Résultats de la recherche pour : Benjamin Graves

Benjamin Bernheim et Marina Viotti en tandem dans  Werther 

par

La mise en scène, en apparence classique et minimaliste, de Christof Loy fait la part belle au couple Werther-Charlotte, non sans une certaine mise en exergue des côtés les plus ténébreux du personnage éponyme ainsi que des aspects les plus intimistes de la musique de Massenet.

Christof Loy a beau avoir pour langue maternelle celle de Goethe, il découvrit toutefois le personnage de Werther au travers du livret de Massenet. En résulte un traitement du personnage plus sombre et moins sympathique qu’à l’accoutumée. Dans cette scénographie signée Johannes Leiacker, tout est pourtant d’un classicisme apparent saupoudré d’un fétichisme de la symétrie. Une sorte de vestibule occupe l’avant-scène ; la quasi-totalité de l’action s’y déroulera, ce qui permettra de faire la part belle à la projection des chanteurs, donnant sur un jardin d'hiver dans lequel le jeune poète ne pénétrera que pour se suicider. L’ensemble donne l’impression d’une temporalité allongée, au-delà des quelques mois mentionnés dans le livret. Côté dramaturgie, soulignons le bon usage des passages orchestraux pour souligner l’évolution de l’intrigue, malheureusement ternie par une direction d’acteur du rôle de Werther peu crédible et assez froide dans les derniers instants, en contraste avec le reste.

Dans le rôle-titre, Benjamin Bernheim déploie son timbre à la pureté désarmante, avec une musicalité tout en délicatesse dans les phrasés, maintenant en permanence de faire varier l’intensité de la projection à sa guise, exception faite d’un « rejette dans la nuit ton fils infortuné » légèrement recouvert par l’orchestre. La longueur de souffle est impeccable, et le duo ainsi que le cuivre du timbre par moment exacerbés par des harmoniques aigus légèrement prédominants par passage. Dans « Pourquoi me réveiller », les aigus apparaissent outrageusement aisés et le ténor nous offre un moment d’une intensité musicale rare, serti d’une très bonne longueur de phrasé, et est logiquement particulièrement ovationné.

Triomphal Bal masqué à l’Opéra de Paris

par

L’assassinat du roi de Suède au cours d’un bal inspira l’opéra d’Auber, Gustave III ou le bal masqué, transposé par Verdi dans l’Amérique coloniale du XVIIe siècle afin d’éviter les foudres de la censure. Cette heureuse translocation apporte au chef d’œuvre secret de Verdi une dimension d’étrangeté où tout semble possible.

Le décor monumental en noir et blanc entourant le trône surmonté d’ un aigle géant n’étonne même pas et dessine un espace mental propice aux émotions. De la masure satanique d’Ulrica aux totems du champ d’exécution jusqu’au ballet aérien du dernier acte, l’onirisme s’ajuste aux intentions du compositeur. 

La structure dramatique s’appuie, en effet, sur celle de la tragédie lyrique française, elle-même issue de l’opéra italien. Les épreuves traversées par les héros, celles de Riccardo en particulier, s’apparentent ainsi au parcours d’Alcide dans la tragédie lyrique de Lully, Alceste ou le triomphe d’Alcide (1674).  Riccardo aspire, lui aussi, à un idéal de gouvernement et à celui d’un amour sublimé. Il traverse les Enfers (Antre de la sorcière Ulrica) brave le destin (sous le gibet et au bal) pour  accéder à une forme d’accomplissement spirituel s’offrant en sacrifice au nom d’un amour supérieur tout en pardonnant à ses ennemis. Les travestissements permanents des uns et des autres – jusqu’au titre même – comme le mélange des genres bouffe et seria venus de l’univers baroque sous-tendent constamment une partition où Verdi se joue des codes belcantistes et en exploite la puissance.

À la Philharmonie, le Gewandhaus inaugure la première des Prem’s

par

Pour cette nouvelle saison 2025-2026, la Philharmonie de Paris lance un nouveau festival symphonique : les Prem’s. Clin d’œil assumé aux fameuses Proms de Londres (abréviation de « Promenade Concerts », c'est-à-dire un concert où les gens peuvent déambuler librement), les Prem’s n’en ont cependant pas l’envergure : quand 5000 spectateurs sont debout à Londres, ils ne sont que 700 à Paris, au parterre. Bien entendu, cela fait partie de la volonté de démocratiser la musique, qui est dans l’ADN de la Philharmonie : les places sont à 15 €.

