Transcrire ou ne pas transcrire

par
Auerbach, Chostakovitch
Dimitri CHOSTAKOVITCH (1906 - 1975) Lera AUERBACH (° 1973) 24 Préludes op. 34 transcrites pour alto et piano Lera AUERBACH Arcanum Kim KASHKASHIAN (alto), Lera AUERBACH (piano) DDD–2016–56’ 08’’–Texte de présentation en anglais et en allemand–ECM 2375 Si les toutes premières transcriptions musicales remontent au Moyen Âge, elles se sont surtout développées au XIXe siècle, essentiellement grâce à la large et spectaculaire commercialisation du piano moderne. On ne compte plus d’ailleurs celles des symphonies, des concertos, des ballets, des ouvertures et des opéras les plus célèbres. Ce qui a suscité naguère, et des décennies durant, bon nombre de querelles et de controverses, les puristes criant au scandale, leurs opposants considérant que les transcriptions sont d’excellents moyens de faire connaître et de populariser le répertoire. Des historiens ont ainsi reproché à Franz Liszt d’avoir multiplié les transcriptions et, par là, d’avoir dénaturé les œuvres originales et trahi leurs auteurs. Qui est pour, qui est contre ? Qui a tort, qui a raison ? En 2010, Lera Auerbach est venue à son tour ranimer le vieux et insoluble débat, en transcrivant pour alto et piano les 24 Préludes op. 34 de Dimitri Chostakovitch composés en 1933 pour le piano seul. Née à Tcheliabinsk (une ville des montagnes de l’Oural), Lera Auerbach réside à New York depuis 1991 et est ce qu’on appelle une artiste multi-facette : elle est à la fois compositrice, pianiste, poétesse, prosatrice, sculptrice et peintre, et puise son inspiration dans les sources les plus diverses, anciennes ou modernes. Dans son parcours créatif si varié, elle avait sans doute également besoin de s’attaquer à l’art de la transcription – un art qui n’est pas donné au premier venu et qu’elle maîtrise en l’occurrence fort bien, un peu comme si, en s’y attelant, elle avait tenté de se mettre à la place de Dimitri Chostakovitch et de comprendre comment il aurait procédé, s’il avait dû écrire lui-même ses 24 Préludes pour alto et piano. Avec Kim Kashkashian, Lera Auerbach interprète aussi sur ce disque une de ses œuvres propres, Arcanum. Il s’agit d’une sonate pour alto et piano, qu’elle a achevée en 2013 et dont les quatre mouvements ne sont pas loin de ressembler à quatre nouveaux préludes de Dimitri Chostakovitch. Des codas tardifs, en quelque sorte. Jean-Baptiste Baronian Son 9 – Livret 7 – Répertoire 8 – Interprétation 9

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