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Alma Mahler, 60 ans

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Alma Maria Mahler, née Schindler, à Vienne le  et morte à New York le , est une musicienne et compositrice de lieder.

Fille du peintre paysagiste Emil Schindler et de la cantatrice Anna Bergen (1857-1938), Alma Schindler grandit à Vienne. Parmi les amis de son père, on compte Gustav Klimt, à qui elle doit son « premier baiser » volé lors d'un voyage à Gênes en 1899.

Issue d'un milieu cultivé, musicienne, belle, intelligente, indépendante d'esprit, Alma Schindler est courtisée du Tout-Vienne. Elle fréquente quelques personnages éminents de la capitale, dont Klimt, le directeur de théâtre Max Burckhard et le compositeur Alexander von Zemlinsky, avec lequel elle aura une liaison probablement toute platonique qu'elle raconte dans son journal. C'est en 1901, à une soirée chez Berta Zuckerkandl-Szeps (belle-sœur de Georges Clemenceau) qu'elle fait la connaissance de Gustav Mahler, alors directeur de l'Opéra de Vienne depuis 1897. Un an après ils se marient, le , à la Karlskirche de Vienne5. Alma et Gustav Mahler, de dix-neuf ans son aîné, mènent une vie de couple tumultueuse. Son charme naturel et sa vivacité transforment Mahler qui rencontre, grâce à elle, d'éminents artistes comme le poète dramatique Gerhart Hauptmann, les peintres Gustav Klimt et Koloman Moser ou le chef de file de l'avant-garde musicale viennoise, Arnold Schönberg.

En épousant Mahler, elle a accepté d'abandonner ses propres aspirations artistiques en musique et en peinture. Le compositeur lui a effectivement mis le marché en main dans une longue lettre, envoyée durant leurs fiançailles. Si Alma Mahler l'épouse, elle doit renoncer à ses propres ambitions. Dans le cas contraire, le mariage n'aura pas lieu. Alma Mahler accepte, sans se douter des frustrations que cet accord va engendrer chez elle. Même s'il reconnaît en elle une musicienne douée, Gustav Mahler est avant tout un homme de son temps, qui attend d'une épouse qu'elle lui facilite la vie . Souvent sacrifiée au travail et à l'œuvre d'un mari distrait et exigeant, Alma Mahler succombe au charme de l'architecte Walter Gropius, avec lequel elle noue une relation extra-conjugale6, tout en excluant le divorce. En raison de l'échec de leur relation conjugale que Gustav Mahler attribue à son âge et sur les demandes répétées d'Alma Mahler, le compositeur consulte Sigmund Freud, le 27 août 1910 à Leyde, aux Pays-Bas, et s'entretient avec lui durant quatre heures lors d'une conversation-promenade. « Votre femme cherche son père dans l'homme qu'elle aime, vous êtes celui-là », lui dit-il8. L'entretien semble avoir été d'un certain secours au compositeur qui écrit à sa femme « …Suis joyeux. Conversation intéressante… » De fait, Gustav Mahler recouvre « sa capacité d'amour » pour Alma Mahler durant les derniers mois de sa vie9.

Alma Mahler a deux enfants avec Gustav Mahler, Maria (1902-1907), qui meurt des suites de la scarlatine compliquée d'une diphtérie, et Anna (1904-1988) qui deviendra sculptrice après avoir été l'élève de Giorgio De Chirico, à Rome.

À la mort de Gustav Mahler, en 1911, Alma Mahler, jeune veuve riche, est engagée, en novembre de la même année, comme assistante par le biologiste autrichien Paul Kammerer, qui devint son amant, leur relation prend fin au printemps 1912. Puis pendant deux ans, Alma Mahler est la maîtresse de l'écrivain et peintre Oskar Kokoschka1. Pendant cette idylle passionnée et chaotique, il peint pour elle des éventails où il peint des détails de leur vie amoureuse et de ses propres fantasmes. Alma Mahler est pour Oskar une égérie qui lui inspire de nombreux chefs-d’œuvre, il réalise la toile "La Fiancée du vent". Il désire l'épouser mais il la fatigue. Effrayée par la passion qu'elle suscite en lui, Alma Mahler rompt avec Kokoschka, qui part pour Berlin.

