Richard Cœur de Lion est un opéra-comique composé par André Grétry sur un livret de Michel-Jean Sedaine. Cette œuvre se situe au sommet de la carrière de Grétry et est « peut-être le plus universellement connu des operas-comiques du XVIIIe siècle ».
L'histoire prend sa source dans la légende de la captivité du roi Richard Ier d'Angleterre.
La première eut lieu à la Comédie-Italienne, à Paris, le 21 octobre 1784 dans une version en trois actes. Une autre version, en quatre actes, fut donnée au Château de Fontainebleau le 25 octobre 17852, et plus tard à Paris le 21 décembre.
Elle fut pourtant très mal reçue et, vite remaniée, une nouvelle version définitive en trois actes fut bientôt représentée à la Comédie-Italienne le 29 décembre. Celle-ci obtint enfin un vif succès et est entrée depuis au répertoire de l'Opéra-Comique.
Elle compta au total, jusqu'en 1827, 485 répresentations.
En 1841 Adolphe Adam élabora une nouvelle instrumentation pour la reprise, toujours à l'Opéra-Comique.
Dans les décennies suivantes jusqu'en 1910, on enregistra plus de 600 représentations dans le théâtre parisien. D'autres (302) avaient eu lieu au Théâtre Lyrique.
Pierre-Alexandre Monsigny est un compositeur français né le 17 octobre 1729 à Fauquembergues (Pas-de-Calais) et mort le 14 janvier 1817 à Paris. Il fut membre de l'Académie des beaux-arts (1813).Son nom figure avec son buste sur la façade est de l'Opéra Garnier à Paris.
Par sa musique pleine d'esprit, de fraîcheur et de charme parfois naïf, il parvient à structurer ce qui n'était qu'un compromis entre la comédie et l'opéra. Il se révèle alors comme le principal précurseur, avec André Grétry et François-André Philidor, d'un genre nouveau : l'opéra-comique.
Il ouvre ainsi la voie à Boïeldieu, Auber, Gounod, Bizet, Massenet… à tous ceux qui, par leur talent de compositeur, sont parvenus à illustrer avec succès ce genre bien français.
Paul Dukas déclarera même : « De tous les compositeurs de notre pays, il est peut-être le premier qui ait eu le don de l'émotion vraie, humaine, de l'expression communicative et du sentiment juste… ».
C'est dans l'arrière-pays boulonnais, en direction d'Aire-sur-la-Lys, précisément à Fauquembergues, que naît, le 17 octobre 1729, Pierre-Alexandre Monsigny, quatre mois avant l'union légitimée de ses parents, Marie-Antoinette Dufresne et Nicolas Monsigny.
S'ils sont tous deux originaires de Desvres, les lointaines racines paternelles sont parfaitement latines. En effet, selon certaines sources, Marc di Mancini, craignant la vendetta à la suite d'un duel où il tue l'un de ses compagnons, quitte la Sardaigne pour fuir vers les Pays-Bas espagnols. C'est aux premières années du XVIe siècle que la famille s'installe en Artois. Sous le règne de Louis XIV, les Monsigny, dont le nom s'est francisé, connaissent un certain apogée, tant par leur notoriété que par leur fortune. Celui-ci décline hélas peu à peu. Ils abandonnent ainsi, bien avant la Révolution, leur blason et leur particule.
Bien moins soucieux du passé tourmenté de ses aïeux que de l'éducation de sa progéniture, Nicolas Monsigny envoie son fils au Collège des Jésuites wallons de Saint-Omer. Outre l'enseignement rigoureux habituel, Pierre-Alexandre découvre sans peine les rudiments du solfège, aidé en cela par un don évident remarqué par le patron de son père, un riche bourgeois cultivé qui lui fait partager les leçons de musique données à ses enfants par le carillonneur de l'abbaye Saint-Bertin. Il se perfectionne dans ce qui deviendra son Art : la musique devient une idée fixe qui n'est peut-être pas du goût de son père qui ne mourra qu'en 1758. « Si j'allais à Paris, j'y ferais fortune » répétait sans cesse Pierre Alexandre. En 1749, il décide de partir pour la capitale avec pour tout bagage quelques écus en poche, un violon, et une lettre de recommandation. Il entre ainsi chez M. de Saint-Julien, dans les bureaux de la comptabilité du Clergé de France. S'il gagne alors suffisamment d'argent pour subvenir aux besoins de ses proches, la capitale lui offre surtout la possibilité de stimuler davantage sa passion pour la musique. Au cours de l'année 1752, à l'issue d'une représentation de La serva padrona de Pergolèse à l'Opéra, il ne contient pas son enthousiasme. Cet ouvrage décide sa vocation. Audacieux, il veut tenter un changement profond dans l'art musical de son époque. Il devient l'élève de Gianotti, contrebassiste à l'Opéra, auteur d'un « Guide de Composition ». Cinq mois de leçons suffisent pour que ses étonnantes dispositions lui permettent de mettre cet enseignement en application.
