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Barbara Hannigan dévoile sa première saison à la tête de l'Orchestre Symphonique d'Islande

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L'Iceland Symphony Orchestra vient d'annoncer sa saison 2026-2027, la première de l'ère Barbara Hannigan comme cheffe principale et directrice artistique. Une saison ambitieuse qui place le pianiste français Bertrand Chamayou en résidence et le compositeur islandais Hugi Guðmundsson au cœur d'un programme placé sous le signe de l'aventure et du partage.

« Both are essential. Both are for everyone. » La formule, signée Barbara Hannigan, résume l'esprit de cette première saison à Reykjavík : tradition et inconnu, répertoire ancré et territoires inexplorés, le tout offert à chaque auditeur sans hiérarchie. La cheffe canadienne, qui avait dirigé l'orchestre pour la première fois en 2021, prend officiellement les rênes de la phalange islandaise à l'automne et imprime d'emblée une marque forte.

Une ouverture sans entracte

Le ton est donné dès le 3 septembre 2026 avec le concert Attacca! — quatre œuvres enchaînées sans pause : From the Steeples and Mountains de Charles Ives, la création mondiale d'Undark de Hugi Guðmundsson, le 4'33" de John Cage et la Première Symphonie de Mahler. Hannigan reviendra tout au long de l'année dans son double rôle de cheffe et de soprano, qu'elle assume notamment dans Les Illuminations de Britten (10 septembre, dans un programme Roussel-Messiaen-Ravel) ou dans le Prométhée, Poème du feu de Scriabine avec scénographie lumineuse de Fabiana Piccioli (11 février 2027).

Bertrand Chamayou, artiste en résidence

Pour sa première résidence à Reykjavík — « j'ai toujours rêvé d'aller en Islande », confie-t-il —, Bertrand Chamayou se livre à un autoportrait en quatre rendez-vous : le Concerto en sol de Ravel couplé aux Oiseaux exotiques de Messiaen (10 septembre), un récital Songs without Words parcourant Mendelssohn, Ives, Schumann/Liszt, Crumb, Kurtág et la Wanderer Fantasy de Schubert (11 septembre), le Prométhée de Scriabine (11 février), enfin un récital en duo avec Hannigan autour de Messiaen, Scriabine et John Zorn (13 février). Une partition idéale pour ce pianiste dont la double exigence — virtuosité française et écoute du contemporain — épouse parfaitement le projet de l'orchestre.

Deux créations mondiales pour Hugi Guðmundsson

Compositeur en résidence, l'Islandais Hugi Guðmundsson signe deux créations mondiales : Undark en ouverture, et surtout Freyja le 27 mai 2027, œuvre écrite à six mains avec Hannigan et l'auteure canadienne Julie Salverson. Le livret s'inspire de la figure de Margrét Benedictsson (1866-1956), Islandaise émigrée au Canada à 21 ans devenue militante des droits des femmes et des enfants — un sujet qui résonne avec l'identité même de l'orchestre.

Une saison à plusieurs entrées

La programmation conjugue piliers symphoniques (Mahler 1, Beethoven 2 et 9, Bruckner 2 et 5, Brahms 1, Mozart 41), création contemporaine internationale (Brett Dean avec Isabelle Faust, Tan Dun dirigeant son Water Concerto, Thomas Adès joué par Johan Dalene, Erkki-Sven Tüür, Magnus Lindberg, Clara Iannotta) et un fort ancrage islandais avec la création mondiale posthume de The Deep – Requiem de Hjálmar H. Ragnarsson, la première islandaise des Shadows of Solace d'Anna Thorvaldsdóttir, et des œuvres de Bára Gísladóttir, Kjartan Sveinsson, Þuríður Jónsdóttir et María Huld Markan Sigfúsdóttir.

Le plateau d'invités impressionne : Isabelle Faust, Alina Ibragimova, Carolin Widmann, Elisabeth Leonskaja, Stefan Dohr, Avi Avital, Reginald Mobley côté solistes ; Edward Gardner, John Storgårds, Ingo Metzmacher, Eva Ollikainen, Giovanni Antonini, Andris Poga, Tomáš Hanus (chef invité principal) côté direction. Sans oublier un volet cinéma soigné — Ennio Morricone The Symphonic Experience, Psycho de Hitchcock/Herrmann en ciné-concert, Joe Hisaishi dirigeant Hisaishi le 2 avril, et Le Roi Lion sur la partition de Hans Zimmer.

Une saison-manifeste, qui confirme que l'Iceland Symphony Orchestra entend, sous l'impulsion de Hannigan, devenir l'un des laboratoires symphoniques les plus singuliers de la scène nordique.

