Sous l'ombre de Staline

par
Nelson

Dmitri CHOSTAKOVITCH
(1906 - 1975)
Symphonie n° 9 - Symphonie n° 5 - Extraits de la suite de "Hamlet" op. 32 - Symphonie n° 8
Boston Symphony Orchestra, dir.: Andris NELSONS
2016-Live-2 cd 76' 44'' et 80' 54''-Textes de présentation en anglais, allemand et français-DG 479 5201

"Sous l'ombre de Staline" est le titre des deux CD (les CD à titre sont à la mode). Après la symphonie n° 10, et avant les 6 & 7, annoncées, voici la poursuite de l'intégrale de Nelsons et de son splendide Symphonique de Boston. Le son est superbe, et l'orchestre à son zénith : quels solistes ! L'approche du chef d'orchestre letton, aux rênes de Boston depuis 2014, est attentive mais inégale, souvent handicapée par des tempi très lents, étirés : l'ambiance devient parfois raréfiée, ce qui convient sans doute aux dernières oeuvres de Chostakovitch, mais pas à ces trois symphonies "de guerre". Voilà qui nuit fort aux mouvements lents de la Cinquième symphonie (1937), surtout à l'admirable largo, à la dynamique bien faible. Sans angoisse ni passion, il en devient endormant, ce qui est un comble ! Heureusement, on se réveille aux mouvements rapides (crescendo-marche du1er, introduction du finale) mais sans atteindre les sommets de Sanderling, de Kondrachine ou, plus récent, de Kofman. La discographie de l'immense Huitième symphonie (1943) est dominée par la version de Mravinsky, sans pourtant oublier celles de Kondrachine ou de Rojdestvensky. Nelsons ne la détrône pas. Il s'y montre cependant plus égal que dans la précédente. La tension latente du très long mouvement initial (26' 44'') est bien rendue, tout comme la violence non contenue de l'allegretto, nerveux, brutal même. Les trois mouvements suivants sont enchaînés Si le spectaculaire allegro paraît fort mou par rapport à d'autres versions, et la passacaille un peu éteinte, le dernier mouvement brille par un excellent jeu instrumental des cuivres et des bois, culminant sur un épisode médian rappelant furieusement le Manfred de Tchaikovski. La petite Neuvième symphonie (1945), néo-classique et divertissante, bénéficie de la virtuosité des musiciens, et enchante du début à la fin. Nelsons souligne le dramatisme abstrait du Moderato, et le persiflage prokofiévien du final, parfaitement rendus. Cette trilogie symphonique est curieusement complétée par des fragments de la musique de scène pour Hamlet, bien antérieure (1932). Elle représente le Chostakovitch "jeune", citant musiques de jazz et de cirque. Moins connue que sa musique pour le film de 1964, elle propose 13 petits morceaux (7 sont ici retenus) enjoués. Retenons la toccata furieuse de "La Chasse", la jolie berceuse avec violon solo, et l'admirable "Requiem": une invocation grandiose du Dies Irae en… 2' 40''.
Bruno Peeters

Son 9 - Livret 8 - Répertoire 10 - Interprétation 9

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