Un conte kitsch

par

Nicolas RIMSKI-KORSAKOV
(1844 - 1908)
Le Conte du tsar Saltan
Edward TSANGA (basse), Irina CHURILOVA (soprano), Varvara SOLOVYOVA (mezzo-soprano), Tatiana KRAVTSOVA (soprano), Elena VITMAN (contralto), Mikhail VEKUA (ténor), Orchestre et chœur Mariinsky de Saint-Pétersbourg, dir. : Valery GERGIEV, mise en scène : Alexander PETROV
DDD–2017–150’ (DVD et Blu-Ray)–Textes de présentation en anglais, allemand, français et russe–Mariinsky MAR0597

Créé à Moscou en 1900, cet opéra légendaire en un prologue et quatre actes de Nicolas Rimski-Korsakov (il porte parfois aussi en français le simple titre de Tsar Saltan) est assez régulièrement joué sur les plus grandes scènes du monde. En Russie, il fait même partie du répertoire national, non seulement parce qu’il est basé sur un poème célèbre d’Alexandre Pouchkine, mais en outre parce qu’il raconte une histoire fortement liée aux traditions, aux coutumes et au folklore séculaires du pays. Un tsar, une tsarine, un prince, une princesse, des boyards, des courtisans, des serviteurs, des guerriers, des marins, les gens de la rue et, bien entendu, un bouffon – les personnages les plus variés n’arrêtent pas d’aller et de venir dans une succession de scènes rapides, portés par une musique alerte, la marque propre de Nicolas Rimski-Korsakov, qui n’a pas son pareil pour faire vivre des distributions foisonnantes. D’ailleurs, tout y contribue : la mise en scène, les costumes, les décors, l’éclairage, le jeu des chanteurs parfois aux limites de la caricature, voire bel et bien caricaturaux. Et c’est comme si on assistait à un spectacle kitsch, ouvertement et positivement kitsch, accentué par des effets spéciaux sophistiqués. Les passages orchestraux sont ainsi visualisés par des dessins animés tout aussi emphatiques qu’on regarde les yeux grands ouverts, mais sans trop y croire, tout en se demandant quel est le sens exact de ce conte coloré à souhait et pourquoi il plaît toujours tellement aux mélomanes russes. Sans doute, ou à coup sûr, parce qu’il est très difficile de résister à la magie sonore de la partition.
Jean-Baptiste Baronian

Son 9 – Livret 4 – Répertoire 9 – Interprétation 6

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