Quatre orchestres étaient invités. Avant le Berliner Philharmoniker, la Scala de Milan et l’Orchestre de Paris, c’est le Gewandhaus de Leipzig qui lançait la fête. Et doublement : sous la direction de son directeur musical (depuis 2018) Andris Nelsons, il donnait deux concerts, deux soirs de suite, avec des programmes tellement copieux qu’ils auraient pu remplir trois soirées !

Un dimanche à Fécamp avec Les Musicales de Normandie : 2 églises, 2 concerts, 2 mondes

par

Les Musicales de Normandie, ce sont, pendant tout l’été, cinquante concerts dans plusieurs dizaines de lieux caractéristiques du patrimoine architectural des départements de Seine-Maritime et de l’Eure. En ce dimanche, ce festival était à Fécamp, pour deux concerts le même jour, dans deux sublimes églises de cette ville portuaire : l’immense Abbatiale de la Trinité, chef-d'œuvre du gothique primitif, l’après-midi, et l’église Saint-Étienne, de dimensions moindre et un peu plus récente mais non moins admirable, le soir.

16 h : Benjamin Alard au grand orgue de l’Abbatiale de la Trinité

Le seul récital d’orgue de ce festival a été confié à Benjamin Alard. Si sa réputation est maintenant internationale, il est né, et a fait ses premières études musicales en Normandie, avant de partir à l’étranger. Sa mère étant originaire de Fécamp, peut-être connaît-il bien l’orgue de cette abbatiale. Entièrement reconstruit par Aristide Cavaillé-Coll en 1883, il comportait alors 34 jeux, répartis sur 3 claviers. En 1910, un clairon a été ajouté. L’ensemble a été restauré en 1997.

Seule pièce non française de ce récital, Jean-Sébastien Bach. Benjamin Alard prépare actuellement une intégrale de son œuvre pour clavier (orgue, clavecin, clavicorde...) de Bach, qui devrait contenir une soixantaine de CD. C’est dire s’il connaît bien l’univers de Bach !

Une nouvelle ère pour le Festival international d’opéra baroque de Beaune

par

La 43e édition du Festival international d’opéra baroque de Beaune (4-27 juillet) s’est achevée sous les meilleurs auspices, avec Agrippina de Haendel par Les Épopées et le programme « Janua » de l’Ensemble Irini. Succédant à Anne Blanchard et Kader Hassissi, qui ont façonné l’identité artistique du festival pendant plus de quarante ans, Maximilien Hondermarck signe une première programmation fidèle à l’esprit de Beaune, tout en affirmant sa propre vision.

Renouvellement des formats, enracinement dans la cité

Parmi les axes forts du projet retenu lors de son recrutement, le jury soulignait une « ambition artistique […] à la fois novatrice et respectueuse de l’histoire du Festival » selon le communiqué de presse. Dès cette édition, les propositions inédites se sont multipliées : nouveaux formats, nouveaux lieux, nouvelles figures.

L’un de ces exemples est sans doute la promenade musicale dans le centre historique de Beaune conçue par Les Traversées Baroques, l’ensemble basé à Dijon. Chaque halte historique devient le théâtre d’une chanson, souvent de la Renaissance, interprétée par la soprano Jeanne Bernier — timbre cristallin, diction limpide, émission naturelle — en binôme avec une guide-conférencière. Certaines pièces sont reprises en chœur par les participants, instaurant une proximité conviviale. Le parcours s’achève dans la Chapelle de la Charité, dont l’acoustique enveloppante et l’intimité ont convaincu l’équipe du festival d’y programmer plusieurs concerts.

Autre nouveauté conviviale : les bars d’entracte, inaugurés cette année, ont offert aux spectateurs un espace de convivialité propice aux échanges informels. Les « Conversations », rencontres en marge des concerts avec certains artistes, ont permis un dialogue direct autour de leur approche et de leur répertoire. Cette volonté d’ouverture se reflète également dans la programmation, riche en artistes signalés « débuts à Beaune » dans le livre-programme. Certains noms, pourtant bien établis sur la scène baroque — Alex Potter, Benjamin Alard, Thomas Hobbs, Olivier Fortin et son Ensemble Masques, Jean-Luc Ho —, y participaient pour la première fois. À leurs côtés, la relève s’affirme avec des jeunes voix prometteuses telles que Juliette May, Marie Théoleyre, Camille Chopin ou Apolline Raï-Wastphal.