Alma Mahler qui, dans le même temps, fréquentait toujours l'architecte Walter Gropius, l'épouse le  à Berlin. De leur union naît en 1916, leur fille Manon qui va mourir de la poliomyélite en 1935, à l'âge de 18 ans. Le compositeur Alban Berg, grand ami d'Alma Mahler et qui aimait beaucoup Manon, lui dédiera le Concerto à la mémoire d'un ange.

Oskar sombre dans la dépression qu'il combat en commandant en 1918 à Hermine Moss, une marionnettiste réputée, une poupée de lin et de crin à l’image d’Alma Mahler en grandeur nature. La réalisation prend environ 6 mois, il veut que la poupée soit l’exacte réplique d'Alma Mahler. Il vit comme maritalement avec sa poupée, sa servante Reisl s’occupe de la poupée et l’habille. La poupée finit avec la tête tranchée au cours d'une beuverie.

Dès 1919, Alma Mahler vit avec le romancier Franz Werfel. Enceinte de lui (elle a quarante ans), alors qu'elle est toujours mariée avec Gropius, elle divorce en 1920, mais leur enfant, Martin Carl Johannes, naît prématurément et meurt à dix mois. Elle épouse Werfel en .

En 1938, Alma Mahler et Franz Werfel fuient l'Anschluss1 et se réfugient en France, où ils trouvent asile auprès d'autres intellectuels exilés à Sanary-sur-Mer, dans le Var, (Exil en paradis, artistes et écrivains sur la Riviera (1933-1945), Manfred Flügge). Mais l'invasion et l'occupation de la France par les Allemands en 1940 les contraignent de nouveau à fuir avec l'aide du journaliste américain Varian Fry installé à Marseille. Ils franchissent à pied les Pyrénées pour se rendre en Espagne puis au Portugal d'où ils embarquent pour les États-Unis.

Ils s'installent à Los Angeles, où Werfel connaît le succès lorsque Le Chant de Bernadette est adapté au cinéma, avec notamment Jennifer Jones. Erich Wolfgang Korngold lui dédie son Concerto pour violon en 1945, date de la mort de Werfel. Alma Mahler, désormais surnommée la « veuve des quatre arts », part vivre à New York. Devenue citoyenne américaine en 1946, elle est alors une actrice majeure de la vie culturelle new-yorkaise. Elle est présente lors des répétitions de Leonard Bernstein, grand admirateur de la musique de Gustav Malher, ainsi qu'il l'a signalé dans son cours de 1973 à la chaire Charles-Eliot-Norton d'Harvard. Benjamin Britten considère qu'elle est un "lien vivant" entre Malher et Alban Berg et lui dédie son morceau Nocturne for Tenor and Small Orchestra14. En 1951, Alma Mahler-Werfel s'installa à New York, où elle avait acheté quatre petits appartements en copropriété dans un immeuble de l'Upper East Side (120 East 73rd Street). Elle vivait elle-même au troisième étage et utilisait un appartement comme pièce à vivre et le deuxième comme chambre à coucher.

Elle meurt le  à l'âge de 85 ans.

L'histoire de sa vie a été adaptée au cinéma dans le film de Bruce Beresford, "Alma, la fiancée du vent". Elle a également été l'objet d'un best-seller de Françoise Giroud, "Alma Mahler, ou l'art d'être aimée". Il est à noter que sa présence dans l'imaginaire public est davantage liée aux rencontres de sa vie amoureuse qu'à ses œuvres -ce dernier ouvrage refuse explicitement, par exemple, de parler de sa musique.

Alma Schindler commence des études de composition avec Alexander von Zemlinsky en 1900. Mais elle n'est artistiquement productive que durant sa jeunesse. Elle compose quelques lieder et des pièces instrumentales, tout en commençant à travailler sur un opéra.

