Visions musicales d'Hildegard von Bingen

par
von Bingen
Hildegard von BINGEN (1098 – 1179) Ego Sum Homo Tiburtina ensemble, dir. Barbora Kabatkova 2017-DDD-64’17-Livret en anglais, français , allemand-CD Ricercar/Outhere Ric 383 Sainte Hildegard, une bénédictine allemande du 12è siècle, fut une femme d’exception aux dons multiples, dont l’influence sur son époque fut immense. Elle avait un rôle de conseil et de sagesse. Elle correspondait avec les grands de son époque (y compris le pape), et n’hésitait pas à interpeller ses contemporains. Prophète (ses visions furent consignées dans plusieurs ouvrages), docteur (ses remèdes à base de plantes sont encore d’usage aujourd’hui, ainsi que ses recettes de cuisine), elle était aussi musicienne. On trouve chez Hildegard, la notion de pouvoir thérapeutique de la musique : le chant ou l’écoute des psaumes ne procure pas seulement un plaisir, mais guérit l’âme de l’homme pécheur. La musique fait retrouver le bon rythme de la vie, la proportion juste, l’ordre, l’harmonie de vie qui est harmonie de vertu. Canonisée sainte depuis le 10 mai 2012, et docteur (le 34è en 2000 ans) de l’Eglise depuis le 7 octobre de la même année, elle est devenue la quatrième femme gratifiée de ce titre depuis l’origine du christianisme. Elle a composé 77 cantiques, un “opéra” (ou plutôt un oratorio, le 1er de l’histoire), et inventé les mots “harmonie” et “symphonie”. Les manuels d’histoire de la musique doivent être révisés, car le nom d’Hildegard von Bingen précède désormais ceux de Leonin et de Perotin, devenant ainsi le premier nom connu de l’histoire. Sa musique est directement inspirée par ce qu’elle nommait “la lumière vivante”. Elle s’inscrit dans la droite ligne du grégorien monodique, mais elle y ajoute un lyrisme propre, n’hésitant pas à avoir recours à de grands intervalles. Depuis 30 ans, de nombreux disques lui ont été consacrés, cependant parfois avec des interprétations fantaisistes, par exemple en ce qui concerne l’accompagnement instrumental, lequel n’a pas été noté. Parmi les nombreux enregistrements, on écoutera volontiers ceux des ensemble Sequentia (BMG) et Gothic Voices (Harmonia Mundi). Et voici que le label belge Ricercar (bravo et merci à son patron Jérôme Lejeune) nous propose à son tour le Tiburtina ensemble sous la direction de Barbora Kabatkova, enregistré dans l’ancien monastère cistercien d’Osek, dans le nord de la Bohème (Tchécoslovaquie). L’accompagnement instrumental est réduit à sa plus simple expression, et parfois même absent. C’est un gage d’authenticité, car on sait qu’à l’époque, il consistait principalement en l’usage du psaltérion. Ici, ce sont les instruments à cordes pincées cités dans l’Ancien Testament, la harpe et la cithare (Dulce Melos). Les voix féminines sont dignes de la haute teneur spirituelle de ces chants. Il s’agit donc d’une bonne introduction à la musique de cette sainte, laquelle mériterait de devenir la véritable patronne des musiciens, plus que Ste Cécile qui l’est à la faveur d’une simple anecdote. Dominique Lawalrée Son 10 - Livret 10 - Répertoire superlatif - Interprétation 10

Un commentaire

Vos commentaires

Vous devriez utiliser le HTML:
<a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>