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Centenaire Betsy Jolas : le coup d'envoi des célébrations par l'OBC et Ludovic Morlot

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Le 5 août, la compositrice franco-américaine Betsy Jolas célèbrera ses 100 ans. 

En lien avec la Journée mondiale des femmes, l'Orchestre symphonique de Barcelone (OBC), sous la direction de son Directeur musical, le Français Ludovic Morlot fait paraître un album symphonique qui est la première monographie jamais consacrée à l’oeuvre pour orchestre de la compositrice. 

Ludovic Morlot a conçu un programme avec  quatre œuvres pour grand orchestre de Betsy Jolas. L'album s'ouvre sur Lettres de Bachville (2019), une commande conjointe de l'Orchestre du Gewandhaus de Leipzig et de l'Orchestre symphonique de Boston, qui, selon la compositrice elle-même, est « une promenade personnelle et onirique dans les rues de Leipzig, suivant parfois les traces de Bach ». Une Petite Suite d'été  (2015) a été commandée par l'Orchestre philharmonique de Berlin pour commémorer le 90e anniversaire de la compositrice. Dernières (2021) aurait pu être la dernière œuvre symphonique de Betsy Jolas, mais il n'en fut rien, la compositrice ayant par la suite accepté d'écrire une autre pièce pour Simon Rattle. L'œuvre finale de l'album, B-Day (2006), célébrait deux anniversaires : le dixième anniversaire du Boston Modern Orchestra Project et le quatre-vingtième anniversaire de Jolas. La pièce revisite le classique « Joyeux anniversaire » à travers une série de variations qui offrent une perspective nouvelle sur ce type de célébration.

Cet album est actuellement disponible en digital et le sera ultérieurement en CD. 

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Betsy Jolas à l'honneur à Caen

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Betsy Jolas sera mise à l’honneur lors de la 44ème édition du festival [aspects] à Caen en mars 2026. On ne pésente plus Betsy Jolas, immense figure de la musique de notre temps. Née à Paris en 1926, Betsy Jolas a étudié avec des maîtres tels que Olivier Messiaen.  Elle a reçu de nombreux prix, dont le Grand Prix National de la Musique et le Prix SACEM. Jolas a enseigné dans plusieurs universités américaines et a vu ses œuvres jouées par des ensembles prestigieux.

Présentation du Festival [aspects]

  • Le festival [aspects] se déroulera du 17 au 22 mars 2026 à Caen.
  • Il mettra en avant la compositrice Betsy Jolas, figure majeure de la musique contemporaine.
  • Le festival combine concerts et approche pédagogique, favorisant l'immersion dans l'œuvre de Jolas.

Œuvres et Programmation

  • La programmation inclura des œuvres de Betsy Jolas ainsi que de compositeurs tels que Debussy, Dutilleux et Messiaen.
  • Huit concerts professionnels, des avant-scènes, des masterclasses et des causeries sont prévus.
  • Les élèves du Conservatoire interpréteront des œuvres contemporaines, enrichissant leur expérience musicale.

Commande d'une Nouvelle Œuvre

  • Le compositeur Matteo Gualandi créera une nouvelle pièce, "Minisymphonie", pour orchestre à cordes.
  • Cette œuvre sera présentée lors du festival, témoignant de l'engagement envers la création contemporaine.

Engagement Pédagogique du Festival

  • Le festival offre aux élèves l'opportunité de travailler sur des répertoires contemporains.
  • Des séances de travail avec des artistes de renom, comme Roger Muraro, sont prévues pour perfectionner leur jeu.
  • Une exposition sur Betsy Jolas sera également disponible, enrichissant l'expérience des participants.

Le site du festival :  https://conservatoire-orchestre.caen.fr/actualites/aspects-edition-2025

Présences 2026 : Georges Aperghis, (re-)découverte en forme de confirmation

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J’arrive pour le week-end de clôture du Festival Présences, après un périple en forme de confiance renouvelée dans les transports en commun : las, le premier bus (de la série de trois, avant deux trains, qui devaient m’acheminer vers Louvain-la-Neuve – où j’entame un cours, sous-titré « tout à l’égo » et consacré à l’individualisme à l’époque contemporaine) me fait faux bond, domino défaillant aux conséquences en cascade : come-back inéluctable de l’automobile, échange de billet TGV pour le retour de Paris et recherche patiente d’un parking « malin ». Les quelques degrés supplémentaires (promiscuité et pollution sont deux des mamelles des grandes villes) et le soleil de printemps me consolent de la grille close à la Maison Européenne de la Photographie, fermée entre deux accrochages – j’aime ses angles d’approche, rusés et originaux ; je marche, mollement au hasard, du BHV (clairsemé depuis l’accession au commerce physique de la mode jetable et chinoise), envisage la Gaîté Lyrique (mais il est trop tôt), flâne autour des Halles (j’en revois le trou béant des années 1970) et aboutis à la librairie Parallèles, enfant soixante-huitard de la contre-culture tout en livres, magazines et disques, où je croise le dernier numéro de Revue et Corrigée – sur papier, glacé. Un tajine poulet-olives au citron confit plus tard, je rejoins le paquebot circulaire de Radio France, ses portiques de sécurité d’aéroport et le Studio 104, pour le concert de 15h30, assis dans le rang des producteurs de France Musique, cherchant où caser pieds et jambes qui, dans ces circonstances, me semblent toujours disproportionnés.

