Résultats de la recherche pour : Charles Tournemire

Charles Tournemire, 85 ans

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Charles Tournemire est un organiste, un improvisateur et un compositeur français né à Bordeaux le 22 janvier 1870 et mort à Arcachon le 4 novembre 1939.

Tournemire fut le plus jeune élève de César Franck, l'élève de Charles-Marie Widor et remplaça en 1898 Gabriel Pierné (1863-1937) au poste d'organiste de la basilique Sainte-Clotilde à Paris. Il en fut titulaire de 1898 à sa mort en 1939.

En 1911, il est lauréat du prix Chartier de l'Académie des beaux-arts pour ses compositions de musique de chambre.

À partir de 1919, il enseigne au Conservatoire de Paris en tant que professeur de musique d'ensemble (formations diverses : trios, quatuors, quintettes, etc.).

Organiste renommé pour ses improvisations, ses œuvres pour orgue sont nombreuses, sérieuses et respectent la liturgie catholique, notamment à travers son recueil L'Orgue mystique (constitué des 51 messes de l'année liturgique catholique). Il a également composé des mélodies, des pièces pour piano, de la musique de chambre, huit symphonies et plusieurs opéras et oratorios. Ces derniers sont inédits, seuls existent les manuscrits conservés à la Bibliothèque Nationale de France.

Ayant connu les débuts de l'enregistrement phonographique, Charles Tournemire a enregistré vers 1930-1931 en concert cinq improvisations sur des disques 78 tours. Ce témoignage exceptionnel de l'art improvisatoire a été immortalisé par Maurice Duruflé, l'un de ses élèves les plus célèbres, qui, patiemment, à partir de ces disques, a reconstitué et transcrit en partition ces chefs-d'œuvre., entre 1956 et 1958 :

Tournemire a également composé pour le piano, ainsi son cycle de Douze préludes-poèmes op. 58, dans la lignée d'Alexandre Scriabine, Claude Debussy et Maurice Ravel.

Mort noyé en 1939, il est enterré au cimetière d'Arcachon.

 

Charles-Marie Widor, 180 ans

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L’organiste, professeur et compositeur français Charles-Marie Widor est né le 21 février 1844 à Lyon et mort le 12 mars 1937 à Paris.
La célébrité de sa Toccata de la Symphonie no 5 opus 42 en fait l'une des pièces pour grandes orgues les plus jouées encore de nos jours.

D’abord élève de son père Charles-François (1811-1899), organiste à Saint-François de Sales (Lyon), il le remplace sur le banc de l’orgue paroissial à 11 ans, avant de poursuivre ses études à Bruxelles avec Fétis (théorie, composition) et Jacques-Nicolas Lemmens (orgue).

En 1860, il revient à Lyon où il est organiste de Saint-François. Vers 1865, il s'installe à Paris et assiste Saint-Saëns à la Madeleine à partir de 1868.
En 1870, il est nommé suppléant de Lefébure-Wély à l'orgue Cavaillé-Coll de Saint-Sulpice. Il ne fut jamais officiellement titularisé à ce poste qu’il tint pendant 64 ans.

Il est nommé professeur d’orgue au Conservatoire de Paris de 1890 à 1896, succédant à César Franck. Il reprend ensuite la classe de composition musicale de Théodore Dubois lorsque celui-ci est nommé directeur de l'établissement (1896-1905). Il compte parmi ses élèves les organistes Louis Vierne, Albert Schweitzer, Charles Tournemire et Marcel Dupré, ainsi que Henri Libert (organiste de la Basilique Saint-Denis), Arthur Honegger, Edgar Varèse et Darius Milhaud. Widor réforme en profondeur l'enseignement de l'orgue en préconisant notamment le raisonnement, de même que la connaissance des grandes œuvres de Jean-Sébastien Bach.

À partir de 1880, il a publié sous le pseudonyme d'« Aulétès » des critiques musicales dans le journal L'Estafette.

En 1882, il est lauréat du Prix Chartier de l'Institut pour sa production de musique de chambre.

Il est nommé Chevalier de la Légion d’honneur en 1892. Il est élevé à la dignité de Grand Officier par décret du 17 juin 1933. Élu membre de l’Académie des beaux-arts en 1910, il en est nommé secrétaire perpétuel le 18 juillet 1914. Il épouse Mathilde de Montesquiou-Fézensac (née en 1883), le 26 avril 1920.

Ami de la Comtesse de Béarn, née Martine de Béhague, Widor est en quelque sorte son maître de chapelle pendant vingt ans pour les concerts organisés dans la "Salle byzantine" de la rue Saint-Dominique.

En 1921, il fonde avec Francis-Louis Casadesus, le Conservatoire américain de Fontainebleau qu’il dirige jusqu’en 1934.

Comme virtuose de l’orgue, Widor s'est produit dans 23 pays. Il a fait de nombreuses tournées en Europe (France, Allemagne, Pays-Bas, Portugal, Italie, Suisse et Pologne), sans oublier l’Angleterre et la Russie. Il est souvent invité à inaugurer des instruments de Cavaillé-Coll comme ceux de Notre-Dame de Paris, Saint-Germain-des Prés, Saint-Ouen de Rouen, du palais du Trocadéro et le nouvel orgue de sa paroisse natale, Saint-François de Lyon.

