Tout le faste de la cour de Milan

par
Compère

Loyset COMPERE
(c.1445 - 1518)
Missa Galeazescha-Musique pour le duc de Milan
Oeuvres de Gaspar van Weerbecke, Alexander Agricola, Johannes Martini et Heinrich Lübeck
ODHECATON, LA PIFARESCHA, LA REVERDIE, Ensemble PIAN&FORTE, dir.: Paolo DA COL
2005/2017-DDD-65'12-Textes de présentation en anglais, français et italien-Arcana A436

Bienvenue à Milan et la cour des Sforza! Le nom donné à la messe qui constitue le plat de résistance de ce disque se réfère au prénom du duc Galléas Maria Sforza, assassiné à 33 ans dans une église de la ville, un destin qui n'est pas sans rappeler, moins de deux ans plus tard, celui du frère de Laurent de Médicis, Julien, lui aussi occis dans l'enceinte d'un édifice religieux, en l'occurrence le dôme de Florence. Ce nom rapporte également à une grosse bombarde, pilier de la défense de l'imposant château des ducs. Désireux tout autant d'impressionner les cours ducales italiennes que d'élever le niveau artistique de la ville et rivaliser avec les meilleures scènes musicales européennes, Galléas était parvenu, pendant sa brève existence, à s'entourer d'artistes de haut vol: un soin qui le mena à s'intéresser à des personnalités originaires de nos régions parmi lesquelles Gaspar van Weerbeke, dont quelques pièces figurent sur notre disque. Ce dernier prit en mains l'organisation de la chapelle et c'est probablement par son entremise que Loyset Compère entra au service du duc. La messe en hommage à son protecteur, qui nous intéresse ici, fut composée peu de temps avant l'assassinat de ce dernier et précéda de peu le départ du compositeur vers d'autres contrées. Elle est constituée de huit motets qui ont ceci de particulier qu'ils fusionnent des éléments thématiques anciens avec des techniques compositionnelles modernes qui annoncent déjà Palestrina. L'ensemble est somptueux et intimide parfois par l'autorité qui se dégage de cette écriture fière et sûre. Mais Paolo Da Col et son ensemble Odhecaton n'ont pas voulu nous laisser un disque sur cette période et ce lieu particuliers sans nous donner un aperçu d'autres musiques créées dans ce même espace-temps. Ainsi le caractère des motets de van Weerbecke et d'Agricola se marie-t-il parfaitement à ceux de Compère et l'insertion de pages pour orgue de Johannes Martini est fort bienvenue. Enfin, les cuivres étincelants de la sonate de Heinrich Lübeck qui ouvre le disque préviennent l'auditeur de la brillante solennité de ce qui va suivre. Le cd se ferme d'ailleurs sur une autre sonate du même, tout aussi spectaculaire que la première; une fin appropriée pour une production très réussie qui donne envie d'explorer plus avant ce monde encore mal connu des mélomanes.
Bernard Postiau

Son 10 - Livret 10 - Répertoire 10 - Interprétation 10

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