« De bas étage » : le cabaret selon Aperghis

Georges Aperghis est la figure à l’honneur de l’édition 2026 : ce « vieux Parisien » débarqué d’Athènes en 1963, soucieux de demeurer étranger dans un pays d’adoption (il n’en demande pas la nationalité) dont il maîtrise la langue et aime la capitale (il ne retourne en Grèce que pour les concerts – « l’humour y a changé ; je n’y fais plus rire personne », explique-t-il), propose à la création cette semaine cinq nouvelles œuvres (c’est exceptionnel), en plus de s’aventurer tardivement (il est né en 1945) et hardiment dans l’écriture pour grand orchestre – alors que ses pairs, arrivés à ce point de leur carrière, tendent plutôt à peaufiner leur héritage.

Entretien avec le chef d’orchestre Ludovic Morlot 

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Directeur musical de l’Orquestra Simfònica de Barcelona i Nacional de Catalunya (OBC), Ludovic Morlot amorce une série de concerts en tournée : Madrid, Lyon et Aix-en-Provence ce printemps, avant Amsterdam, l’été prochain. Crescendo-Magazine est heureux de rencontrer ce chef d’orchestre pour parler de son travail avec l’orchestre et de ses nombreux projets d’enregistrements qui font de l’OBC l’une des phalanges les plus actives du moment. 

On dit que, avec La Valse, Ravel aurait fermé le cycle de vie de cette forme musicale et de la société qui la nourrissait. Croyez-vous qu’il ait aussi fermé le cycle de vie de l’orchestration du XIXème ou qu’il ait, en revanche, ouvert la voie à l’orchestre des XXème et XXIème siècles ? 

Je crois que l'intention de Ravel, en écrivant  La Valse, était d'honorer la valse viennoise, de lui rendre hommage. Ce sont les circonstances de la guerre qui feront que l’œuvre soit devenue quelque chose de très différent. On l'entend bien au début : on peut imaginer les couples dansant et cet élan viennois restera jusqu’au milieu de la pièce. La guerre, qui en a interrompu l'écriture, a fait que graduellement la violence prenne le dessus. On y entend une musique de belligérance, comme dans le Concerto pour la main gauche, qui est très semblable, mais je pense que la guerre a juste fait changer le focus d'écriture de la pièce. Je dirais plus :  Ravel, pour moi, n'a jamais été un grand novateur.  Il est un peu le Mozart du XXème siècle, celui qui a utilisé tous les ingrédients qui étaient à sa disposition et qui les a rassemblés avec une perfection absolue. À mon avis, le  Prélude à l'après-midi d’un faune  est beaucoup plus influent sur la direction de l'orchestre des XXème et XXIème siècles que n'importe quelle pièce de Ravel. C’est vrai que dans L’Enfant et les sortilèges, le Concerto pour la main gauche ou même dans L’heure espagnole il a poussé la forme assez loin, mais jamais autant que Debussy.  Je pense à Ravel comme un prodige qui ne va jamais créer un ingrédient nouveau : il va faire de la belle cuisine avec des ingrédients qui sont déjà en place, mais sans inventer une nouvelle recette.  Pour moi, le révolutionnaire a été Debussy, précédé par Schumann, Berlioz, Sibelius et notamment Liszt, avec ses Poèmes symphoniques, et Wagner. Ce sont eux qui ont trouvé l’élan vers un orchestre réellement novateur. Ravel s’est plutôt tourné vers la musique ancienne : si l’on pense au  Tombeau de Couperin  ou aux  Valses nobles et sentimentales, on retrouve cette influence de classicisme ou du baroque, alors qu'avec Debussy la forme musicale a explosé.

Le fabuleux succès du Bolero et la luxuriance de l’orchestrateur Ravel n’ont-ils pas caché la véritable sensibilité et le talent de l’artiste ? Et aussi son intérêt pour les causes des oppressés comme dans les Chansons madécasses, les Grecques ou les Hébraïques ?

On sait qu'il détestait  Bolero. C'était un exercice pour lui mais qui s'est transformé en chef d'œuvre. C’est exactement l'essence du talent de Ravel : cette espèce de nonchalance dans l'idée de créer quelque chose d'original qui est fait avec une telle maîtrise et une telle perfection que ça devient « le chef d'œuvre ».  Il y a cet état d'esprit dans sa musique, mais je n’ai jamais pensé comme ça à propos des chansons populaires, des mélodies grecques ou des hébraïques.  Je ne sais pas s'il voulait vraiment traiter ces sujets avec beaucoup de profondeur et je ne suis pas sûr qu’il y ait une forme de provocation. Il peut y avoir un « air du temps », une volonté de trouver une l’esthétique musicale en s’appropriant de ces textes. 

On a un peu la sensation qu’il voulait faire un pied de nez à une société très conservatrice, antidreyfusarde etc. 