C'est en secret, sur un livret de La Ribadière, qu'il écrit Les Aveux indiscrets, son premier opéra-comique, présenté au théâtre de la Foire Saint-Germain le 7 février 1759. Cet ouvrage remporte un accueil chaleureux, ce qui l'encourage à en composer un second, en deux actes, sur un texte de Pierre-René Lemmonier. Le Maître en droit connaît, l'année suivante, les mêmes ovations. Michel-Jean Sedaine, le librettiste à la mode, propose à Monsigny de collaborer avec lui, à la suite du succès de Le Cadi dupé. Leur production commune se révèle des plus heureuses : On ne s'avise jamais de tout, Le Roi et le fermier, Rose et Colas remportent tous trois un grand succès.
Le 15 avril 1766, à l'Académie royale de Musique, son ballet héroïque en trois actes Aline, reine de Golconde ne suscite toutefois qu'un accueil réservé. La critique se montre plus froide encore deux années plus tard, lors de sa création de L'Île sonnante. La musique, il est vrai, conserve sa grâce habituelle de la « patte » élégante et légère de Monsigny. En revanche, le livret de Charles Collé se révèle inadapté et justifie du passage éphémère de l'œuvre à l'affiche de la Comédie-Italienne.
C'est au cours de cette même année 1768 que le compositeur achète la charge de Maître d'hôtel au service du duc d'Orléans. Sedaine lui soumet alors le livret de Le Déserteur sur lequel il compose la partition qui a fait sa gloire. Mais Le Faucon créé en 1771 ne parvient pas à prendre son envol. Le 14 août 1775, La Belle Arsène suscite des critiques mitigées.
En 1777, après le succès de Félix ou l'Enfant trouvé, Monsigny cesse toute composition, sans doute en raison de problèmes de vue. Il est nommé inspecteur général des canaux à Orléans. Au début de l'année 1784, il épouse Amélie de Villemagne, avec qui il vivra paisiblement jusqu'aux troubles de 1789.
La Révolution et la Terreur réduisent le musicien et sa famille à une misère profonde et le plongent dans l'oubli pendant quelques années. Apprenant l'état de pauvreté du compositeur, les sociétaires de l'Opéra-Comique parviennent à lui verser une rente de 2 400 Livres, prouvant leur reconnaissance à l'égard d'un des fondateurs de leur théâtre.
Les années d'adversité s'estompent peu à peu et, avec le temps, Monsigny retrouve sa juste renommée. Il devient inspecteur de l'enseignement au Conservatoire de Musique de Paris, puis en 1804, est fait Chevalier de la Légion d'honneur. Il succède en 1813 à Grétry à l'Académie des beaux-arts. Une cécité totale afflige ses dernières années.
Monsigny s'éteint le 14 janvier 1817 en laissant le souvenir d'un homme modeste, courtois « aux manières simples et élégantes » plein d'une sensibilité qui transparaît tout au long de ses douze œuvres principales.
L’adaptation libre du conte « La Belle et La Bête » par Jean-François Marmontel pour André-Ernest-Modeste Grétry, musicien bien-aimé de la reine Marie-Antoinette, offre un point de départ assez confus.
Le poème né de la plume concise et poétique de Madame Leprince de Beaumont, retenu par Ravel pour figurer dans son recueil Ma Mère L’Oye, s’est effacé. Des contes orientaux et un épisode des « Mille et Une Nuits » en ont dilué les thèmes, évoquant aussi bien les abus paternels (Le roi Lear n’est pas si loin) que la commedia dell’ arte.
Le ton assez sentencieux avec de fréquentes répétitions surprend chez l’encyclopédiste et grammairien, Marmontel. Ainsi le serviteur Ali (A. IV) chante-t-il : « J’en suis encore tremblant !/ C’est comme un char volant/ Ou bien c’est un nuage. / Non c’est un char brûlant / Volant sur un nuage... ».
Certes, cette langue simple et délicate s’accorde avec le tempérament du compositeur – l’air émouvant « Ah ! Quel tourment/ d’être sensible... » (A. III, Azor) en témoigne – mais la faiblesse dramatique d’ensemble décourage l’attention.
Quant au choix de Michel Fau pour la mise en scène, sans remettre en cause un talent aussi percutant que singulier, il ajoute à la confusion.