Un opéra sur Alma Mahler à la Volksoper de Vienne

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La compositrice israélienne Ella Milch-Sheriff créera un opéra sur Alma Mahler à la Volksoper de Vienne la saison prochaine.

"Alma représente comme aucune autre, l'image de la sensualité et le symbole de la Vienne fin-de-siècle. Le nouvel opéra se concentre sur un aspect qui a jusqu'à présent reçu peu d'attention dans les nombreuses adaptations artistiques de la biographie d'Alma Mahler-Werfel : Alma, la mère.

L'oeuvre sera mise en scène par Ruth Brauer Kvan et dirigée par Omer Meir Wellber.

Alma Mahler, 145 ans

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Alma Maria Mahler, née Schindler à Vienne le  et morte à New York le , est une musicienne et compositrice de lieder.

Fille du peintre paysagiste Emil Schindler et de la cantatrice Anna Bergen (1857-1938), Alma Schindler grandit à Vienne. Parmi les amis de son père, on compte Gustav Klimt, à qui elle doit son « premier baiser » volé lors d'un voyage à Gênes en 1899.

Issue d'un milieu cultivé, musicienne, belle, intelligente, indépendante d'esprit, Alma Schindler est courtisée du Tout-Vienne. Elle fréquente quelques personnages éminents de la capitale, dont Klimt, le directeur de théâtre Max Burckhard et le compositeur Alexander von Zemlinsky, avec lequel elle aura une liaison probablement toute platonique qu'elle raconte dans son journal.
C'est en 1901, à une soirée chez Berta Zuckerkandl-Szeps (belle-sœur de Georges Clemenceau) qu'elle fait la connaissance de Gustav Mahler, alors directeur de l'Opéra de Vienne depuis 1897. Un an après ils se marient, le , à la Karlskirche de Vienne. Alma et Gustav Mahler, de dix-neuf ans son aîné, mènent une vie de couple tumultueuse. Son charme naturel et sa vivacité transforment Mahler qui rencontre, grâce à elle, d'éminents artistes comme le poète dramatique Gerhart Hauptmann, les peintres Gustav Klimt et Koloman Moser ou le chef de file de l'avant-garde musicale viennoise, Arnold Schönberg.

En épousant Mahler, elle a accepté d'abandonner ses propres aspirations artistiques en musique et en peinture. Le compositeur lui a effectivement mis le marché en main dans une longue lettre, envoyée durant leurs fiançailles. Si Alma Mahler l'épouse, elle doit renoncer à ses propres ambitions. Dans le cas contraire, le mariage n'aura pas lieu. Alma Mahler accepte, sans se douter des frustrations que cet accord va engendrer chez elle. Même s'il reconnaît en elle une musicienne douée, Gustav Mahler est avant tout un homme de son temps, qui attend d'une épouse qu'elle lui facilite la vie .
Souvent sacrifiée au travail et à l'œuvre d'un mari distrait et exigeant, Alma Mahler succombe au charme de l'architecte Walter Gropius, avec lequel elle noue une relation extra-conjugale, tout en excluant le divorce.
En raison de l'échec de leur relation conjugale que Gustav Mahler attribue à son âge et sur les demandes répétées d'Alma Mahler, le compositeur consulte Sigmund Freud, le 27 août 1910 à Leyde, aux Pays-Bas, et s'entretient avec lui durant quatre heures lors d'une conversation-promenade « Votre femme cherche son père dans l'homme qu'elle aime, vous êtes celui-là », lui dit-il. L'entretien semble avoir été d'un certain secours au compositeur qui écrit à sa femme « …Suis joyeux. Conversation intéressante… ». De fait, Gustav Mahler recouvre « sa capacité d'amour » pour Alma Mahler durant les derniers mois de sa vie.

Alma Mahler a deux enfants avec Gustav Mahler, Maria (1902-1907), qui meurt des suites de la scarlatine, et Anna (1904-1988) qui deviendra sculptrice après avoir été l'élève de Giorgio de Chirico, à Rome.

