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 Rusalka  d’Antonín Dvořák au Národní divadlo de Brno

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Rusalka encore ! Après un long purgatoire, cet opéra est dorénavant souvent programmé, comme à l’Opéra royal de Wallonie-Liège en janvier dernier par exemple. Une présence bienvenue, musicale toujours, vocale le plus souvent, scénique aussi comme cette fois-ci à Brno.

Il est vrai que son livret est inspiré d’un conte que l’on retrouve un peu partout en Europe sous divers prénoms : « Rusalka », « Ondine », « Mélusine ». La petite nymphe des eaux qui, follement éprise d’un beau prince venant régulièrement se baigner dans ses eaux, veut devenir humaine afin de pouvoir enfin l’étreindre « pour de vrai ». Oui, malgré la douleur d’Ondin, l’Esprit des eaux, et grâce à l’intervention de la sorcière Jezibaba, elle le pourra. Mais à un prix terrible : elle deviendra muette et son histoire amoureuse, si elle se termine mal, coûtera la vie au bien-aimé. Le prince va vite se lasser ; une belle princesse étrangère va vite s’en mêler ; Rusalka, désespérée, rejoindra ses eaux originelles. Mais le prince, ayant finalement tout compris, la rejoindra pour un baiser final fatal.

Beaucoup d’émotions donc qui justifient la fascination pour le conte. Mais aussi et surtout, et c’est cela qui nous intéresse, beaucoup d’émotions merveilleusement mises en musique et en voix par Antonín Dvořák. Une partition aux atmosphères envoûtantes, que ses thèmes récurrents magnifient. Avec aussi de si délicates interventions instrumentales solistes (harpe, hautbois, flûtes, cordes) qui disent à leur façon ce que les airs et les mots chantent. Cette musique-là n’accompagne pas, elle est personnage elle aussi.

A Brno, en Tchéquie, elle est idéalement exprimée par des musiciens dont c’est « la langue natale », ils « parlent le  Dvořák ». Et cette partition, que j’ai eu le bonheur d’entendre récemment ailleurs, sonne autrement. Idéalement accomplie par la magnifique acoustique du Théâtre Janáček  Et surtout dirigée comme il convient par le chef d’orchestre des lieux, Marko Ivanović. L’orchestre et son chef s’entendent manifestement bien.

Antonin Dvorak, 120 ans

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Le compositeur tchèque Antonín Dvořák est né le 8 septembre 1841 à Nelahozeves (royaume de Bohême) et mort le 1er mai 1904 à Prague.

Ses parents se rendent compte assez tôt des capacités musicales de leur fils et lui font quitter l'école pour l’envoyer en 1853 chez un oncle de Zlonice, où il apprend l’allemand, la langue officielle de l’administration impériale autrichienne, et améliore la culture musicale qu’il avait acquise avec l'orchestre du village. Si des biographies du XXe siècle affirment qu'il a été envoyé à Zlonice pour apprendre le métier de son père (boucher du village) et celui d'aubergiste, il a été prouvé que le certificat d'apprentissage était un faux.

Il poursuit ses études à Česká Kamenice et il est accepté en 1857 à l’école d’orgue de Prague, où il reste jusqu’en 1859. Diplômé et lauréat d'un second prix, il rejoint la Prager Kapelle de Karl Komzak, un orchestre de variétés où il tient la partie d’alto.
En 1862, la Prager Kapelle est intégrée au nouvel orchestre du Théâtre provisoire de Prague, ainsi nommé dans l’attente de la fondation d'un véritable opéra -le Théâtre national de Prague verra le jour en 1881, mais il devra être une nouvelle fois inauguré en 1883 à la suite d’un incendie.

Son expérience de musicien d’orchestre lui permet de découvrir de l'intérieur un vaste répertoire classique et contemporain. Il joue sous la baguette de Bedřich Smetana, Richard Wagner, Mili Balakirev… et trouve le temps de composer des œuvres ambitieuses, dont deux premières symphonies en 1865.

Dvořák démissionne de l’orchestre en 1871 pour se consacrer à la composition. Il vit de leçons particulières, avant d’obtenir un poste d’organiste à l’église Saint-Adalbert (1874).

Alors qu’il obtient ses premiers succès locaux (cantate Hymnus en 1873 sous la direction de son ami Karel Bendl), un jury viennois reconnaît la qualité de ses compositions et lui octroie une bourse qui sera renouvelée cinq années consécutives. Cela lui permet d’entrer en contact avec Johannes Brahms, qui deviendra son ami et le présentera à son éditeur Fritz Simrock. D’autres musiciens illustres comme les chefs d’orchestre Hans von Bülow et Hans Richter, les violonistes Joseph Joachim et Joseph Hellmesberger, et plus tard le Quatuor tchèque, auront fait beaucoup pour la diffusion de sa musique.

