Une symphonie américaine

par
Copland
Aaron COPLAND (1900 – 1990) Troisième symphonie – Three Latin American Sketches Detroit symphony Orchestra, dir. Leonard Slatkin 2017 DDD 55’18 Feuillet anglais uniquement. CD Naxos 8.559844 Déjà responsable de deux autres CD’s des œuvres pour orchestre de Copland, Slatkin et l’Orchestre Symphonique de Détroit ont enregistré cette fois une des œuvres les plus ambitieuses d’Aaron Copland, sa troisième symphonie, considérée par beaucoup de musiciens et de commentateurs comme la meilleure symphonie américaine jamais écrite. Et cependant, son ami Leonard Bernstein lui avait suggéré quelques coupures dans cette œuvre qu’il jugeait trop longue. Le premier mouvement comporte trois thèmes. La fin évoque ces grands espaces américains que l’on entend dans ses ballets comme Billy The Kid. Le deuxième mouvement est essentiellement rythmique, avec les sonorités typiques de Copland, surtout la section centrale, bel exemple de son diatonisme si caractéristique. Slatkin est bien dans son élément : son interprétation tient la comparaison avec Bernstein (DG) ou Copland lui-même (Columbia). Le troisième mouvement reprend, en le transformant, le troisième thème du premier mouvement et est directement enchaîné au dernier mouvement, lequel cite la célèbre Fanfare For The Common Man. Celle-ci est une des musiques les plus célèbres de son auteur, et on se souvient qu’elle avait été adaptée en style Rock par le groupe anglais Emerson, Lake and Palmer (1977, album Works II) avec succès. Cette fanfare marque bien l’époque de cette symphonie, puisqu’elle a été écrite juste au sortir de la guerre, en 1946. Ce quatrième mouvement est ici entendu dans son intégralité, sans les coupures de Bernstein. Cependant, cette symphonie, si bien interprétée soit-elle, nous apparaît quand même assez longue et ampoulée. On préfère les oeuvres de Copland plus anecdotiques (ses ballets) ou plus jazzifiantes (ses premières œuvres). L’œuvre complémentaire de ce disque, Three Latin American Sketches (1971), est donc la bienvenue. Influencée par la musique mexicaine (comme déjà El Salon Mexico de 1932), ou par le Venezuela, il n’est pas étonnant que les rythmes de danses folkloriques constituent la base de ces trois courtes pièces dont les couleurs instrumentales sont chatoyantes, comme souvent chez Copland. Au total, c’est un très bon disque, mais si l’on est à la recherche d’une bonne introduction à sa musique, on écoutera plutôt le ballet Appalachian Spring, dont Slatkin a déjà enregistré la version intégrale (car il en existe aussi une suite, à l’instar de l’Oiseau de Feu de Stravinsky, une des influences majeures de Copland). Dominique Lawalrée Son 8 - Livret 4 - Répertoire 8 - Interprétation 9 Copland, Musique américaine, Slatkin, Naxos

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