À la mort de Gustav Mahler, en 1911, Alma Mahler, jeune veuve riche, est engagée, en novembre de la même année, comme assistante par le biologiste autrichien Paul Kammerer qui devint son amant. Leur relation prend fin au printemps 1912.
Puis, pendant deux ans, Alma Mahler est la maîtresse de l'écrivain et peintre Oskar Kokoschka1. Pendant cette idylle passionnée et chaotique, il peint pour elle des éventails où il peint des détails de leur vie amoureuse et de ses propres fantasmes. Alma Mahler est pour Oskar une égérie qui lui inspire de nombreux chefs-d’œuvre, il réalise la toile La Fiancée du vent. Il désire l'épouser mais il la fatigue. Effrayée par la passion qu'elle suscite en lui, Alma Mahler rompt avec Kokoschka, qui part pour Berlin.

Alma Mahler, qui, dans le même temps, fréquentait toujours l'architecte Walter Gropius, l'épouse le  à Berlin. De leur union naît en 1916, leur fille Manon qui va mourir de la poliomyélite en 1935, à l'âge de 18 ans. Le compositeur Alban Berg, grand ami d'Alma Mahler et qui aimait beaucoup Manon, lui dédiera le Concerto à la mémoire d'un ange.

Oskar sombre dans la dépression qu'il combat en commandant en 1918 à Hermine Moss, une marionnettiste réputée, une poupée de lin et de crin à l’image d’Alma Mahler en grandeur nature. La réalisation prend environ 6 mois, il veut que la poupée soit l’exacte réplique d'Alma Mahler. Il vit comme maritalement avec sa poupée, sa servante Reisl s’occupe de la poupée et l’habille. La poupée finit avec la tête tranchée au cours d'une beuverie.

Dès 1919, Alma Mahler vit avec le romancier Franz Werfel. Enceinte de lui (elle a quarante ans), alors qu'elle est toujours mariée avec Gropius, elle divorce en 1920, mais leur enfant, Martin Carl Johannes, naît prématurément et meurt à dix mois. Elle épouse Werfel en 

En 1938, Alma Mahler et Franz Werfel fuient l'Anschluss et se réfugient en France, où ils trouvent asile auprès d'autres intellectuels exilés à Sanary-sur-Mer, dans le Var, (Exil en paradis, artistes et écrivains sur la Riviera (1933-1945), Manfred Flügge). Mais l'invasion et l'occupation de la France par les Allemands en 1940 les contraignent de nouveau à fuir avec l'aide du journaliste américain Varian Fry installé à Marseille. Ils franchissent à pied les Pyrénées pour se rendre en Espagne puis au Portugal d'où ils embarquent pour les États-Unis.

Ils s'installent à Los Angeles, où Werfel connaît le succès lorsque Le Chant de Bernadette est adapté au cinéma, avec notamment Jennifer Jones. Erich Wolfgang Korngold lui dédie son Concerto pour violon en 1945, date de la mort de Werfel. Alma Mahler, désormais surnommée la « veuve des quatre arts », part vivre à New York.

Devenue citoyenne américaine en 1946, elle est alors une actrice majeure de la vie culturelle new-yorkaise. Elle est présente lors des répétitions de Leonard Bernstein, grand admirateur de la musique de Gustav Malher, ainsi qu'il l'a signalé dans son cours de 1973 à la chaire Charles-Eliot-Norton d'Harvard. Benjamin Britten considère qu'elle est un "lien vivant" entre Malher et Alban Berg et lui dédie Nocturne for Tenor and Small Orchestra. En 1951, Alma Mahler-Werfel s'installa à New York, où elle avait acheté quatre petits appartements en copropriété dans un immeuble de l'Upper East Side (120 East 73rd Street). Elle vivait elle-même au troisième étage et utilisait un appartement comme pièce à vivre et le deuxième comme chambre à coucher.

Elle meurt le , à l'âge de 85 ans.

