Tout le faste de la cour de Dresde

par
Hasse
Johann Adolf HASSE (1699 - 1783) Attilio Regolo Axel KÖHLER (Regolo), Markus SCHÄFER (Manlio), Martina BORST (Attilia), Sibylla RUBENS (Publio), Carmen FUGGISS (Barce), Michael VOLLE (Licinio), Randall WONG (Amilcare), Capella Sagittariana Dresden, dir.: Frieder BERNIUS 1997-DDD-Live-62'21, 58'03 et 42'36-Textes de présentation en allemand et anglais- Profil Günter Hänssler PH07035 (3 cd) Notre mémoire ne fait peut-être pas beaucoup de place à Johann Adolf Hasse et c'est un tort car, lorsqu'il est servi par un musicien aussi accompli que Frieder Bernius, il nous révèle maintes merveilles, notamment cet opéra « sorti de nulle part ». Admiré par Haydn et Mozart, auteur favori de Farinelli, très apprécié d'autres grands chanteurs de l'époque tels le castrat Carestini ou « la » Cuzzoni, Hasse sera actif pendant près d'un demi-siècle aux cours de Vienne et de Dresde, ainsi que sur les principales scènes lyriques italiennes. Attilio Regolo est écrit en 1750 sur un livret de Metastasio, auteur bien connu des mélomanes mozartiens qui collaborera à de nombreuses reprises avec Hasse. Il deviendra d'ailleurs son librettiste exclusif à partir de 1754 et ce jusqu'en 1771, année où l'un écrira son dernier livret et l'autre son dernier ouvrage lyrique: Ruggiero. Attilio Regolo est le dernier opéra écrit par le compositeur avant son installation à Dresde, ville d'une richesse culturelle unique qui aura une influence déterminante sur son style. Les malheurs de la guerre de sept ans mettront un terme au contrat de Hasse dans la ville musée et c'est désormais à Vienne, sous la protection de Marie-Thérèse qu'il poursuivra sa carrière de musicien de cour. Sur le tard, il sera à nouveau actif à Dresde où il créera, entre 1779 et 1783, ses dernières messes qui sont autant de chefs-d'oeuvre dignes des plus grands. Cet enregistrement de 1997, capté en public, lequel applaudit de manière très disciplinée après chaque air ou presque, nous permet de découvrir un ouvrage typique de son auteur dans sa première maturité: émotion bien réelle mais discrète et retenue, personnalisation assez marquée des protagonistes, choeurs réduits à un seul ensemble qui conclut l'opéra, récitatifs vifs et variés mais nombreux et parfois interminables, airs construits avec un raffinement extrême qui semblent comme des traits d'union entre Haendel et Mozart. La direction très vivante de Bernius, l'excellence de tous les chanteurs, la présence du public aussi, sans doute, font de ce témoignage une réussite certaine qui donne une irrésistible envie de découvrir plus en profondeur ce créateur très attachant. Bernard Postiau Son 9 - Livret 10 - Répertoire 10 - Interprétation 10

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