A Lausanne, un triomphe pour A Midsummer Night’s Dream

par


Pour la période des fêtes, l’Opéra de Lausanne affiche pour la première fois un ouvrage insolite, A Midsummer Night’s Dream de Benjamin Britten. Heureuse initiative de Claude Cortese, le nouveau directeur de l’Opéra de Lausanne, qui convainc Laurent Pelly de venir en personne adapter sa production lilloise de mai 2022 aux dimensions exiguës du plateau lausannois.

Dans un cadre nocturne totalement ouvert, sous un fascinant jeu de lumières conçu par Michel Le Borgne, l’on devine les frimousses des elfes aiguillonnés par un nain Puck d’une stupéfiante agilité, alors que d’invisibles treuils propulsent dans les airs leur roi, Oberon, cherchant querelle à son épouse, Tytania, afin d’avoir à son service un jeune page indien qu’elle s’entête à lui refuser. A un deuxième niveau, se situent les deux couples d’amoureux Lysander-Hermia et Demetrius-Helena, arborant pyjama et nuisette et entrechoquant lits et matelas pour orchestrer leurs différents, surtout lorsque Puck confond les galants en prenant Lysander pour Demetrius et en appliquant sur les yeux du premier le suc d’une herbe magique qui le rendra fou amoureux d’Helena, la promise de son ami. Sur un troisième niveau, terre à terre, se juche la troupe des six artisans qui se sont mis en tête de jouer une tragi-comédie lors des noces de Theseus, duc d’Aquitaine, et de la belle Hippolyta. Mais l’un des leurs, Bottom, s’étant isolé du groupe, se verra coiffé par Puck d’une tête d’âne qui, à sa grande surprise, suscitera les élans passionnés de Tytania, condamnée par Oberon à s’éprendre du premier venu lorsqu’elle s’éveillera. Les sortilèges se dissiperont, la reine croira qu’elle a fait un cauchemar. Et Bottom, libéré de sa coiffe hirsute, rejoindra ses collègues pour ce morceau de roi que sera Pyramus and Thisby. Dans leur vêtement de nuit, sur les lits métalliques mis bout à bout, prennent place les deux couples réconciliés entourés du duc et de sa femme, qui se gaussent de cette irrésistible pantomime passant en revue les poncifs de l’opéra italien. Et Puck tirera le rideau sur cette fantasmagorie qui se dissout dans les profondeurs de la nuit.

Face à cette production captivante, la musique est à diapason égal. Car Guillaume Tourniaire qui avait dirigé les représentations lilloises connaît parfaitement cette partition et sait mettre en valeur le génie de l’orchestration. Il sollicite chaque pupitre de l’Orchestre de Chambre de Lausanne pour créer un univers sonore fascinant à partir des glissandi des cordes graves suscitant les visions oniriques, tandis que le célesta caractérise Oberon. Le tambour et la trompette dessinent le nain Puck, quand cuivres et bois s‘en donnent à cœur joie pour dépeindre les grotesques, avant de doubler les violons pour faire sourdre les tourments de la passion. Admirable, la prestation de la Maîtrise Opéra du Conservatoire de Lausanne préparée par Pierre-Louis Nanchen, qui est d’une précision rythmique ahurissante dans chaque intervention des elfes. 

Les ombres poignantes d’Iannotta, de Chostakovitch et de Schubert

par

« Trois œuvres, sur trois siècles, pour dire le souci de soi, la quête incessante de nouveaux langages, la crise et le renouveau, l’errance constitutive de nos vies et le paysage où chaque point, pareillement éloigné du centre, se révèle à un voyageur qui y circule sans y avancer. » Le programme de salle annonce la couleur.

Mais plus encore que ces mots, c’est la musique de Clara Iannotta qui nous plonge, et nous happe, dans cet état d’esprit dont nous ne finirons, à l’issue d’une longue soirée, de sortir qu’à grande peine.