L'histoire de sa vie a été adaptée au cinéma dans le film de Bruce Beresford "Alma, la fiancée du vent". Elle a également été l'objet d'un best-seller de Françoise Giroud, Alma Mahler, ou l'art d'être aimée. Il est à noter que sa présence dans l'imaginaire public est davantage liée aux rencontres de sa vie amoureuse qu'à ses œuvres.

Alma Schindler commence des études de composition avec Alexander von Zemlinsky en 1900. Mais elle n'est artistiquement productive que durant sa jeunesse. Elle compose quelques lieder et des pièces instrumentales, tout en commençant à travailler sur un opéra.

"Alma Mahler, une passion", un biopic

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Il est des figures qui, par leur personnalité et leur trajectoire de vie non reproductible, semblent prédestinées à être ressuscitées par la littérature et le cinéma. Alma Mahler est sans aucun doute l'une d'entre elles.

Née en 1879 dans une Vienne débordante de talents artistiques, fille elle-même d'une chanteuse et d'un peintre, elle fait preuve très tôt de dons musicaux remarquables : outre le piano, elle est compositrice, ce qu'elle perfectionne avec Alexander von Zemlinsky.
Mais l'attirance d'Alma pour l'art est en quelque sorte associée à son attirance pour les artistes, comme si en elle les composantes physiques et intellectuelles se fondaient en une unité indissoluble. Sa vie va de pair avec celle d'une extraordinaire galerie de génies qu'elle a séduits et inspirés. Muse et amante de Gustav Klimt et d'Oskar Kokoschka, épouse du compositeur Gustav Mahler puis de l'architecte Walter Gropius et de l'écrivain Franz Werfel, Alma a fini sa vie de l'autre côté de l'Atlantique, à New York, métaphore résolue d'une biographie qui semble tout englober.

Après avoir inspiré le film de Bruce Beresford "La Fiancée du vent" (2001), la vie d'Alma Mahler fait à nouveau l'objet d'une transposition cinématographique dans le long métrage "Alma Mahler, la Passion", qui sort bientôt en salles. Son auteur, le cinéaste autrichien Dieter Berner, a déjà démontré son talent dans le domaine du biopic avec le récent -et primé- film "Egon Schiele - Death and the Maiden". Produit par FILM AG, "Alma Mahler, Passion" est écrit par Hilde Berger.

Tout en explorant ses relations avec Gustav Mahler et Walter Gropius, le film se concentre principalement sur la passion obsessionnelle et autodestructrice entre Alma et le peintre Oskar Kokoschka, interprétés par les acteurs Emily Cox et Valentin Postlmayr. Selon Berner, bien qu'Alma et Oskar soient des personnages "historiques", le public doit les rencontrer comme s'ils étaient "ici et maintenant". Leurs conflits sont modernes et nous n'avons pas besoin d'évocations nostalgiques du passé pour les comprendre. Nous sommes témoins d'une femme qui sera plus tard connue pour sa réputation de collectionner des hommes comme trophées de chasse. Nous contemplons aussi un homme possédé par le besoin de créer, non seulement des œuvres d'art, mais aussi sa vie, qu'il partage avec une femme qu'il admire profondément.

Depuis 1973, Dieter Berner (Vienne, 1944) travaille principalement comme réalisateur et scénariste pour le cinéma et le théâtre, bien qu'en 1989 il ait joué le rôle principal dans "Le septième continent'" de Michael Haneke. Sa notoriété dans les pays germanophones est due à la série télévisée "Alpensaga", qui raconte l'histoire d'un village autrichien. Son dernier long métrage, "Egon Schiele-Death and the Maiden" (2016), a été distribué dans plus de 40 pays et a reçu plusieurs prix, par exemple le prix du film autrichien pour la "meilleure actrice", Valerie Pachner, le ROMY (prix autrichien du cinéma et de la télévision) pour le "meilleur scénario", la "meilleure production" et le "meilleur espoir".

Alma Mahler, la Passion

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Le film Alma Mahler, la Passion, réalisé par le metteur en scène autrichien Dieter Berner, sort en salles en septembre.