Programme complet : en.sinfonia.is

Bozar dévoile sa saison musicale 2026-2027 : « Reassembling »

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Le Palais des Beaux-Arts vient de dévoiler sa nouvelle saison musicale '26-'27, placée sous le signe du Reassembling — recomposer, mais aussi se rassembler à nouveau. Quelque 180 concerts articulés autour d'une ligne directrice claire : la reconnexion entre passé et futur, entre genres, disciplines, artistes et publics. Premier Grand invité de la maison : l'artiste sud-africain William Kentridge, dont la pratique multidisciplinaire incarne l'esprit de la saison.

Quatre portraits d'artistes

La compositrice islandaise Anna Thorvaldsdottir sera programmée à sept reprises, notamment par le Belgian National Orchestra, qui investira la Galerie Ravenstein pour Metaxis (21 juin '27), ainsi que par Het Collectief et le Quatuor Diotima. La soprano trinidadienne Jeanine De Bique croisera Vivaldi, Rameau et chants caribéens avec Apollo's Fire (Echoes across the Atlantic, 18 novembre '26). Le pianiste Pavel Kolesnikov abordera les Nocturnes de Chopin (7 novembre '26) avant de se produire en soliste avec le Belgian National Orchestra (26 février '27). Enfin, la pionnière électronique américaine Jlin présentera un set live (9 octobre '26), une œuvre acousmatique sur l'Acousmonium (30 janvier '27) et une commande de Bozar avec Third Coast Percussion et Ictus (21 mars '27).

Séries thématiques et festivals

La nouvelle série Echoes of Brussels explorera la mémoire sonore de la capitale, du palais du Coudenberg (6 décembre '26) à la bande-son immersive de l'Expo 58 (27 janvier '27). Un festival Stravinsky (2-7 février '27) réunira la Symphonie de psaumes, Le Sacre du printemps et Petrouchka. À noter également le Total Immersion Festival (24-31 janvier '27), ARCTIC FEVER! avec Ars Musica (15 novembre '26 – 4 décembre '26) et le Klarafestival (11-21 mars '27).

Grandes signatures internationales

Sur le tout nouveau Steinway acquis en janvier : Grigory Sokolov (15 décembre '26), Hélène Grimaud (19 mars '27) et Bruce Liu (14 mai '27). Côté orchestres : le Cleveland Orchestra & Franz Welser-Möst (8 octobre '26), le City of Birmingham Symphony Orchestra & Kazuki Yamada (14 novembre '26) et le Budapest Festival Orchestra & Iván Fischer (4 avril '27).

Transmusicalité et formats innovants

La Salle M rénovée accueillera l'ambient et l'électronique avec William Basinski (23 septembre '26), Sega Bodega (24 septembre '26) et Okkyung Lee (10 novembre '26), ainsi que la série mensuelle Bozar Bassment. Un double hommage John Coltrane / Alice Coltrane (centenaire et 90 ans) sera mené en partenariat avec l'Ancienne Belgique : concerts de Flat Earth Society, Aaron Parks, Joe Lovano (11 novembre '26) et Ravi Coltrane (8 mars '27, Journée internationale des femmes).

Le format Staging the Concert verra dialoguer les vidéos de William Kentridge avec Schubert et Chostakovitch (14 avril '27), tandis qu'Isabelle Faust redonnera vie à L'Histoire du soldat avec les marionnettes conçues par Georg Baselitz pour le Salzburger Marionettentheater (27 septembre '26). Nouveauté : Resonant Rooms, soirée itinérante de salle en salle avec un seul ticket — Pavel Kolesnikov (8 mai '27), Eric Thielemans (16 février '27) et le duo Merope (24 avril '27).

Un « plaidoyer pour la nuance »

Bozar consacre une partie de son communiqué à la controverse autour du concert prévu en novembre du Münchner Philharmoniker sous la direction de Lahav Shani, avec Janine Jansen en soliste — concert inscrit dans une tournée européenne (Vienne, Amsterdam). Christophe Slagmuylder, CEO et directeur artistique, justifie le maintien du concert : Bozar se prononce « sans ambiguïté contre la guerre à Gaza et contre le génocide », mais considère que Shani « n'est pas ici en tant que représentant d'Israël, mais en tant que chef d'orchestre d'un orchestre allemand » qui s'est lui-même prononcé contre la guerre. Une décision présentée comme cohérente avec l'esprit même du mot d'ordre Reassembling, dans un monde marqué par la polarisation.

Le site de Bozar : www.bozar.be

A Genève, un magnifique Orchestre Symphonique d'Islande

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Pour la première fois, l’Iceland Symphony Orchestra, qui a été fondé en 1950, se produit en Suisse grâce à l’invitation du Pour-cent culturel Migros qui lui a organisé trois concerts à Genève, Berne et Zürich.  Et c’est sous la direction de la Finlandaise Eva Ollikainen, sa cheffe attitrée et directrice artistique, que s’effectue cette tournée qui a pour soliste l’artiste en résidence, le violoncelliste Kian Soltani, né à Bregenz dans une famille d’origine persane.

