Stéphane Denève, cap au XXIe siècle

par
Stephane Denève
Cette soirée d’abonnement du Brussels Philharmonic était à l’image de cet orchestre et de son directeur musical Stéphane Denève : innovant et curieux et donc rafraîchissant ! Stéphane Denève, comme à son habitude pour chacun de ses concerts, mettait à l’honneur de la musique du XXIe siècle : en l’occurrence celle de l’Ecossais James Macmillan à travers son Concerto pour piano n°3 et son Miserere pour chœur a cappella. Cette partie contemporaine du programme était l’occasion d’acclamer le pianiste Jean-Yves Thibaudet, créateur de cette œuvre (en 2008) qu’il défend avec vigueur à travers le monde. Baptisé The Mysteries of Light, ce concerto en cinq parties se base sur la structure du rosaire catholique et sur l’ancien principe de mise en musique des méditations. Les inspirations sont multiples dans cette œuvre à l’écriture brillante et bigarrée, à même de mettre en avant la technique ébouriffante de Jean-Yves Thibaudet. Quant au Miserere, il est une réinterprétation contemporaine du célèbre Miserere d’Allegri dont il reprend la tonalité des psaumes et du chant grégorien. D’une beauté aride mystérieuse, cette œuvre fait son effet sur le public. Entre ces deux œuvres, Stéphane Denève mettait Stravinsky à l’honneur : avec les rares Variations canoniques sur le Choral de Noël  Von Himmel Hoch da komm « ich her » de Jean-Sébastien Bach et la célèbre Symphonie de Psaumes. Des variations canoniques on retient la beauté minérale parfaitement en écho à celle du Miserere de MacMillan alors que la Symphonie de Psaumes séduisait par son extatisme. Le Vlaams Radio Koor magnifiquement préparé par Hervé Niquet se couvrait de gloire alors que la partie orchestrale était fouillée comme rarement par la baguette de Stéphane Denève. L’addition des forces chorales et vocales débouchait sur un travail rarement entendu sur les dynamiques, les timbres et la diction. En dépit d’un programme exigeant, cette affiche avait facilement rempli les travées du Studio 4 de Flagey. Quant à Stéphane Denève, il se plaisait à présenter le programme et les œuvres contemporaines, permettant au public de saisir les clefs d’écoute et contribuant à créer une atmosphère unique à ses concerts bruxellois. Pierre-Jean Tribot Bruxelles, Flagey, le 23 février 2017

Vos commentaires

Vous devriez utiliser le HTML:
<a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>