Une version sans grand reproche, pas mémorable non plus

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Franz SCHUBERT (1797-1826) Winterreise Karol KOZTOWSKI, ténor, Jolanta PAWLIK, piano 2016-70'57- textes en anglais et polonais- chanté en allemand- Dux 1259 Habitué des scènes lyriques polonaises (de l'Italienne à Alger, Barbier de Séville au Roi Roger de son compatriote Szymanowski), le ténor Karol Koztowski, avec la complicité de Jolenta Pawlik au piano aborde ici le Winterreise de Schubert après avoir enregistré Die schöne Müllerin. Si la beauté du timbre du ténor (tessiture pour laquelle le cycle est originellement prévu) et son énergie comme sa diction séduisent d'emblée, la réussite s'avère incomplète. Trop de surlignements sur un mot, sur une note (index 6, 13, 16, 20...) compromettent l'homogénéité de la ligne de chant, rompent le flux moiré mais sans aspérités de cette expérience toute « intérieure ». Expérience de métamorphose où la déréliction contemplée face à face devient pure beauté. Pour l'auditeur, il faut pouvoir accéder à une sorte d'état d'hypnose, de plaisir et de détente intellectuelle. Alors peut-il se laisser immerger dans une partition qui n'est que poésie intimiste. Evoluant entre affectation (index 4, 7, 16, 21) et âpreté d'accents (index 6, 8, 13, 22... ), le discours ici manque généralement de mystère, de poésie et, surtout, de cette indéfinissable délicatesse schubertienne tandis que le piano, souple, varié et investi se révèle bien plus éloquent. Une version sans grand reproche, pas mémorable non plus. Bénédicte Palaux Simonnet Son 7 - Livret 7 - Répertoire 9 - Interprétation 8

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