C’est vrai que L’heure espagnole est provocatrice avec cette espèce de montée du féminisme et aussi dans  L’Enfant et les sortilèges, il y a cette appropriation du jazz. On ne peut pas traiter ces sujets de façon complètement naïve, il faut donc le considérer. C'est là qu’on aimerait mieux connaître la personnalité de Ravel. Par exemple, quand on va à Montfort-l'amaury, il avait tous ces petits « netsuke » japonais à l’aspect très soigné, mais si l’on est très attentif, on s’aperçoit que c'est tout en plastique, comme du toc « made in China » Je ne sais pas à quel point il était sarcastique. Poulenc l’était certainement, mais votre remarque va me rendre plus curieux quant à la pertinence de ces textes par rapport au contexte géopolitique de l'époque.

Le compositeur Christian Mason et l’Orchestre national Auvergne-Rhône-Alpes

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Le compositeur anglais Christian Mason (né en 1984) est le récipiendaire du Grawemeyer Award 2025 décerné par l’université de Louisville (Kentucky/USA). Il s’agit de l’un des prix les plus prestigieux de la scène mondiale de la musique contemporaine.

Christian Mason est compositeur en résidence de l’Orchestre national Auvergne-Rhône-Alpes (ONAURA) depuis la saison 2020/2021. À Clermont-Ferrand, il a développé une étroite collaboration avec l’ONAURA, que ce soit en musique orchestrale (Tuvan Songbook, Voix Terrestre, Voix céleste) ou en musique de chambre (Sai Ma / Racing Horses, Sardinian Songbook, Shadowy Fish). Cette résidence va se poursuivre avec un nouveau concerto pour contrebasse et orchestre, commande de l’Orchestre national Auvergne-Rhône-Alpes, qui sera donné en première mondiale lors de la saison 2025/2026.

Afin de saluer l’art de Christian Mason à l’occasion de la cérémonie de remise du Grawemeyer Award 2025 (10 avril), ONA Live édite une captation de Voix Terrestre pour orchestre à cordes enregistrée en concert lors de la première mondiale de l’œuvre (le 23 février 2023 à l’Opéra-Théâtre de Clermont-Ferrand) par l’Orchestre national Auvergne-RhôneAlpes, sous la direction d’Adrien Perruchon.

A propos de Voix Terrestre, Christian Mason déclare : « Voix Terrestre est née d’un cycle de mélodies récent intitulé La Folie d’Hölderlin, qui met en musique des poèmes du poète romantique allemand Friedrich Hölderlin et du poète anglais du XXe siècle David Gascoyne. Par leurs mots, Gascoyne et Hölderlin évoquent une conscience au-delà de l’humain, animant la nature d’une voix qui lui est propre. L’inspiration est venue de la contemplation de ces images poétiques de chants émergeant de la Terre de différentes manières. Tantôt luxuriante et sonore, tantôt dansante, la musique contraste avec des ostinati irréguliers, une impulsion lyrique et une envie de chanter. L’œuvre est dédiée à Ricardo Delgado et Laurent Bécamel, les contrebassistes de l’Orchestre national Auvergne-Rhône-Alpes, qui ont un rôle particulier dans la pièce. » Cette parution digitale est également une avant-première d’un futur album monographique consacré aux projets développés dans le cadre de la résidence de Christian Mason à Clermont-Ferrand.

L’Orchestre national Auvergne-Rhône-Alpes est un ardent promoteur de la musique de notre temps avec la programmation et l’enregistrement d’œuvres de Jean-Baptiste Robin et Martin Matalon, Betsy Jolas, Thierry Escaich et Pēteris Vasks. L’ONAURA a également enregistré des pièces majeures de la modernité comme Aroura de Xenakis ou Ramifications de Ligeti.

Cette parution ONA Live intègre un catalogue de 25 titres, disponibles en streaming et téléchargement sur les plateformes à travers le monde. Elles cumulent plus de 630.000 écoutes et téléchargements sur les plateformes digitales.

Bertrand Chamayou célèbre les 150 ans de Ravel par un hommage kaléidoscopique 

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Fragments. Maurice Ravel (1875-1937) : Extraits de Daphnis et Chloé, La Valse, transcriptions de Maurice Ravel ; Trois Beaux Oiseaux du paradis, Chanson de la mariée, Pièce en forme de habanera, transcriptions de Bertrand Chamayou. Joaquín Nin (1879-1949) : Mensaje a Ravel. Salvatore Sciarrino (°1947) : De la nuit. Alexandre Tansman (1897-1986) : Prélude n° 5 (Hommage à Maurice Ravel). Frédéric Durieux (°1969) : Pour tous ceux qui tombent (Hommage à Maurice Ravel). Ricardo Viñes (1875-1943) : Menuet spectral (à la mémoire de Maurice Ravel). Xavier Montsalvatge (1912-2002) : Elegia a Maurice Ravel. Betsy Jolas (°1926) : Signets (Hommage à Ravel). Arthur Honegger (1892-1955) : Hommage à Ravel, extrait des 3 Pièces. Bertrand Chamayou, piano. 2024. Notice en français, en anglais et en allemand. 61’ 17’’. Érato 5021732601230.