Alessandro Scarlatti (1660-1725) : Stabat Mater. Jam Sole Clarior. Infirmata, Vulnerata. Sonata a quattro no 1 en fa mineur. Emmanuelle De Negri, soprano. Paul Figuier, contreténor. Les Accents. Thibault Noally, Mario Konaka, violon. Patricia Gagnon, alto. Emanuele Abete, violoncelle. Christian Staude, contrebasse. Violaine Cochard, clavecin. Mathieu Dupouy, orgue. Claire Antonini, théorbe. Livret en anglais, français, allemand. Mai 2025. 73’21’’. Alpha 1179
On peut qualifier Mitridate de tragédie parfaite dans le sens où elle traite des passions humaines dans son versant le plus ignominieux : les luttes pour le pouvoir royal justifieraient l’infanticide et/ou le parricide, le tout avec les travestissements d’usage qui facilitent toutes les trahisons et les renversements de situation dramatique. L’origine de l’ouvrage remonte à la Grèce antique : Sophocle et Euripide ont traité le sujet dans leurs Electra et L’Orestiade respectives. Plus tard, Racine laissera un texte vigoureux qu’admirait Louis XIV et dont se sont inspirés les divers librettistes qu’ont traité le sujet. Car le Farnace vivaldien, ou ceux de Corselli, Caldara et Sarti, ou celui de l’adolescent Mozart parmi une bonne vingtaine d’auteurs, partagent une histoire qu’a été racontée de façons multiples, mettant quelques fois l’accent sur les luttes fratricides, comme dans Mozart ; d’autres, comme dans le livret de Girolamo Frigimelica Roberti pour Scarlatti, sur le personnage abject de Stratonica, capable de commander froidement l’assassinat de son fils Mitridate pour épouser l’usurpateur Farnace. L’auditeur peu avisé pourra s’embrouiller avec les noms des personnages des divers compositeurs car les librettistes successifs ont eu suffisamment d’imagination pour changer les noms des mêmes rôles…
Alessandro Scarlatti aura connu un échec cuisant lors de sa création à Venise en janvier 1707, il le fera reprendre à Milan et à Reggio d’Emilie quelques années plus tard, avant de tomber dans un oubli pluriséculaire... Ce sera (évidemment…) au Festival d’Innsbruck en 1995 qu’elle connaîtra sa résurrection moderne, mais on ne connaît pas encore d’enregistrement discographique de l’œuvre. La version présentée hier par le groupe catalan « Les Vespres d’Arnadí » (un nom qui évoque des desserts garnis en musique dans les maisons patriciennes du Levant hispanique…) était brillante à beaucoup d’égards et, de toute façon, extrêmement opportune car l’imagination déployée par le compositeur napolitain afin d’illustrer musicalement le drame et les différents « affects » des personnages mérite sans conteste que cet opéra soit connu du grand public. Un air comme celui de Laodicé Cara tomba del mio diletto est un véritable bijou musical, tout comme ce terrifiant Uccidete, distruggete… de Farnace est un prodige d’imagination instrumentale.
Alessandro Scarlatti (1660-1725) : Cantate da camera : Al fin m’ucciderete H 21 ; Sarei troppo felice H 631 ; Sento nel core certo dolore H 655 ; La Lezione di Musica H 547 ; Là dove a Mergellina H 356. Toccatas, Allegro et Menuet pour clavecin. Lucile Richardot, mezzo-soprano ; Philippe Grisvard, clavecin. 2022. Notice en anglais, en français et en allemand. Textes des cantates en italien. 69.58. Audax ADX 11206.
L’estro intelligente Toccatas and keyboards works. Alessandro Scarlatti (1660-1725) : Toccata en la mineur ; Aria en la mineur ; Toccata et Gigue en ré majeur ; Toccata, Fugue et Courante en fa majeur ; Toccata et Gigue en ré mineur ; Adagio en sol majeur ; Toccata en la majeur ; Toccata et Fugue en ré mineur ; Adagio et Gigue en si bémol majeur ; Toccata et Aria en ré mineur ; Toccata en sol mineur ; Allegro en ut majeur ; Toccata en ut mineur ; Toccata, Gigue et Partita en la majeur. Marcello Di Lisa, clavecin. Livret en allemand, anglais, italien. Mai 2019. TT 57’11. CPO 555 401-2
Cantates pour voix seule avec violon. Alessandro Scarlatti (1660-1725) : Dove fuggo ? A che penso ? pour voix, violon et basse continue ; Appena chiudo gli occhi (Il sogno) pour voix, violon et basse continue. Antonio Caldara (1670-1736) : Vicino a un rivoletto pour voix, violon, violoncelle et basse continue ; Innocente cor mio pour voix, violon et basse continue. Giuseppe Valentini (1681-1753) : Allettamento da camera en ré mineur, op. 8 n° 1 pour violon et basse continue. Giuseppina Bridelli, mezzo-soprano ; Quartetto Vanvitelli. 2020. Notice en anglais, en français et en italien. Textes des cantates en italien, avec traductions anglaise et française. 76.57. Arcana A487.
