Un sombre Schubert privé de lumière

par
Schubert Harnoncourt
Franz SCHUBERT (1797 - 1828) Intégrale des Symphonies Berliner Philharmoniker dir.: Nikolaus Harnoncourt 2017-CD/SACD-5 CD-Textes de présentation en allemand et en anglais-Berliner Philharmoniker Recording BPHR 150063Cette sortie de l'intégrale des symphonies de Schubert enregistrée à la Philharmonie de Berlin entre 2003 et 2006 est proposée en deux déclinaisons : les 8 symphonies en CD /SACD compatible avec un lecteur CD standard mais avec un son de première classe sur un lecteur SACD. A ces huit symphonies s'ajoutent en version multimedia (CD, Blu-ray audio et Blu-ray) Alfonso und Estrella et les Messes. Nous n'avons retenu que le coffret symphonique. Longtemps restées à l'ombre des symphonies de Beethoven, son contemporain, les symphonies de Schubert n'en sont pas moins un corpus d'envergure. C'est Alfred Brendel qui disait "Comparé à Beethoven l'architecte, Schubert composait comme un somnambule". Et si les symphonies de Schubert sont parsemées d'accents tragiques, elles le sont aussi d'accents populaires dont se dégage un charme proprement schubertien. C'est celui-ci que le chef autrichien semble gommer dans les premières symphonies tout en dynamique légèreté. Je me souviens avoir entendu à Bucarest, en trois soirées, une intégrale des symphonies de Schubert dirigées par le regretté Heinrich Schiff. Ces trois soirées étaient liées entre elles par un grand élan pulsionnel dont on ne pouvait se départir et les téléscopages d'humeur s'enchaînaient tout naturellement, l'une amenant l'autre ou lui répondant. Harnoncourt mise, lui, sur le côté sombre et tragique du compositeur dès les premières symphonies auxquelles il confère une lourdeur peu propice. Plus on avance dans l'écoute chronologique, plus Harnoncourt semble maîtriser ses repères. Ainsi, il propose un premier mouvement de la 7e Symphonie (Inachevée) dans un tempo très lent dont il dégage les lignes sonores qui renouvellent l'écoute. C'est dans la 8e Symphonie, "La Grande Ut Majeur" que Harnoncourt nous convainc le plus en lui imprimant une grande force rythmique et une aura impériale. Bref, si certain moments nous offrent une écoute renouvelée par les accents et la mise en valeur de la polyphonie et l'équilibre des pupitres, on n'est pas séduit par ce Schubert tragique et sombre. Où est la lumière ? Où est le rêve ? Décidément, les réussites sont rares dans l'intégrale de ce corpus. On retiendra cependant la référence classique de Karl Böhm à la tête du même orchestre, Riccardo Muti et le Wiener Philharmoniker, Istvan Kertesz et ce même Wiener. Quant à ma préférence absolue, elle va tout droit vers Sandor Vegh et la Camerata Salzburg. Bernadette Beyne Son 10 - Livret 9 (pas de notice en français) - Répertoire 10 - Interprétation 7

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