La compositrice raconte qu’à l’issue de ses études, en 2013, elle a « commencé à avoir des crises de panique, avec une conscience aiguë de [sa] propre mort. » Elle découvre la poétesse irlandaise Dorothy Molloy, qui était morte d’un cancer en 2004, et dont les « recueils portent presque exclusivement, avec ironie, avec cynisme, sur la décomposition de son corps. » Parmi eux, Mon cœur vit dans ma poitrine, dont s’inspire Clara Iannotta pour strange bird -no longer navigating by a star. Elle y évoque l’« étrange oiseau battant des ailes » du poème, qu’elle imagine « dériver d’un endroit à l’autre, sans jamais se poser ou trouver sa destination. »

Il y a eu, en 2022, une première version pour guitare électrique avec sustain (dispositif qui permet, à l’aide d’une pédale, de maintenir un son), contrebasse et électronique. Dans cette nouvelle version pour orchestre symphonique, la compositrice a maintenu la guitare électrique, très rare dans cette formation, et qui joue un rôle moindre que dans la version originale ; la contrebasse n’est plus seule, bien sûr, mais on retrouve des façons de la jouer, si particulières, notamment quand l’archet est frotté directement sur le cordier, ce qui donne des sonorités étranges, à la fois graves et aiguës grâce aux harmoniques. 

A Genève, un BBC Symphony Orchestra faramineux 

par

Dans le cadre de sa 75e saison, le Service Culturel Migros invite le BBC Symphony Orchestra qui, sous la direction du chef finlandais Sakari Oramo, présente l’intégrale des symphonies de Sibelius en la partageant entre trois villes, Genève, Zurich et Berne, avec un programme différent pour chacune des salles. 

Ainsi, à Genève, le 14 janvier, l’affiche comporte les Symphonies n.3 et 1. L’opus 52 en ut majeur a été longuement élaboré entre 1904 et 1907 et surprend par son classicisme formel en trois mouvements imprégné de lumineuse sérénité, ce qui lui a valu la désignation de ‘Pastorale du Nord’. Dès les premières mesures de l’Allegro moderato, l’auditeur reste pantois devant la magnifique sonorité produite par l’ensemble des pupitres du BBC Symphony Orchestra. Sous la baguette de Sakari Oramo, les lignes de force sont taillées à coups de serpe mais font sourdre des cordes graves un cantabile qui se déroule naturellement, tout en se laissant gagner par d’épisodiques tensions qui se résorbent en pianissimi impalpables. L’Andantino con moto est parcouru par d’étranges inflexions émanant du pizzicato appuyé des cordes sous le legato des vents, alors que le Final est emporté par une houle déferlante zébrée de fulgurants éclats que tempère l’élévation hymnique des cordes provoquant un gigantesque crescendo jusqu’à la grandiose péroraison.

John Tavener, 10 ans

par

Le compositeur britannique est né à Londres le 28 janvier 1944 et décédé à Child Okeford, Dorset le 12 novembre2013.

Tout au long de sa vie, Tavener a connu de graves problèmes de santé : à la trentaine, il a été victime d'une attaque cérébrale, à la quarantaine, il a subi une opération du cœur, une tumeur a dû être enlevée chirurgicalement, et il a survécu à deux crises cardiaques qui l'ont beaucoup affaibli.
Malgré tout, il a déployé une incroyable énergie créatrice et a été fait Chevalier en 2000 pour ses services rendus à la musique.
Tavener est surtout connu pour sa musique vocale sacrée. De par sa famille, il était fortement influencé par la religion. Un concert du Canticum Sacrum d'Igor Stravinsky lui a laissé une telle impression qu'il a voulu devenir lui aussi musicien.
Il est d'abord devenu organiste et chef de chœur à la St. John's Presbyterian Church, puis a étudié à la Royal Academy of Music de 1961 à 1965. Il voulait à l'origine devenir pianiste de concert, mais sa faible constitution l'a contraint à abandonner ces projets. Il a étudié la composition avec Lennox Berkeley et a été encouragé par sa rencontre avec son modèle Igor Stravinsky en 1964.
Alors qu'il était encore étudiant, il a remporté le Prix Prince Rainier de Monaco en 1965 avec sa cantate Cain and Abel. Il perce en tant que compositeur avec la cantate The Whale en 1968, créée à l'occasion du concert de fondation du London Sinfonietta. Avec ses œuvres à la thématique essentiellement religieuse, Tavener a pu s'établir comme l'un des compositeurs les plus doués et les plus charismatiques d'Angleterre.
En 1969, Tavener est devenu professeur de composition au Trinity College. La demande de Benjamin Britten d'écrire un opéra pour le Royal Opera House a provoqué chez Tavener une crise créative qu'il a pu surmonter avec l'aide, entre autres, du métropolite Anthony de Sourozh, le chef de l'Église orthodoxe russe en Angleterre.
En 1977, Tavener s'est converti à l'Église orthodoxe russe. L'Abbesse Mère Thekla l'a inspiré et conseillé pour nombre de ses œuvres religieuses jusqu'à sa mort en 2011. Tavener a connu un grand succès avec The Protecting Veil pour violoncelle et cordes, joué pour la première fois par le violoncelliste Steven Isserlis avec le London Symphony Orchestra lors des Proms en 1989.
Son Song for Athene de 1993 a connu un retentissement mondial lorsque l'œuvre a été jouée en 1997 lors des funérailles de la princesse Diana. En 2013,
John Tavener s'est vu décerner le Prix de la musique sacrée européenne lors du festival Europäische Kirchenmusik à Schwäbisch Gmünd.
La même année, John Tavener est décédé le 12 novembre.