Il raconte la vie de la protagoniste en tant que "grande dame de la société culturelle viennoise qui refuse d'accepter le rôle de mère et de muse".
Le film suit l'amour fou entre Alma et le jeune artiste expressionniste Oskar Kokoschka. Il met en scène Emily Cox et Valentin Postlmayer.
Alma Mahler, la Passion a été présenté en première nationale dans la section officielle du BCN Film Fest et a également été présenté le 25 juillet dans le cadre du programme du Atlántida Mallorca Film Fest.

Mahler Competition 2026 : le palmarès

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Réuni à l'issue de l'édition 2026 du Mahler Competition, le jury a choisi de ne pas attribuer de premier prix. C'est finalement Jakub Przybycień (31 ans, Pologne) qui décroche le deuxième prix, tandis que deux troisièmes prix ex æquo distinguent Sieva Borzak (29 ans, Italie) et Simon Clausse (25 ans, France).

Jakub Hrůša, chef principal des Bamberger Symphoniker et membre du jury, salue le lauréat : « Nous sommes ravis de remettre le deuxième prix à Jakub Przybycień. Il a su convaincre le jury tout au long de l'épreuve, non seulement lors du concert final, mais également par son évolution, sa musicalité, son potentiel et sa manière de travailler avec l'orchestre. Dans cette perspective, le deuxième prix vient couronner très justement une prestation d'ensemble remarquable. »

Côté dotations, le deuxième prix est assorti d'une enveloppe de 20 000 euros, et les deux troisièmes prix de 10 000 euros chacun. Jakub Przybycień complète sa moisson en remportant également le Prix du public.

Enfin, le prix additionnel — une production en studio réalisée avec BR-Klassik et les Bamberger Symphoniker — revient au chef britannique Oliver Cope (27 ans).

Concours de direction d’orchestre Mahler 2023, le palmarès

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Le chef d’orchestre italien Giuseppe Mengoli est le lauréat du Concours de direction d’orchestre Mahler 2023.
Mengoli reçoit 30 000 € de prix et est apparu dans le concert des lauréats -il a dirigé la Septième Symphonie de Mahler, la Symphonie n ° 92 de Haydn et Sieben frühe Lieder de Berg avec le baryton Thomas Hampson. Il fera également un enregistrement avec l’Orchestre Symphonique de Bamberg lors de la saison 2023-24.
Mengoli a récemment terminé un mandat de chef assistant de Lorenzo Viottià l’Orchestre Philharmonique des Pays-Bas et à l’Opéra national et a également été assistant d’Oleg Caetani, John Axelrod, Daniel Barenboim et Christoph König.

Également violoniste accompli, Mengoli a été violon solo de l’Orchestre des jeunes Gustav Mahler.

Il a une personnalité modeste et humble qui se traduit par sa remarquable connexion de gentillesse et de puissance intérieure , a déclaré Jakub Hrůša, Président du jury et chef principal de l’Orchestre Symphonique de Bamberg.  [Mengoli a donné] une performance totalement convaincante tout au long des épreuves avec une combinaison parfaite de connaissance de la partition et un sentiment de musique extraordinairement naturel. Il possède une forte capacité à inspirer les musiciens et le public à travers son langage musical qui parle directement au cœur de chacun.

La deuxième place (20 000 €) est allée au chef d’orchestre américano-japonais Taichi Fukumara, tandis que le chef allemand Georg Köhler a pris la troisième place (10 000 €).

Cette édition a également vu l’introduction d’un nouveau prix pour la meilleure interprétation d’une œuvre contemporaineLe chef d’orchestre américain Kevin Fitzgerald a reçu ce Prix d’un montant de 7 500 € offert par la Fondation Mahler.

Le nombre de candidatures a augmenté par rapport aux années précédentes : 350 chefs ont demandé à participer. Parmi ceux-ci, près de 20% étaient des femmes, ce qui montre une augmentation prometteuse par rapport aux éditions précédentes du concours.

