr. Grönstedt (qu’on pourrait traduire en français par Les Rêves inconstants de M. Grönstedt). En réalité, Grönstedt est une marque traditionnelle de cognac suédois. Si Christian Lindberg l’a reprise ici, c’est uniquement pour indiquer qu’il a écrit sa partition sous l’influence de cet alcool, et tandis qu’il faisait des rêves étranges et toujours des plus décousus, dans lesquels, nuit après nuit, un même personnage venait le hanter – personnage qu’il a donc fini par appeler Grönstedt. Il s’ensuit que les six parties du concerto, de longueurs inégales, correspondent chacune à un rêve et sont fort différentes les unes des autres, quoique leur style reste assez classique, pour ne pas dire académique. L’œuvre de l’Argentin Osvaldo Golijov tourne, elle aussi, autour de rêves. Ce sont, en l’espèce, ceux d’Isaac l’Aveugle (1160-1235), le grand rabbin kabbaliste provençal, qui a fortement marqué la tradition juive. Autour de rêves, mais également autour de prières à Dieu – ce qu’Osvaldo Golijov traduit dans un langage musical qui n’appartient qu’à lui, en mariant le style klezmer (la musique populaire juive de l’Europe centrale) et le néo-classicisme, à travers les sons conjugués d’une clarinette et d’un quatuor à cordes bartokien. Et c’est remarquable. Comme toujours, neuf fois sur dix, chez Osvaldo Golijov. Jean-Baptiste Baronian Son 9 – Livret 7 – Répertoire 7 et 10 – Interprétation 9

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