Le centenaire de Madeleine Dring

par

Madeleine Winefride Isabelle Dring (7 septembre 1923 - 26 mars 1977) était une compositrice, pianiste, chanteuse et actrice anglaise.

Madeleine Dring passe les quatre premières années de sa vie à Raleigh Road, Harringay, avant que la famille ne déménage à Streatham. Elle fait preuve de talent dès son plus jeune âge et est acceptée au département junior du Royal College of Music, où elle commence à jouer le jour de son dixième anniversaire. Elle se voit offrir des bourses pour le violon et le piano et choisit le violon. Elle étudie le piano en tant qu'instrument secondaire, sous la direction d'étudiants du RCM pendant les premières années.

Dans le cadre de leur formation, tous les élèves se sont produits dans le domaine du théâtre pour enfants sous la direction d'Angela Bull. Dring a commencé à étudier la composition au département junior avec Stanley Drummond Wolff en 1937, puis avec Leslie Fly en 1938, et elle a travaillé avec Sir Percy Buck les deux années suivantes.
ers la fin de ses études, elle est confiée à Lilian Gaskell pour l'étude du piano.
Elle poursuit ses études au Royal College, où son professeur de composition est Herbert Howells. Elle prend occasionnellement des leçons avec Ralph Vaughan Williams (officiellement, un remplaçant de Howells).
lle abandonne l'étude du violon après la mort de son professeur, W.H. Reed, à la fin de la première année. Elle se concentre alors sur le piano et la composition, mais elle étudie également le mime, le théâtre et le chant. L'amour de Dring pour le théâtre et la musique se mêle avec bonheur : nombre de ses premières créations professionnelles sont destinées à la scène, à la radio et à la télévision.

En 1947, elle a épousé Roger Lord, qui a été hautbois solo de l'Orchestre Symphonique de Londres pendant plus de trente ans. Elle a composé plusieurs œuvres pour lui, dont les très appréciées Dances for solo oboe. Peu après son mariage, ses premières pièces ont été publiées chez Lengnick et Oxford (1948).

Dring est décédée en 1977 d'une hémorragie cérébrale (anévrisme cérébral). La pierre tombale de Dring a été récemment découverte (in situ) au cimetière de Lambeth à Streatham.

Un livre, "Madeleine Dring : Her Music, Her Life, de Ro Hancock-Child", a été publié en 2000 (2e édition en 2009), et comprend des illustrations de bandes dessinées tirées des carnets de Dring et interprétées par Ro Hancock-Child. La biographie a été en partie financée par Roger Lord, le mari de Dring, afin de diffuser des informations sur les compositions de sa défunte épouse. Plusieurs articles, enregistrements sur disque compact et inclusions des informations biographiques de Madeleine Dring dans des livres sur les compositeurs au cours de la dernière décennie ont assuré à son nom une place dans le lexique moderne.

Un autre livre, "Madeleine Dring : Lady Composer" de Wanda Brister et Jay Rosenblatt a été publié en 2020 par Clemson University Press et Liverpool University Press. Plus de 100 pages de notes de bas de page et de références sont incluses dans ce volume, ainsi que des listes d'œuvres complètes et des documents sur les performances de Dring. L'ouvrage a reçu un accueil favorable de la part de revues consacrées au chant, aux femmes dans la musique, aux anches doubles et à la musique légère.
Ces deux auteurs ont également travaillé avec diligence pour enregistrer et publier ses œuvres.