Il joue en public jusqu'à l'âge de 90 ans et démissionne de son poste à Saint-Sulpice le 31 décembre 1933. Marcel Dupré, son élève et assistant, lui succède.

Il meurt à son domicile de Paris le 12 mars 1937.

Un hommage hollandais à trois compositeurs français du XXe siècle 

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Couleurs de France. Jacques Castérède (1926-2014) : Prélude et fugue pour cordes ; Concerto pour piano et orchestre à cordes. André Jolivet (1905-1974) : Symphonie pour cordes. Daniel-Lesur (1908-2002) : Sérénade pour cordes. Paolo Giacometti, piano ; Ciconia Consort - The Hague String Orchestra, direction Dick van Gasteren. 2025. Notice en anglais.73’ 12’’. Brilliant 97408.

Notre-Dame sans Cochereau : écho de quatre concerts des années 1970

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Dans le cadre des auditions d’orgue du dimanche, ont joué à Notre-Dame de Paris. Nicolas de Grigny (1672-1703) : Ave Maris Stella. Johann Sebastian Bach (1685-1750) : Passacaille et Fugue en do mineur BWV 582. Louis Vierne (1870-1937) : Allegro [Symphonie no 2 en mi mineur Op. 20]. Charles Tournemire (1870-1939) : Paraphrase-Carillon [Office de l'Assomption]. Maurice Duruflé (1902-1986) : Suite Op. 5. Olivier Messiaen (1908-1992) : Transports de Joie [L’Ascension]. György Ligeti (1923-2006) : Volumina. Michel Chapuis, André Isoir, Odile Pierre, Xavier Darasse, orgue de la cathédrale Notre-Dame de Paris. Février 1971 à avril 1979 ; édition 2024. Livret en français et anglais. TT 77’01’’. FY Solstice SOCD 413

Ermend Bonnal, 80 ans

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Joseph-Ermend Bonnal, plus connu sous le nom d'Ermend-Bonnal, né à Bordeaux le  et mort à Bordeaux le , est un organiste, pianiste et compositeur français. Il a aussi été auteur de mélodies et de pièces de ragtime sous le pseudonyme de Guy Marylis.

Élève de Bériot, Taudoux et Guilmant au Conservatoire de Paris, il travaille la composition et l'improvisation avec Charles Tournemire. Il remporte un 1er Prix d'orgue en 1904.

D'abord suppléant de Tournemire à Ste-Clotilde et de Widor à St-Sulpice, il est nommé titulaire du grand orgue de Saint-Médard, et maître de chapelle à Boulogne-sur-Seine.

Ermend-Bonnal est nommé directeur du Conservatoire de Bayonne, où il fonde les « Concerts Rameaux » et est alors aussi chef d'orchestre. Titulaire de l'orgue de l'église Saint-André de Bayonne de 1930 à 1940, il fait restaurer le remarquable instrument de Wenner (1863) et le fait légèrement modifier par Victor Gonzalez en 1933.

Il termine sa carrière comme successeur de Tournemire au prestigieux grand orgue Cavaillé-Coll de la basilique Sainte-Clotilde de Paris, et comme Inspecteur général de l'enseignement musical.

Outre ses œuvres d'orgue, qui n'ont jamais quitté les programmes des organistes (en particulier les trois Paysages euskariens en 1930 et la Symphonie sur le répons de la Septuagésime "Media Vita" de 1932), on lui doit un psaume hébraïque Adon Olam pour chœur et orgue (prix international de la Grande Synagogue Emmanuel de San Francisco), de la musique de chambre, en particulier deux quatuors à cordes (1929 et 1938), de très nombreuses mélodies, des trios pour voix de femmes, des harmonisations de chansons populaires, un poème symphonique (Tombeau d'Argentina), un poème lyrique sur un livret de Francis Jammes (Poèmes Franciscains de 1926), un ballet basque, une symphonie avec chœur.

Pierre Cochereau, 40 ans

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Organiste, improvisateur, pédagogue et compositeur français, Pierre Cochereau est né à Saint-Mandé (Val de Marne) le  et mort le  à Lyon.

Pierre Cochereau choisit la musique après ses études secondaires et une année de droit. Après avoir commencé l'orgue avec Marie-Louise Girod, et travaillé ensuite avec André Fleury, il entre au Conservatoire national de musique de Paris où il reçoit l'enseignement de Marcel Dupré, Maurice Duruflé, Henri Challan, Noël Gallon, Tony Aubin, Norbert Dufourcq. Il y obtient les premiers prix d'orgue, d'harmonie, d'écriture et d'histoire de la musique. Marcel Dupré avait très tôt reconnu son talent, et dira de lui, plus tard, qu'il était « un phénomène sans équivalent » Dès 1942, il est titulaire de l'orgue de Saint-Roch et devient en 1955 titulaire des grandes orgues de la Cathédrale Notre-Dame de Paris, sans concours. Il avait en réalité déjà joué cet instrument, au cours d'une messe, improvisant un offertoire, sous les yeux de Léonce de Saint-Martin, alors titulaire.