Parallèlement aux Troyens de Berlioz qui célèbrent l’année anniversaire du compositeur et les 30 ans de l’Opéra Bastille, l’Opéra Garnier présente actuellement (jusqu’au 23 février) Il Primo Omicidio (Le Premier Homicide), un oratorio méconnu d’Alessandro Scarlatti (1660-1725), dans une mise en scène de Romeo Castellucci très stylisée. Dans la fosse, René Jacobs fait (enfin !) ses débuts à l’Opéra de Paris en dirigeant le B’Rock Orchestra.
Le genre Oratorio est avant tout destiné à être exécuté dans un espace dédié, initialement un cadre intime d’oratoire. Même si, par la suite, l’oratorio profane pour des représentations en concert a été inventé, l’époque où vécut le compositeur ne connaissait pas encore cette adaptation, encore moins la grande salle du Palais Garnier. D’où une sensation bancale : l’espace et l’œuvre ne font pas bon ménage !
Alessandro SCARLATTI
(1660 - 1725)
Passion selon Saint Jean-Responsori per la Settimana Santa
Giuseppina BRIDELLI (Evangéliste), Salvo VITALE (Christus), Choeur de chambre de Namur, Millenium Orchestra, dir.: Leonardo Garcia ALARCON
2016-DDD-Live-57'30-Textes de présentation en anglais, italien, français et allemand-Ricercar RIC 378
Alessandro SCARLATTI
(1660 - 1725)
Missa Defunctorum-Magnificat-Miserere-Salve Regina
Ensemble Odhecaton, dir.: Paolo DA COL
2016-DDD-76'35-Textes de présentation en anglais, français, allemand et italien-Arcana A 398
Scarlatti Father and Son Cantatas & sonatas. Alessandro Scarlatti (1660-1725) : Andate o miei sospiri H. 53 & 54 ; Qui dove alfin m’assido H. 618 ; Farfalla che s’aggira H. 256. Domenico Scarlatti (1685-1757) : Sonates K. 25, 67, 108, 109, 450, 466. Tenta la Fuga. Alice Duport-Percier, soprano. Petr Skalka, violoncelle. Dirk Börner, clavecin. Livret en allemand, anglais, français. Novembre 2021. TT 73’53. Prospero PROSP0066
Alessandro Melani (4 février 1639 - 3 octobre 1703) était un compositeur italien, frère du compositeur Jacopo Melani et du chanteur castrat Atto Melani.
Avec Bernardo Pasquini et Alessandro Scarlatti, il est l'un des principaux compositeurs actifs à Rome au cours du XVIIe siècle. Il fait également partie de la deuxième école de compositeurs d'opéras romains, qui a débuté avec l'opéra Il Girello (1668) de son frère. Aujourd'hui, on se souvient surtout de lui pour son importante production de musique liturgique, qu'il a écrite alors qu'il occupait divers postes musicaux à Rome. Le grand nombre de motets polychoraux qu'il a produits et les huit oratorios qu'on lui attribue sont particulièrement intéressants. Trois recueils publiés de sa musique liturgique subsistent aujourd'hui, ainsi que de nombreux motets solitaires tirés d'autres volumes publiés. Un certain nombre de manuscrits originaux subsistent également.
Né à Pistoia, Melani commença à chanter à la Cathédrale de Pistoia à l'âge de 11 ans. Il y resta dix ans avant de devenir maestro di cappella à Orvieto en 1663 et à Ferrare en 1665. Il retourne à Pistoia en décembre 1666 pour remplacer son frère comme maestro di cappella de la Cathédrale en juin 1667.
En octobre suivant, il est nommé maestro di cappella de la Basilique Sainte-Marie-Majeure à Rome. Il y reste jusqu'en juillet 1672, date à laquelle il devient maestro à San Luigi dei Francesi, poste qu'il occupe jusqu'à sa mort, 31 ans plus tard.
Melani était l'un des compositeurs préférés du Cardinal Giulio Rospigliosi (futur Pape Clément IX).
Le conclave papal de 1667 lui commanda un opéra (titre aujourd'hui inconnu) pour le carnaval de 1668. Son opéra suivant, L'empio punito (commandé par Marie Mancini), fut créé au Carnaval un an plus tard et fut notamment le premier opéra sur le thème de Don Juan.
En 1686, il collabore avec Scarlatti et Pasquini à l'opéra Santa Dimna. En 1685, il compose un oratorio, Golia abbattuto, pour le Roi Jean III de Pologne. L'œuvre a été écrite pour célébrer la victoire de la Sainte Ligue sur les Turcs ; il a obtenu la commande grâce aux efforts du Pape Innocent XI. Ceci, ajouté au fait que les neveux d'Alessandro ont été intégrés à la petite noblesse toscane à cette époque, a amené certains chercheurs à supposer que la politique a joué un rôle dans les événements qui ont entouré la commande de 1685.
Melani écrivit un autre oratorio notable en 1690, Lo scisma nel sacerdozio (aujourd'hui perdu), pour Francesco II d'Este. De tous les oratorios qui lui sont attribués, le plus joué est Il fratricidio di Caino.
Il a également bénéficié du patronage de Ferdinand II de Médicis, Grand-Duc de Toscane, et il a été cité parmi les "célèbres professeurs de musique protégés par le Prince de Toscane" en 1695.
Il est mort à Rome à l'âge de 64 ans.