Par une page de la compositrice islandaise Anna Thorvaldsdottir, Archora, commence le programme. Présente dans la salle, l’auteure vient sur scène pour expliquer son œuvre au micro de Mischa Damev, le directeur artistique du Service Culturel Migros. Le mot archora est la fusion de deux mots grecs anciens, archè, signifiant début, origine, principe et chôra, espace ou réceptacle. Elle nous parle d’un monde archaïque aussi familier qu’étrange, statique et en pleine transformation. Et Eva Ollikainen, qui en a assuré la création mondiale avec le BBC Symphoy Orchestra le 11 août 2022 lors des Proms, en dégage la dimension spatiale en accumulant des strates que ponctuent sauvagement les clusters de contrebasse puis la percussion. Les éléments qui semblent se désagréger font table rase devant une avancée du tutti parvenant à une péroraison solennelle soutenue par le tremolo des cordes.

Intervient ensuite Kian Soltani, interprète du Concerto pour violoncelle et orchestre en mi mineur op.85 d’Edward Elgar. Par un trait volontairement râpeux, le soliste développe son récitatif, avant d’empreindre le motif du Moderato d’inflexions nostalgiques sur le pianissimo ténu des cordes. Sa sonorité concentrée assouplit les lignes, tout en se mariant au tutti dans un lyrisme généreux débouchant sur un Allegro molto où il semble improviser, tant il se joue des traits les plus périlleux. Par contre, sur un canevas en demi-teintes, l’Adagio est un cantabile à fendre l’âme par ses pianissimi éthérés. Mais une cadenza pathétique concède une fière attaque du Final où la virtuosité cède le pas face à cette nostalgie omniprésente, rendant d’autant plus surprenant le tutti conclusif semblable à un ultime coup de chapeau. En réponse aux hourras du public, Kian Soltani sollicite le soutien du pupitre des violoncelles pour présenter, en ce jour du nouvel an persan, une mélodie populaire ancienne, La Fille de Shiraz, incantation qui fascine l’auditoire.

Forum des jeunes compositrices et compositeurs avec Minzuo Lu

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Le 12 décembre, l'Académie bavaroise des beaux-arts invite au dixième concert de la série « Forum des jeunes compositrices et compositeurs » avec Minzuo Lu.
Au programme, des œuvres de Krzysztof Penderecki, Wolfgang Rihm, Xiaoyong Chen, Anna Thorvaldsdottir, Caroline Shaw et l'œuvre commandée à Minzuo Lu en création mondiale. Les interprètes sont l'ensemble der/gelbe/klang avec Nina Takai (violon), Alba Gonzáles i Becerra (alto), Katerina Giannitsioti (violoncelle), Sophie Lücke (contrebasse) et Marco Riccelli (piano).

Promotion de la relève et élargissement du répertoire
La série « Forum des jeunes compositeurs » a été créée en 2012 comme projet d'initiative de la Fondation Ernst von Siemens pour la musique en collaboration avec l'Académie bavaroise des beaux-arts. Dans ce cadre, l'Académie passe chaque fois une commande de composition dotée de 3.000 € à un jeune compositeur ou une jeune compositrice. En accord avec le département Musique de l'Académie bavaroise des beaux-arts, il ou elle organise et gère également le programme cadre de la première représentation avec de la musique des 20e et 21e siècles. Le projet sert à la promotion des jeunes talents tout comme à l'élargissement du répertoire de la musique contemporaine.

 

Clavecin moderne et contemporain, deux nouvelles parutions avec Luca Quintavalle et Mahan Esfahani

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Musickè, The Art of Muses, Harpsichord music by contemporary female composers. Augusta read Thomas (*1964) ; Ursula Mamlok (1923-2016) ; Tania León (*1943) ; Graciane Finzi (*1945) ; Karola Obermüller (*1977) ; Errollyn Wallen (*1958) ; Santa Ratniece (*1977) ; Anna Thorvaldsdottir (*1977) ; Sofia Gubaidulina (*1931) ; Misato Mochizuki (*1969). Luca Quintavalle, clavecin. 2021-2022. Livret en anglais. TT 76’47. Brilliant 96476

Harpsichord concertos. Bohuslav Martinů (1890-1959) : Concerto pour clavecin et petit orchestra H246.  Hans Krása (1899-1944) : Kammermusik pour clavecin et sept instruments. Viktor Kalabis (1923-2006) : Koncert pro cembalo a smyčcovyý orchestr Op. 42. Mahan Esfahani, clavecin. Alexander Liebreich, Orchestre symphonique de la Radio de Prague. 2021. Livret en anglais, français, allemand. TT 60’34. Hyperion CDA68397