Sur une flûte en or

par
Sharon Bezaly

Aram KHATCHATOURIAN
(1903 - 1978)
Concerto pour flûte et orchestre
Einojuhani RAUTAVAARA
(1928 - 2016)
Concerto pour flûtes op. 69 (version originale pour quatre flûtes et version pour trois flûtes)
Sharon BEZALY (flûte), Orchestre symphonique de Sao Paulo, dir. : Enrique DIEMECKE, Orchestre symphonique de Lahti, dir. : Dima SLOBODENIOUK
DDD–2016–79’ 10’’–Textes de présentation en anglais, allemand et français–BIS 1849

En 1968, Jean-Pierre Rampal demande à Aram Khatchatourian de lui écrire un concerto pour flûte. Le compositeur arménien lui suggère alors d’adapter son Concerto pour violon, qu’il avait mené à bien vingt-huit ans auparavant et qui avait été créé avec un énorme succès à Moscou par son célèbre dédicataire, David Oïstrakh. Honoré et ravi, Jean-Pierre Rampal se met très vite au travail afin de rendre l’œuvre exécutable pour la flûte, mais non sans introduire une toute nouvelle cadence dans le premier des trois mouvements. En revanche, il ne touche pas à la partie orchestrale. On le sait, Aram Khatchatourian s’est beaucoup inspiré des airs populaires arméniens et, d’une manière plus générale, du folklore du Caucase dans l’élaboration de ses divers opus, et il n’a pas dérogé à cette habitude en écrivant son Concerto pour violon. Chose curieuse, l’adaptation de Jean-Pierre Rampal semble renforcer davantage le caractère arménien, et même orientaliste, de l’œuvre, peut-être parce que le son de la flûte rappelle un peu celui d’un autre instrument à vent typiquement arménien, le doudouk.
Einojuhari Rautavaara s’est, lui aussi, souvent inspiré des airs populaires de son pays natal, la Finlande, mais au rebours d’Aram Khatchatourian, il ne s’y est jamais cantonné. En réalité, il a tout embrassé, ou presque – le néoclassicisme, le dodécaphonisme, l’électronique, le spatialisme, le jazz, la musique religieuse ancienne… Et il a également abordé tous les genres, et donc forcément le concerto. Son Concerto pour flûtes (flûtes au pluriel), composé en 1973, existe dans deux versions, une première pour quatre flûtes différentes, une seconde pour trois, et ce sont les deux que la flûtiste israélienne Sharon Bezaly a enregistrées ici avec l’Orchestre symphonique de Lahti, alors qu’elle joue le Concerto d’Aram Khatchatourian avec l’Orchestre symphonique de Sao Paulo, chaque fois sur une flûte en or de 24 carats fabriquée par les manufactures Muramatsu au Japon. Les interprétations de Sharon Bezaly sont assurément des plus propres. Mais les trois œuvres auxquelles elle prête son incontestable talent n’ont, en ce qui les concerne, rien d’exceptionnel.
Jean-Baptiste Baronian

Son 8 – Livret 8 – Répertoire 6 – Interprétation 8

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