L'honneur posthume le plus récent a été de donner son nom à la salle à manger de la Streatham & Clapham High School. C'est en effet un honneur, car elle n'a pas fréquenté ce lycée, mais l'école catholique La Retraite à Clapham Park située au milieu du quartier dans lequel Dring a passé la plus grande partie de sa vie.

Dans sa jeunesse, le compositeur préféré de Mme Dring était Rachmaninov dont elle possédait de nombreuses partitions de piano et de chant qui sont aujourd'hui en possession de Ro Hancock-Child. Elle a étudié avec Herbert Howells, mais son œuvre ne doit rien au style musical de ce dernier. Elle a parfois suivi l'enseignement de Ralph Vaughan Williams, mais là encore, l'influence est peu évidente, et sa musique ne reflète pas la tradition de la chanson folklorique anglaise, bien qu'elle ait étudié ce genre en tant que chanteuse. Elle a parfois mis en musique un texte qu'elle avait rencontré dans une œuvre solo ou chorale, en y laissant sa marque mais elle a regardé plus loin.

Dring appréciait particulièrement (et imitait) les manières de Poulenc, par exemple dans l'accompagnement de sa chanson I Feed A Flame. Comme l'a observé Ro Hancock-Child, elle préférait les idiomes jazzy, Gershwin, Cole Porter et le style ensoleillé d'Arthur Benjamin. Ayant entendu le calypso à Londres, elle a répondu par ses propres Caribbean Dance et West Indian Dance, pour piano.

Dring a délibérément évité de répéter son matériel musical d'une pièce à l'autre, trouvant toujours une nouvelle approche de l'harmonie et du rythme. Si sa musique vocale a déjà été comparée à celle de Roger Quilter (peut-être en raison de choix de textes similaires), il s'agit d'une comparaison erronée. Quilter était résolument victorien, et ses chansons sont profondément mélodiques et contrapuntiques. En revanche, Dring regardait vers l'avenir et se nourrissait de nouveauté et de surprise, espérant que ce qu'elle écrivait puisse choquer ou faire sourire. Ses mélodies vocales naissent des harmonies sous-jacentes et peuvent être difficiles à placer : les accords viennent en premier, comme le fait remarquer Ro Hancock-Child. Elle a écrit la plupart de ses airs pour son propre usage : elle avait une voix de soprano de grande qualité, avec une large tessiture et une justesse parfaite. Il existe plusieurs enregistrements informels et instructifs de Dring chantant et jouant ses propres compositions.

Les chansons de cabaret et de revue du West End de Dring comportaient parfois ses propres paroles et sont pleines d'intelligence, tant sur le plan musical que textuel. Elles ont été récemment enregistrées et publiées par plusieurs artistes dévoués.

Dring a choisi de ne pas composer d'œuvres de grande envergure. Elle a écrit des pièces pour piano solo, des duos de pianos, des chansons avec piano, ainsi que de la musique de chambre, notamment des pièces pour duo de pianos, flûte, hautbois, harmonica, flûte à bec et clarinette, dont un petit nombre sont des œuvres pédagogiques.
Ses œuvres pour la télévision et la radio sont toutes d'une durée de 45 minutes ou moins. Elle a terminé un opéra en un acte, Cupboard Love, avec son ami D.F. Aitken (jamais joué de son vivant, mais il a été publié en 2017 et a été présenté en première aux États-Unis en avril 2018 à la Florida State University et en première européenne en Écosse en juin 2019). Un drame dansé intitulé The Fair Queen of Wu (La belle reine de Wu), diffusé sur la BBC en 1951. Le ballet nécessitait une compagnie complète de solistes qui étaient hors champ. Elle a été chargée d'écrire la musique de The Real Princess, un ballet, et de plusieurs pièces de théâtre jouées à Londres entre 1946 et 1971. Elle a souvent collaboré avec Felicity Gray, chorégraphe, et D.F. Aitken, librettiste.

Madeleine Dring a rarement fourni des dates pour ses compositions ; nombre d'entre elles  proviennent du traité d'Alistair Fisher sur ses chansons. Des dates de publication ont été fournies, dont beaucoup à titre posthume par son mari, Roger Lord. Certaines dates ont été rétablies plus récemment en utilisant les dates des premières interprétations et d'autres informations confirmées dans ses documents personnels ainsi que dans les revues de presse archivées.
En 2018, trois volumes de chansons ont été gravés et publiés, ainsi que quatre volumes de numéros de cabaret et de revues musicales.
Des duos et des ensembles ont également été publiés.