Son Stabat Mater, les Danses slaves et diverses œuvres symphoniques, vocales ou de musique de chambre le rendent célèbre. L’Angleterre le plébiscite. Dvořák s'y rend à neuf reprises pour diriger ses œuvres, notamment ses cantates et oratorios très appréciés du public britannique. La Russie, à l'initiative de Piotr Ilitch Tchaïkovski, le réclame à son tour, et le compositeur tchèque fait une tournée à Moscou et à Saint-Pétersbourg (mars 1890).

Célèbre dans tout le monde musical, il est nommé de 1892 à 1895 directeur du Conservatoire national de New York. Il y tient une classe de composition. Sa première œuvre composée aux États-Unis est la 9e symphonie, dite La symphonie Du Nouveau Monde. Son succès est foudroyant et ne s'est jamais démenti depuis la première audition. Une juste reconnaissance qui masque pourtant la beauté et l’originalité des autres symphonies de maturité. Son intérêt pour la musique noire soulève une très vive controverse dont on perçoit l’écho sur le Vieux Continent. Son séjour en Amérique du Nord voit naître d’autres compositions très populaires, comme le 12e Quatuor (dans lequel il emploie des procédés caractéristiques du blues) et le célèbre 2e Concerto pour violoncelle, qui sera terminé sur le sol européen.

De retour en Bohême, où il retrouve sa douce vie à la campagne, il compose plusieurs poèmes symphoniques : L’Ondin, La Sorcière de midi, Le Rouet d’or, Le Pigeon des bois, inspirés par les légendes mises en vers par Karel Jaromír Erben. Dvořák renouvelle le genre en inventant un procédé de narration musicale fondé sur la prosodie de la langue parlée. Ce procédé dit des « intonations » sera repris par Leoš Janáček.

La fin de sa vie est surtout consacrée à la composition d’opéras dont le plus célèbre reste Rusalka, créé en 1901. Pendant cette période, il dirige également le Conservatoire de Prague.

Son œuvre est immense et variée, pour le piano, la voix (lieder), divers effectifs instrumentaux dont l’orchestre symphonique, la musique de chambre, l’opéra, la musique religieuse. Elle est recensée de façon thématique et chronologique dans le catalogue de Jarmil Burghauser.

Sa musique est colorée et rythmée, inspirée à la fois par l’héritage savant européen et par l'influence du folklore national tchèque mais aussi américain (negro spirituals ou chansons populaires). Dvořák est l'un des rares exemples de compositeur romantique ayant abordé avec succès tous les genres, à la seule exception du ballet. Il était considéré de son vivant comme un personnage de stature internationale. En 1904, quelques semaines avant sa disparition, des émissaires de la mairie de Paris firent un voyage en Bohême pour lui remettre une Médaille d'or décernée par le conseil municipal.

Parmi ses meilleurs interprètes,  on trouve ses compatriotes comme l’Orchestre Philharmonique tchèque, les chefs Václav Talich, Zdeněk Chalabala, Rafael Kubelík, Karel Ančerl, le Quatuor de Prague, le Trio tchèque, le chef Sir Charles Mackerras et son arrière-petit-fils, le violoniste Josef Suk -une liste non exhaustive qui ne saurait faire oublier le caractère universel de cette musique.

Antonín Dvořák dans le Missouri 

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Antonín Dvořák (1841-1904) : Concerto pour violoncelle en si mineur, Op.104. B191 ; Klid, Op.68. N°5 ; Rondo en sol mineur, Op.94.B.181 ; Romance en fa mineur, op.11.B.39 ; Mazurek en mi mineur, Op.49.B.90.  Zara Nelsova, violoncelle ; Ruggiero Ricci, violon.  St Louis Symphony Orchestra, Walter Susskind. 1974. Livret en anglais. 63’18’’. VOX CD 3034 CD

Antonín Dvořák (1841-1904) : Concerto pour violon en la mineur, Op.53.B.108 ; Concerto pour piano en sol mineur, Op.33.B.63. Ruggiero Ricci, violon. Rudolf Firkušný, piano ; St Louis Symphony Orchestra, Walter Susskind. 1974 et 1975. Livret en anglais. 66’05’’. VOX NX 3035 CD

12e Quatuor à cordes « Américain » d’Antonin Dvorak, 130 ans

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Le Quatuor à cordes no 12 en fa majeur, B. 179 (op. 96) « Américain », écrit pendant les vacances d’été de 1893 à Spillville dans l’Iowa, peuplée d’une importante colonie tchèque (notamment des agriculteurs immigrés qui appréciaient avec nostalgie la musique de Dvořák à l’église), est l’une des œuvres de musique de chambre les plus connues d’Antonín Dvořák.

