Une ‘My Fair Lady’ à subjuguer Lausanne

par http://trueamericanroofing.com/language-and-identity-essay/

© Vanappelghem

En coproduction avec l’Opéra de Marseille, la scène lausannoise propose ‘My Fair Lady’ de Fredrick Loewe dans une version chantée en anglais avec les dialogues en français. Et le tout se regarde avec bonheur dans une mise en scène adroite de Jean Liermier qui utilise un plateau tournant pour la succession de décors extrêmement simples de Christophe de la Harpe. Et les costumes de Coralie Sanvoisin sont porteurs d’un coloris chatoyant que produit aussi la direction d’Arie van Beek à la tête du Sinfonietta de Lausanne et du Chœur de l’Opéra de Lausanne (préparé par Jacques Blanc). Dans la chorégraphie de Kathryn Bradney et d’Igor Piovano, la compagnie de ballet Igokat brûle les planches.
Grosse fille aux accents touchants, l’Eliza de Marie-Eve Munger peine dans une tessiture trop centrale pour ses moyens ; mais l’aigu est la carte maîtresse qui la fait briller. Pour la même raison, le Higgins de François Le Roux s’impose par l’intelligence de la composition, ce que partagent l’inénarrable Alfred Doolittle d’Alexandre Diakoff et le goguenard Pickering de Jean-François Vinciguerra. A remarquer l’élégance de ligne de chant d’André Gass (Freddy), la classe d’Anne-Marie Yerly (Mrs Higgins), la cocasserie d’Ulpia Gheorghita (Mrs Pearce) pour un spectacle de haut niveau qui fait délîrer le public lausannois.
Paul-André Demierre
Lausanne, Opéra, le 23 décembre 2015

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