Outre ses apparitions chorégraphiques personnelles en drag-queen-fée- dominatrice tenant en laisse deux hommes- chiens (on pense au « Pornokrates » du peintre Félicien Rops), son traitement du personnage de la Bête (Azor) relève du contresens.
En effet, la métamorphose kafkaïenne de la Bête en cloporte imberbe, bossu, doté de doigts d’acier rend inutilement cruelle la rivalité entre le père et l’amant et, surtout, introduit un hiatus irréparable avec l’esprit du XVIIIe siècle comme avec le pouvoir d’attraction-répulsion de la « Bête » sur l’inconscient féminin.
André-Ernest-Modeste Grétry (1741-1813) : Richard Cœur de Lion, opéra-comique en trois actes. Enguerrand de Hys (Blondel au CD), Rémy Mathieu (Blondel au DVD), Reinhoud Van Mechelen (Richard), Melody Louledjian (Laurette), Marie Perbost (Antonio, la Comtesse), Geoffroy Buffière (Williams), Jean-Gabriel Saint-Martin (Urbain, Florestan, Mathurin) et six autres solistes du chant. Le Concert spirituel, chœur et orchestre, direction Hervé Niquet. 2019. Livret en français, en anglais et en allemand. Texte complet de l’opéra en français, avec traductions anglaise et allemande. Sous-titres du DVD en français, anglais et allemand.73.18 (CD) ; 87.00 (DVD). Un CD et un DVD Château de Versailles CVS028.
L’homme fera-t-il sa servante de sa compagne ? Se privera-t-il auprès d’elle du plus grand charme de la société ? Pour mieux l’asservir l’empêchera-t-il de rien sentir, de rien connaître ? En fera-t-il un véritable automate ? Non, sans doute ; ainsi ne l’a pas dit la nature, qui donne aux femmes un esprit si agréable et si délié ; au contraire, elle veut qu’elles pensent, qu’elles jugent, qu’elles aiment, qu’elles connaissent, qu’elles cultivent leur esprit comme leur figure. C’est ce que publie Jean-Jacques Rousseau (1712-1776) à propos de l’éducation des femmes dans Emile ou De l’éducation en 1762.
Le destin de Lucile Grétry est exceptionnel à bien des égards : elle est une française, fille d’un musicien né en Principauté de Liège, c’est une enfant prodige et une compositrice d’opérettes dont la première œuvre jouée à la Comédie-Italienne de Paris a connu un immense succès et dont la seconde a essuyé un échec sévère. Après un mariage malheureux, elle décède à l’aurore de sa vie, à 17 ans.
Quel est le destin de cette jeune fille dont le critique Arsène Houssaye (1814-1896), administrateur de la Comédie-Française, a écrit : Sans la mort qui vint la prendre à seize ans (sic), comme sa sœur, le plus grand musicien du XVIIIe siècle serait peut-être une femme.Mais le rameau, à peine vert, cassa à l’heure où le pauvre oiseau commença sa chanson.
André-Ernest-Modeste GRÉTRY (1741 - 1813) L'épreuve villageoise, opéra-bouffe en deux actes
Sophie Junker, soprano, Thomas Dolié, baryton, Francisco Fernández-Rueda, ténor, Talise Trevigne, soprano, Opera Lafayette, dir.: Ryan Brown
2016-DDD-54'00"-Texte de présentation en anglais - 1 CD Naxos 8.660377
André-Modeste GRETRY (1741-1813)
Guillaume Tell
M.LAHO (Tell), A-C. GILLET (Mme Tell), L.LHOTE (Gessler), L.DEVOS (Marie), N.KOWALSKI (Le fils Tell), P.DELCOUR (Melktal), S.CIFOLETTI (Le fils Melktal), R.JOAKIM (Le voyageur), Orchestre et Choeurs de l'Opéra royal de Wallonie, dir.: Claudio SCIMONE
2013-DDD-78' 54''-notice et livret en français, néerlandais, allemand et anglais-chanté en français-1CD Musique en Wallonie MEW 1370
Le compositeur et violoniste autrichien Karl Ditters von Dittersdorf est né à Vienne le 2 novembre 1739 et mort le 24 octobre 1799 au château de Rothlotta en Bohême.
Il montre dès l'âge de 7 ans une vocation pour la musique, notamment avec un talent extraordinaire au violon. En 1751, il obtient un poste auprès du Prince de Saxe-Hildburghausen et étudie la composition avec Giuseppe Bonno.
En 1761, il devient soliste à la Cour impériale. Il parcourt l'Allemagne, accompagne Christoph Willibald Gluck à travers l'Italie en 1763, réside plusieurs années à Berlin et à Vienne.