Kantorow, l’ONCT et Peltokoski : la jeunesse au service des grands chefs-d’œuvre de Beethoven et de Mahler

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Après un concert « à domicile » et la veille d’une tournée au Japon, l’Orchestre national du Capitole de Toulouse (ONCT) se produisait pour la deuxième année consécutive à la Philharmonie de Paris, sous la direction de son directeur musical Tarmo Peltokoski, et avec en soliste Alexandre Kantorow, dans un programme qui demande de la maturité. Fort heureusement, ni le chef ni le pianiste, guère plus d’un demi-siècle à eux deux, n’en manquent, malgré leur âge. Ils font au contraire sans aucun doute partie de ces « âmes bien nées » dont Corneille a dit que, pour elles, « la valeur n’attend point le nombre des années ».

En première partie, le Quatrième Concerto de Beethoven, qui ouvre une nouvelle ère dans les rôles respectifs du soliste et de l’orchestre, nettement différenciés. Cela est perceptible dès la première phrase, exposée, contrairement aux usages, par le piano seul, et reprise par l’orchestre qui reprend son rôle habituel. Les interprètes jouent de cette différence, avec Alexandre Kantorow qui semble improviser, tandis que Tarmo Peltokoski conserve un tempo très stable (ce qui ne l’empêche pas de phraser superbement). Tout au long de l’Allegro moderato, le pianiste fera preuve d’une grande liberté, avec un jeu à la fois brillant et introspectif. Il donne l’impression de se raconter des histoires à lui-même, et de les vivre à fond, grâce à un orchestre qui réagit au quart de tour à ses impulsions. Sa virtuosité est à la fois fulgurante et naturelle. La cadence, à cet égard, est époustouflante. Alexandre Kantorow la transforme en mini drame haletant.

À Angers, une Quatrième de Mahler au sommet

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Lorsque les dernières notes se sont éteintes à la fin de la Quatrième Symphonie de Gustav Mahler dans un souffle à peine audible, il régnait une atmosphère d’une incroyable intensité dans la belle salle du Centre de Congrès d’Angers, faite d’un mélange de mélancolie pure et d’admiration pour l’osmose exceptionnelle régnant entre un orchestre, l’Orchestre National des Pays de la Loire (ONPL), et son chef, le Viennois Sacha Götzel. Ce dernier nous a certes habitués à l’excellence depuis le début de son mandat, mais sa vision mahlérienne était d’une élévation d’esprit quasi spirituelle. Premier d’une série de quatre concerts qui seront répétés à Nantes (10 mars), Saint-Nazaire (11 mars) et Angers (12 mars), celui auquel nous avons assisté était d’un niveau de qualité comparable aux meilleures phalanges symphoniques, un résultat obtenu pourtant après un tout petit nombre de répétitions, mais dans une confiance mutuelle entre Sacha Götzel et ses musiciens.

Dommage qu’aucun micro ne vienne saisir un concert d’une telle qualité. Avec des tempi relativement lents venant saisir à merveille le côté à la fois populaire et ironique de cette partition, avec un sens subtil du rubato et de la couleur très Mitteleuropa et un esprit passant de l’aspect chambriste presque impressionniste aux éclats orchestraux spectaculaires dont seul Mahler est capable, Sacha Götzel nous a livré sa vision à la fois narrative et bouleversante d’une symphonie qu’on dit légère par rapport aux autres fresques mahlériennes, mais qui recèle les tréfonds de l’âme du compositeur.
Après un premier mouvement champêtre qui semble se souvenir des divertimenti de Mozart et de Haydn, la mort rôde dans le deuxième mouvement avec l’apparition saugrenue du « violoneux », remarquablement incarné par le Konzertmeister Matthieu Handtschoewercker, jouant une grinçante et lugubre danse macabre avec son violon accordé un ton plus haut en incitant ses collègues à provoquer des effets singuliers : sourdines, glissements, pizzicati brutaux dans une impureté expressément demandée par le compositeur. Suit le Ruhevoll, merveilleux troisième mouvement élégiaque se souvenant de la symphonie précédente et annonçant clairement l’Adagietto de la suivante dans lequel l’orchestre et son chef ont suspendu le temps.