Un roi maudit

par
Scartazzini

Andrea Lorenzo SCARTAZZINI
(° 1971)
Edward II
Michael NAGY (baryton), Agneta Eichenholz (soprano), Ladislav ELGR (ténor), Andrew HARRIS (basse), Burkhard ULRICH (ténor), James KRYSHAK (ténor), Jarrett OTT (baryton), Chœur et orchestre de l’opéra de Berlin, dir. : Thomas SONDERGARD
DDD–2017–45’ 05’’ et 35’ 15’’–Textes de présentation en allemand et anglais–Oehms Classics OC 969

En février 2017 à l’opéra de Berlin, la création d’Edward II, la troisième œuvre lyrique du compositeur helvétique Andrea Lorenzo Scartazzini (il est natif de Bâle), allait provoquer pas mal de remous, non pas tant à cause de sa partition (atonale, mais somme toute assez classique) que par son sujet et par sa mise en scène. Comme on le sait, durant les dernières années de son règne, le roi Edouard II d’Angleterre (1284-1327), surnommé le roi maudit, s’était entiché d’un mignon français, qu’il avait voulu à tout prix imposer à la cour. Sa décision devait entraîner une fronde sanglante, qui deviendra le sujet principal d’une des grandes tragédies de Christopher Marlowe montée en 1592 (ou 1593). C’est sur cette importante et célèbre tragédie que le dramaturge et scénariste allemand Jonigk a bâti le livret de l’opéra d’Andrea Lorenzo Scartazzini, en insistant beaucoup sur l’homosexualité des principaux personnages – un aspect que la mise en scène a fortement mis en avant et qui, lors des diverses représentation de l’œuvre, a choqué de nombreux spectateurs. On peut d’ailleurs regretter de ne pas pouvoir la voir de visu en DVD et de devoir se contenter pour ainsi dire d’en entendre uniquement la musique. Il faut le reconnaître, elle ne manque ni d’attrait ni de force, car elle baigne dans un climat de violence déchaînée et de tension extrême, surtout dans sa première partie (l’opéra est divisé en dix scènes). En même temps, cette musique est parfois dépourvue de relief et n’offre pas toujours aux divers protagonistes des registres de chants singuliers, spécifiques, qui leur permettraient de les distinguer les uns des autres (on pense notamment aux rôles des ténors). Il serait néanmoins injuste de faire ici la fine… oreille, Andrea Lorenzo Scartazzini étant, dans sans conteste, un compositeur talentueux.
Jean-Baptiste Baronian

Son 9 – Livret 6 – Répertoire 8 – Interprétation 9

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