En 1764, Dittersdorf est engagé pour diriger l'orchestre de l'Evêque de Nagyvárad (en allemand Großwardein, devenue Oradea, en Roumanie), où il succède à Michael Haydn. Il recrute Václav Pichl afin de l'assister.
En 1770, maître de chapelle au service du Comte Schaffgotsch, Prince-Evêque de Breslau, à Johannisberg en Silésie (Prusse), il compose 11 opéras-comiques, parmi lesquels Il viaggiatore americano (Le Voyageur américain, 1770) et enseigne à des élèves comme Jean-Baptiste Vanhal.
À la mort de l'Evêque, en 1795, Ditters perd son poste. Sans ressources et en mauvaise santé, il est engagé par le Baron Ignaz von Stillfried au château de Rothlhotta, en Bohême. Là, sur son lit de mort, il dicte son autobiographie à son fils, qui la publie sous le titre « Lebenbeschreibung » (« L'Histoire de sa vie, par lui-même », Leipzig, 1801).
Lié avec Christoph Willibald Gluck, Joseph Haydn, Pietro Metastasio et Jean-Paul-Égide Martini, il reste, avec plusieurs d'entre eux ainsi que Michael Haydn, Mozart, Krommer et Carl Philipp Emanuel Bach, l'un des compositeurs les plus importants de la période classique. Ses œuvres les plus jouées restent ses pièces pour contrebasse, dont deux concertos pour cet instrument, puis le Concerto pour trompette. On lui doit aussi un Concerto pour alto, des cantates et des pièces pour piano, ainsi que plusieurs opéras-comiques, où il imite le genre d'André Grétry.
Étienne Nicolas Méhul, né le à Givet (Ardennes) et mort le à Paris, est un compositeur français, « le plus important compositeur d’opéras en France pendant la Révolution ». Étienne-Nicolas Méhul est aussi un des fondateurs du Conservatoire de Paris.
Quittant l'Abbaye de Laval Dieu, où il était élève-organiste, pour la capitale, il a traversé en effet l'une des périodes les plus agitées de cette ville, s'attachant essentiellement à la création musicale, même s'il fut aussi le compositeur d'un des plus fameux hymnes patriotiques issus de cette période, le Chant du départ, et il était l'ami de nombreux artistes et écrivains. Il fut un des premiers musiciens dits « romantiques » en France, contribuant à élargir le champ sonore de la symphonie, comme ses contemporains Haydn et Beethoven. Ses opéras ont profondément influencé Hector Berlioz.
Son père, Jean-François, fut d’abord maître d’hôtel du Comte de Montmorency puis modeste marchand de vin à la mort du Comte. Les parents ayant détecté les dons précoces du petit Étienne, mais étant trop pauvres pour lui offrir une éducation musicale régulière, l’enfant reçut ses premières leçons d'un pauvre organiste aveugle appelé « de Givet », dont on ne sait rien. Ses aptitudes étaient telles que, à dix ans, on le nomma organiste des Franciscains au couvent des Récollets, toujours à Givet.
En 1775, un musicien et organiste allemand de l'Abbaye de Schussenried, le moine Guillaume Hanser, fut engagé, par l'Abbé Remacle Lissoir, au Monastère de Laval-Dieu, non loin de Givet, pour y fonder une école de musique. Méhul devint son élève occasionnel, en contrepoint notamment, et son suppléant en 1778. Sur l'orgue de l'église du village qui est l'ancienne chapelle de l'Abbaye, on pouvait lire « Méhul a touché sur cet orgue sous le père Hanser moine et organiste de Laval-Dieu. » C'est pendant ce séjour que le musicien développa sa passion pour les fleurs et surtout pour la tulipe et la renoncule
Âgé de quinze ans en 1779, Méhul vint à Paris grâce à la générosité d’un mécène qui l’avait entendu à la tribune, armé d’une lettre de recommandation à l’intention de Gluck :
Il prit leçons chez Jean-Frédéric Edelmann, un claveciniste fort apprécié à Paris, installé depuis 1775, et lui-même ami de l’idole de Méhul, Gluck. Edelmann, d'origine strasbourgeoise, eut aussi Jean-Louis Adam pour élève et retourna dans sa ville natale dès la Révolution où il fut guillotiné à la fin de la Terreur en juillet 1794 comme robespierriste.
Dès son arrivée, Méhul assista à la première d’Iphigénie en Tauride et en fut très ému.
