The Revenant, une partition minimaliste au service de l’image

par
Ryuichi Sakamoto, Alva Noto, Bryce Dessner The Revenant Enregistré par le « Northwest Sinfonia » Milan 399 758-2 Dans le film The Revenant , Hugh Glass, un trappeur, est attaqué par un ours et laissé pour mort par ses équipiers. Il va alors se battre et entamer, au nom de sa femme et de son fils, dans une Amérique sauvage et dangereuse, un long périple. La bande originale est composée par Ryuichi Sakamoto et Carsten Nicolai, alias Alva Noto, avec des musiques additionnelles de Bryce Dessner. Sakamoto est un compositeur déjà connu dans le monde du cinéma, entre autres pour ses musiques de film Furyo et Le Dernier Empereur pour lequel il a reçu l’Oscar de la meilleure musique de film en 1988. Alva Noto est, lui, un musicien de la scène électronique allemande. Sakamoto et Alva Noto se connaissent très bien et travaillent ensemble régulièrement sur divers projets. Avec The Revenant, le duo offre une belle bande son tout en simplicité. Leur collaboration complice crée une harmonie qui se fond dans une seule et même musique. Sakamoto développe sa musique couche par couche et Alva Noto l’imprègne d’une ambiance singulière. De ce mariage résultent une musique profonde et une atmosphère fascinante. On ne peut pas apprécier une bande originale de la même manière que la musique classique. Le but du compositeur est de servir le film. Ici, la musique est l’alliée des images tout au long du film. Associée aux paysages magnifiques, elle éveille nos émotions les plus profondes. Elle entre dans le film comme un orchestre s’accorde avant de jouer, amenant alors un thème très épuré, lent et contemplatif auquel nous ne sommes pas indifférents, comme dans Church dream et dans The Revenant Main Theme Atmospheric . Quant à Bryce Dessner, il n’a pas à rougir de sa création. Il offre une musique additionnelle dans la lignée du travail de Sakamoto avec, entre autres, Imagining Buffalo. Voilà une bande originale qui respire le naturel, même dans les morceaux les plus électroniques. La tension reste palpable durant tout le film mais elle n’est jamais sur-dosée : on ne glisse pas dans une musique soulignant le drame et exagérant l’action. Sakamoto signe une partition minimaliste et obtient une nomination aux Oscars, un pied de nez aux grands orchestres symphoniques d’Hollywood. Une bande originale à écouter, un film à voir ! François Hanse, reporter de l'IMEP

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