Un Requiem de Mozart entre deux

par click here

Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)
Requiem en ré mineur, KV626 – Ave verum Corpus, KV 618

Chœur et Orchestre Sinfonia Amabile, Piotr Wajrak, direction – Olga Pasiecznik, soprano – Anna Lubanska, mezzosoprano – Krzysztof Szmyt, ténor – Krzysztof Borysiewicz, basse
2015-DDD-53’05-Textes de présentation en anglais et polonais-Dux 1210

Piotr Wajrak propose en 2015 une nouvelle lecture du célèbre Requiem de Mozart. Requiem qui n’est pas entièrement de la main du compositeur puisqu’il meurt la nuit du 4 décembre, après avoir dicté les notes du Lacrimosa à son élève, Franz Süssmayr. Si le mystère de sa mort reste entier, la plupart des musicologues s’accorde à dire que c’est Süssmayr qui termina et compléta l’œuvre, sur base des nombreuses indications inscrites sur le manuscrit. Alors qu’il était à l’étude de la Flûte enchantée, un nouveau genre pour l’opéra à l’époque, Mozart écrit l’Ave verum Corpus en juin 1791 alors que Constance prépare la venue d’un sixième enfant. 46 mesures devenues aujourd’hui une pièce incontournable des formations chorales.
Les artistes font preuve ici d’une grande maturité. S’apprécient notamment le dosage entre les voix du chœur, l’équilibre permanent entre les cordes et les voix, la douceur des cordes par des archets fluides, le souffle ininterrompu déployé par l’ensemble des artistes et le caractère très intimiste maîtrisé. Place ensuite au Requiem avec une introduction de très bel ordre : orchestre efficace, appuyant certaines couleurs plus dramatiques, une soprano solo au timbre pur, à peine vibré et un respect des valeurs rythmiques de la part de l’orchestre. Malgré un Kyrie robuste et efficace, nos premières déceptions arrivent avec le Dies irae : perte d’énergie et quelques passages précipités malgré un chœur clair tant dans le texte que dans les respirations. La première vraie page solo est intéressante, notamment par des solos aboutis et sensibles, mais pourrait parfois bénéficier d’un regain d’énergie. L’entrée de la partie de soprano est en revanche curieuse. Problème au montage ? Départ pas clair ? La suite est du même ordre, musicale, mais manquant à nouveau de dynamisme et parfois même d’effets dramatiques, surtout lorsque le tempo s’épuise et ralentit progressivement. Quelques faiblesses aussi au niveau du chœur tandis que la prise de son empêche parfois la perception idéale des différentes voix en dialogue, notamment dans le Rex tremendae. En revanche, le manque d’énergie cité plus haut est vite oublié dans l’Agnus Dei au profit d’un souffle à nouveau perceptible et vif. Musicalement, les idées de Piotr Wajrak sont intéressantes et sont clairement acquises par les musiciens, notamment par les quatre très bons solistes. Quelques très beaux passages se font entendre, notamment dans le Sanctus ou encore le Lacrimosa. Il eût fallu, finalement, très peu pour que l’enregistrement soit passionnant.
Ayrton Desimpelaere

Son 9 – Livret 6 – Répertoire 8 – Interprétation 8

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