Ainsi, comme dans sa neuvième symphonie, ce n’est pas seulement l’Amérique qui est évoquée, mais également l’Europe centrale. Les quatre mouvements (respectivement Allegro ma non troppo, Lento, Molto vivace et Finale vivace ma non troppo) furent esquissés en moins d’une semaine et la composition de l’ensemble prit à peine quinze jours. Dvořák travailla donc dans un sentiment d’euphorie, sinon de facilité. Comme si les impressions exotiques des espaces américains s’étaient accordées idéalement, pendant ce beau mois de juin 1893, avec son tempérament ‘slave’. Ce mariage plein de lumière est perceptible dans les gammes pentatoniques du premier mouvement, dans le lyrisme rêveur du Lento (musique tchèque ou ‘blues’ ?), et dans les trilles du scarlet tanager, une fauvette que Dvořák entendit dans son jardin et dont il reproduisit le chant à l’apogée du Molto vivace. Mais la substance de l’œuvre demeure la nostalgie du pays natal, que souligne la beauté lumineuse des ultimes mesures (après l’imitation, ou plutôt la transfiguration, d’un gospel song dont la mélancolie traverse le dernier mouvement, imprégné tout entier par l’esprit de la danse).

Originellement composée pour quatuor à cordes, cette œuvre a été transcrite par David Walter pour Quintette à vent (flûte, hautbois, clarinette, cor et basson) en fa majeur, et par Bertrand Hainaut pour le Quatuor Anches Hantées, quatuor de clarinettes (3 clarinettes + 1 clarinette basse). Il a été aussi transcrit et interprété par le Quatuor Habanera (quatuor de saxophones).

"Symphonie Nr. 9 op. 95" d’Antonín Dvorák, 130 ans

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La Symphonie no 9 en mi mineur, B. 178 (op. 95) « Du Nouveau Monde » (en tchèque : Symfonie č. 9 e moll « Z nového světa ») est composée par Antonín Dvořák en 1893 et exécutée le 16 décembre de la même année au Carnegie Hall par l'Orchestre Philharmonique de New York sous la direction d'Anton Seidl.
Elle est la plus connue des symphonies de Dvořák et l'une des œuvres les plus populaires du répertoire symphonique moderne.

Dvořák la compose durant son séjour aux États-Unis (1892-1896) alors qu'il travaille comme directeur du Conservatoire de New York et vit sur la Première avenue de Manhattan.
La partition est écrite entre janvier et mai 18931.

Le deuxième mouvement est le plus reconnu par la nostalgie qui en émane. Dans un article publié le 15 décembre 1893 dans le New York Herald, Dvořák explique en quoi la musique des Indiens d'Amérique a influencé sa symphonie : Je n'ai utilisé aucune des mélodies indiennes. J'ai simplement écrit des thèmes originaux englobant les particularités de cette musique et, utilisant ces thèmes comme sujets, je les ai développés avec les moyens des rythmes modernes, contrepoints et couleurs orchestrales.

Dans le même article, Dvořák indique qu'il considère le deuxième mouvement comme une étude pour une future œuvre, soit une cantate ou un opéra... qui sera fondée sur The Song of Hiawatha de Longfellow (il n'écrivit jamais cette œuvre). Il précise également que le troisième mouvement scherzo est inspiré d'une scène de fête dans Hiawatha pendant laquelle les Indiens dansent.

La symphonie est créée le 16 décembre 1893 au Carnegie Hall, sous la direction d'Anton Seidl.

Neil Armstrong emporta un enregistrement audio de cette symphonie lors de la mission Apollo 11, la première à déposer un homme sur la Lune, en 19695,6.

La partition qui a été publiée présente quelques différences avec le manuscrit de Dvořák. La partition publiée est la version pratiquement toujours jouée aujourd'hui. Cependant la version originale écrite par Dvořák a été défendue par le chef Denis Vaughan, qui l'a interprétée pour la première fois le 17 mai 2005 avec l'Orchestre Philharmonique de Londres au Royal Albert Hall à Londres.

 

Antonín Dvořák, 180 ans

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Antonín Dvořák est né en 1841. Fils d'un aubergiste, il devait devenir boucher, mais il est parti à Prague à l'âge de seize ans pour étudier à l'école d'organistes.
En 1862, il est altiste au Théâtre National de Prague.
Marqué par la musique de Liszt, Wagner et Schumann, il reçoit en 1875 une bourse d'État grâce à la médiation de Johannes Brahms.
De 1892 à 1895, il dirige le Conservatoire national de New York et, à partir de 1901, le Conservatoire de Prague. On le surnomme le "Brahms tchèque" mais il a développé son propre style, fougueux et folklorique, qui a fait de lui, avec Smetana, le principal représentant de la musique nationale tchèque.
Dvořák est mort à Prague le 1er mai 1904.

Musiques en Pistes : le Concerto en si mineur pour violoncelle et orchestre d'Antonin Dvorak op. 104

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Dans la mesure où à peu près la moitié des concurrents du Reine Elisabeth lors de cette première session consacrée au violoncelle ont mis à leur programme de finale le concerto de Dvorak, il y a beaucoup de chance que nous l'entendions à plusieurs reprises la semaine du 29 mai au 3 juin. Afin de vous y préparer, nous lui consacrons ce Musiques en Pistes. Bonne écoute !