Un après-concours...

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Le Concours Reine Elisabeth Chant 2018 est aujourd'hui terminé pour le public. Les bureaux de la Rue aux Laines bourdonnent, les lauréats répondent aux questions, les concerts des finalistes se mettent en place, les "debriefings" sont en cours, le coffret de CDs est en bonne voie de réalisation mais, oui ! le concours est fini pour le public.
L'heure est venue des réflexions plus personnelles, des étonnements parfois, des premiers bilans après avoir expérimenté les nouvelles dispositions du concours de chant.

Ainsi, qu'en est-il des dix courtes minutes de prestation en première épreuve ? Est-ce suffisant ? La question est sans doute légitime mais cet impératif oblige le candidat à choisir les airs proposés avec d'autant plus de pertinence qu'il ne disposera pas de deux ou trois autres airs pour refléter son talent et sa personnalité. Et ce n'est pas négligeable.
Il n'empêche que l'on peut s'interroger sur l'endurance du jury (et du public) quand il s'agit d'écouter dix-sept candidats au cours d'une après-midi, suivis de dix autres en soirée. Il faut bien reconnaître que l'on frise parfois la saturation, et qu'elle est humaine...
Sans tomber dans un féminisme primaire, la composition du jury pose aussi question. En termes d'équilibre des sensibilités, que dire lorsque seules deux femmes siègent aux côtés de neuf jurés masculins, Martina Arroyo et Teresa Berganza s'étant désistées ? (*)
Et il n'est pas incongru de se demander quelles seraient les réactions devant un jury à l'"équilibre" inversé...
Quant au palmarès, il nous semble cohérent. Nous aurions certes aimé voir Alex DeSocio parmi les six premiers, même s'il ne dégageait pas le même panache vendredi qu'en début de semaine. Le Premier Prix à Samuel Hasselhorn était une évidence dès le début, comme il l'eût été à Ao Li tant les deux artistes ont été d'un bout à l'autre le Yin et le Yang de cette session. Eva Zaïcik entre les deux, pourquoi pas ? Quant au 4e Prix à Rocio Pérez, sans doute est-il dû à la flamboyance et l'impétuosité de la finaliste plus qu'à la qualité intrinsèque de ses prestations ; on y aurait mieux vu Héloïse Mas ou Marianne Croux. Et on se souviendra aussi de Fabien Hyon, Iain MacNeil et Ekaterina Romanova ou encore d'Axelle Fanyo (suivons-la à Montréal où, jusqu'à présent, il est prévu qu'elle concoure aux côtés d'Irina Jae-Eun Park et... Samuel Hasselhorn !). La suite de tous ces parcours ne nous laissera pas indifférents.
Bernadette Beyne et Michelle Debra
Le 13 mai 2018

(*) Un déséquilibre qui n'est pas exceptionnel puisqu'en 2017 (session violoncelle), seule Marie Hallynck siégeait lors de la première épreuve, rejointe dès la demi-finale par Natalia Gutman au sein d'un aéropage de 12 messieurs.
La session 2013 (piano) proposait 3 dames pour 10 messieurs et, en 2016, la session piano réunissait 4 dames pour 10 messieurs.

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