Ses premières armes de compositeur consistèrent à adapter des airs d’opéras populaires comme Thésée de Gossec. Une Ode sacrée de Jean-Baptiste Rousseau fut jouée au Concert Spirituel en 1782. La première composition publiée de Méhul fut un livre de trois sonates pour pianoforte en 1783 ; il avait tout juste vingt ans. En 1788, un nouveau recueil de sonates forme son opus II. Par ces publications, « Méhul s'imposait là comme l'un des meilleurs représentants de la première véritable école française de piano-forte… ».
En 1786, Méhul rejoint la loge maçonnique l’Olympique de la Parfaite Estime (constituée en 1782), dans sa partie musicale. En cela, il partage ce trait avec de nombreux musiciens de son siècle : Gossec, Cherubini, Devienne, Philidor, Pleyel, Saint-George, Viotti, etc. C'est dans cette loge que les symphonies parisiennes de Joseph Haydn furent interprétées (1787). Plus tard, il compose une musique de scène lyrique pour la Loge du Grand-Sphinx, dont il est membre, à l'occasion de la cérémonie funèbre du de Henri Belleteste, membre de l'Institut d'Égypte.
Aidé et encouragé par Gluck, qui rend consciente sa vocation, Méhul envisage une carrière de compositeur dramatique. En 1785, l’écrivain Valadier lui offre le livret de Cora. Bien que présenté à l’Académie Royale de Musique, l’opéra ne sera monté que six ans plus tard.
À la même époque Méhul trouve, en la personne du librettiste François-Benoît Hoffmann, son collaborateur favori. Il donne le texte de son premier opéra représenté : Euphrosine, ou Le tyran corrigé. La première, à la Salle Favart le , fut un immense succès et a marqué le compositeur par le talent qu’on lui reconnut.
Sa carrière était lancée et c’était le début d’une longue relation avec le théâtre de la Comédie Italienne (renommé Opéra-Comique en 1793).
En dépit de l’échec de Cora, présenté seulement le , et de l’interdiction d’Adrien par la Commune de Paris pour raisons politiques en , Méhul a consolidé sa réputation avec des œuvres telles Stratonice (Favart, ) ou bien Mélidore et Phrosine (Favart, ).
Durant la Révolution, Méhul a composé de nombreux chants patriotiques et des pièces de propagande. Le plus célèbre étant le Chant du départ (1794) sur un poème de Chénier, qui est comme une seconde Marseillaise. L’engagement de Méhul fut récompensé par sa nomination à Institut de France en 1795, avec François-Joseph Gossec et André Grétry. La même année, il obtient un des cinq postes d’inspecteurs du Conservatoire de Paris, lors de sa fondation le 3 août, sous l'initiative de Bernard Sarrette, Capitaine de la Garde nationale. Le musicien en devint l'un des membres les plus dynamiques. Méhul est aussi « le plus important compositeur d’opéras en France pendant la Révolution8 ».
Dans la nouvelle institution, où il exerça jusqu'en 1816, il eut pour élève notamment Louis-Joseph-Ferdinand Herold.
Méhul était en bons termes avec Napoléon Ier : il devint l’un des premiers Français à recevoir la Croix de Chevalier de la Légion d'honneur (1804), en même temps que François-Joseph Gossec et André Grétry.
En 1807 il obtient le second Prix de Rome (le premier n’est pas décerné) avec une Cantate Ariane à Naxos. Ce prix est partagé avec Fétis.
Le succès des opéras de Méhul ne fut pas si grand aux débuts du xixe siècle qu’à la fin du xviiie siècle, cependant des œuvres tel Joseph (1807) furent célèbres. Le Premier Consul Napoléon, qui appréciait beaucoup la musique vocale, récompensera l’ouvrage. Deux arias notamment : Champs paternels, Hébron, douce vallée et À peine au sortir de l’enfance furent très populaires. L’opéra fit carrière à l’étranger, particulièrement en Allemagne.
En revanche, l’échec de son opéra Les Amazones en 1811 (présenté à l’Opéra le 17 décembre) fut un coup sévère et a clos sa carrière de compositeur pour le théâtre. Il prit alors une retraite bien méritée, dans sa maison de Pantin, pour cultiver « les œillets, les oreilles d'ours et surtout les renoncules, les jacinthes et les tulipes, ses fleurs les plus favorites » (Cherubini).
En dépit de ses liens avec Napoléon, la carrière musicale de Méhul ne pâtit point de la Restauration, d'autant qu'il sut ne pas se compromettre durant les Cent jours. Ainsi il est nommé au Conservatoire en 1816. Retiré un temps à Hyères entre janvier et mai pour y trouver un peu de repos et un soulagement à sa phtisie (tuberculose), le compositeur mourut de cette maladie à Paris le matin du , chez lui, no 28 rue de Montholon, âgé de 54 ans.