Un label très soigné

par

0126_JOKERClaude VIVIER
(1948 - 1983)
Kopernikus
Svea SCHILDKNECHT (soprano), Dorothea WINKEL (soprano), Uta BUCHHEISTER (mezzo-soprano), Barbara OSTERTAG (alto), Neal BANERJEE (ténor), Ji-Su PARK (baryton), Florian KONTSCHAK (basse), Opera Factory Freiburg, Holst Sinfonietta, dir. : Klaus SIMON
DDD–2014–61’ 43’–Texte de présentation en anglais, français et allemand–Bastille Classique 1

51w7jsts8qlWolfgang RIHM
(° 1952)
Goethe-Lieder
Hans Christoph BEGEMANN (baryton), Thomas SEYBOLDT (piano)
DDD–2016–61’ 14’’–Texte de présentation en anglais et en allemand–Bastille Classique 2

Une fois n’est pas coutume : on mettra d’abord l’accent sur la grande qualité du nouveau label discographique Bastille Musique lequel, comme son nom ne l’indique pas, est allemand et qui, de toute évidence, se voue au répertoire contemporain puisque les deux premiers disques qu’il édite sont des enregistrements d’œuvres de Claude Vivier et de Wolfgang Rihm. Leur présentation est des plus soignées et des plus originales : un emboîtage en carton fort sur lequel est collée une étiquette blanche et, à l’intérieur, un emballage de papier de soie noire protégeant le CD et sa pochette, le livret et un joli portfolio (en forme de dépliant). Presque du cousu main.
C’est en 1979 que Claude Vivier a achevé, chez lui à Montréal, son opéra Kopernikus, dont il a lui-même écrit le livret. L’œuvre ressortit au théâtre musical et fait songer à la fois au Grand Macabre de György Ligeti et à certaines pièces de Mauricio Kagel, mais elle possède en même temps son propre ton – curieux mélange de burlesque, de loufoque, de tragique et même de métaphysique –, sur un texte farci de termes inventés de toutes pièces et où il est question aussi bien de Platon, de Copernic, de Galilée, de Mozart ou d’Einstein que de Merlin l’enchanteur ou de la fée Carabosse. Pour Claude Vivier, l’ensemble devait constituer un « rituel de mort » – la mort qui hante son œuvre entière et qui est venue le chercher un soir de mars 1983 à Paris, sous les traits d’un jeune criminel qu’il avait eu l’imprudence d’introduire dans son appartement. Une heure de musique totalement décalée.
Wolfgang Rihm, lui, a écrit ses lieder inspirés de Goethe entre 2004 et 2014. On remarquera que Goethe a inspiré de nombreux compositeurs du XXe et du XXIe siècles, par exemple Othmar Schoeck, Hanns Eisler, Henri Pousseur, Alfred Schnittke ou encore Pascal Dusapin, et qu’en cela, Wolfgang Rihm prolonge une longue tradition, dont les origines remontent, personne ne l’ignore, à Franz Schubert.
Surprenant paradoxe, Wolfgang Rihm a d’ailleurs conçu ses lieder à la manière du génial auteur de La Jeune fille et la mort, non seulement, semble-t-il, en guise d’hommage et de vénération, mais parce qu’il n’a pas non plus cherché à trahir, ni à falsifier, l’esprit de Goethe et de son époque. Une heureuse réussite.
Jean-Baptiste Baronian

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