Yevgeny Mravinsky : une légende

par
Mravinsky

Volume II : Œuvres de Tchaikovsky, Mozart, Berlioz, Bizet, Richard Strauss, Wagner et Prokofiev
Leningrad Philharmonic Orchestra, Yevgeny Mravinsky, direction – Boris Trizno, flûte, Elena Sinitzyna, harpe
2016 (1940-1962)-ADD-78’16, 58’28, 56’11, 69’50, 54’46, 55’19-Textes de présentation en anglais et allemand-Profil Günter Hänssler-PH16026 (6 CD)

Véritable légende, Yevgeny Mravinsky aura marqué de son empreinte le monde musical et particulièrement le rapport à l’orchestre. Né le 22 mai 1903 à Saint-Pétersbourg, il reçoit très probablement un premier enseignement musical par sa tante, soprano de métier, Yevgeniya Mravina. Pianiste de formation, Mvarinsky fréquente également les bancs universitaires en 1918 en suivant des cours de biologie tout en assumant la fonction d’assistant puis répétiteur (jusqu’en 1931) du célèbre ballet du Théâtre Mariinsky. Dès 1923, Mravinsky fréquente le Conservatoire de Saint-Pétersbourg en y étudiant la direction d’orchestre et la composition. Il fera ses débuts avec le Mariinsky en 1929 et deviendra assistant du Théâtre (opéra et ballet) de Leningrad. La même année que son premier prix au Concours de direction d’orchestre de l’Union Soviétique, Mravinsky est nommé directeur musical du Leningrad Philharmonic Orchestra, orchestre avec lequel il défendra de nombreux compositeurs, en fera émerger, et à qui il destine une longue ascension. 44 ans de direction musicale que l’on pourrait résumer ainsi : précision, exigence, témérité. Cette relation qu’il a construite avec ses musiciens se démarque naturellement dans les nombreux enregistrements mis à notre disposition. Pour notre plus grand plaisir, Hänssler réédite dans un coffret de six Cd (volume II) quelques-unes des grandes pages des répertoires russe, allemand et français défendues par le chef. Si certains choix de tempi et dynamiques pourraient surprendre, parfois même déstabiliser, on se surprend toujours à trouver dans cette interprétation (notamment chez Prokofiev et Tchaïkovski) cette dose de modernité que peu d’enregistrements d’époque possèdent. C’est ainsi un panorama musical allant de 1940 à 1962 que l’auditeur découvrira épousant une maturité grandissante et un langage toujours en quête de perfection. L’occasion de (re)découvrir le trop peu joué Concerto pour flûte, harpe et orchestre de Mozart dont la finesse et la subtilité priment sur toute extravagance virtuose. Aux côtés des grands classiques que sont les ballets Casse-Noisette, Petrouchka et L’Oiseau de feu, les Symphonies n°6 de Prokofiev et Tchaïkovski ou encore Eine Alpensymphonie de Richard Strauss, figurent également quelques œuvres du répertoire français, notamment la Symphonie fantastique de Berlioz défendue à bras-le-corps par un chef imaginatif et respectueux du texte que l’on n’oubliera pas de sitôt.
Ayrton Desimpelaere

Son 10 – Livret 9 – Répertoire 10 – Interprétation 10

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