Il fait de cette tribune un lieu d'accueil pour les organistes du monde entier auxquels il cède ses claviers tous les dimanches après-midi pour des auditions d'une heure au cours desquelles tous les styles d'œuvres pour orgue auront droit de cité. Ces concerts présentés par Jehan Revert, maître de chapelle de Notre-Dame, sont à sa demande systématiquement enregistrés, ce qui fait de ces archives un témoignage du « jeu » organistique aux XXe et XXI siècles. Il fait preuve d'éclectisme pour le répertoire propre à cet instrument, admettant lors de ces auditions les œuvres les plus modernes à son époque d'Arvo Pärt à Iannis Xenakis, en passant par des compositeurs sous-estimés tels Georges Delerue qui lui écrivit une Sonate pour trompette et orgue.

Au long des trente années qu'aura duré son titulariat, Pierre Cochereau a à cœur d'entretenir puis de relever « son » orgue, chef-d’œuvre (1868) du facteur Aristide Cavaillé-Coll, entre 1963 et 1975. À cette fin, il fait d'abord appel à Jean Hermann puis, à la mort de celui-ci, à Robert Boisseau et Jean-Loup Boisseau. Sous son égide, puis celle de ses successeurs, ceux-ci (auxquels il convient d'associer Bertrand Cattiaux) feront de cet instrument ce qu'il était avant l'incendie de la Cathédrale. Mais les avis seront très partagés quant aux adjonctions qu'il « subit » dans les années 1960-1970 (impliquant entre autres son électrification et sa réharmonisation et le dépavillonnage des fonds, donc la transformation profonde d'un chef-d’œuvre de Cavaillé-Coll) et aux travaux ultérieurs, qui par certains aspects reviendront d'ailleurs en arrière.

Contrairement à la plupart de ses collègues de l'époque, Pierre Cochereau est, avec les Souberbielle, Jean-Albert Villard et quelques autres organistes un peu plus jeunes, tels Michel Chapuis, Francis Chapelet ou encore Xavier Darasse pour ne citer que les plus emblématiques, très compétent en matière de facture d'orgue, qu'elle soit orientée vers un retour à la « tradition » ou empreinte de modernité. Le travail manuel ne lui est pas étranger, pas plus que ne lui sont étrangères les compétences en matière d'administration.

Il est aussi directeur du Conservatoire du Mans de 1949 à 1956, de celui de Nice de 1961 à 1979 et est enfin chargé de créer ex nihilo à Lyon, à côté du CNR, le second Conservatoire national supérieur de musique en France, dont il reste le directeur de 1980 jusqu'à sa mort en 1984.

En plus d'être un grand organiste aux interprétations à la fois brillantes et respectueuses de la tradition du répertoire d'orgue classique, romantique et contemporain, il est réputé pour ses dons exceptionnels et son solide métier d'improvisateur. Du fait de leur richesse d'invention et de leur perfection formelle, nombre de ses improvisations sont publiées en partition et réenregistrées par d'autres interprètes, ce qui est rare (un autre cas connu étant les improvisations de Charles Tournemire).

Pierre Cochereau est aussi un « organiste d'église » aussi présent à sa tribune que sa carrière de concertiste et de pédagogue le lui permet. Sa connaissance du chant grégorien et plus généralement de la musique liturgique font de ses interventions au cours des offices, soit en accompagnant soit en improvisant, d'inoubliables moments de musique. Il inaugure des orgues restaurés, comme par exemple à Beauvais ou celui de l'Auditorium Maurice-Ravel de Lyon.

Pierre Cochereau est le premier à sortir « physiquement » l'orgue de ses lieux de prédilection, en faisant des tournées, accompagné le plus souvent de son ami trompettiste Roger Delmotte, avec son orgue « itinérant » à tuyaux, d'une dizaine de jeux (facteur : Philippe Hartmann) qu'il transporte dans une remorque attelée à l'une de ses automobiles.

Pierre Cochereau est aussi avec Pierre Firmin-Didot cofondateur du Grand Prix de Chartres, concours d'orgue de renommée internationale, qui a pour originalité d'instituer à côté du traditionnel prix d'interprétation, un tout aussi important prix d'improvisation.

Même s'il encourage des organistes (comme Jacques Taddei) et inspire des improvisateurs (notamment Pierre Pincemaille), Pierre Cochereau est partiellement méconnu de nos jours. Son œuvre musicale écrite est de qualité, mais peu abondante. Il laisse en revanche, sur des centaines de bandes ReVox bien conservées, une grande quantité d'improvisations (et aussi, mais en moins grand nombre, d'œuvres du répertoire) enregistrées au cours des offices et en concert à Notre-Dame. L'écoute analytique de la somme de ces enregistrements effectués sur une période allant globalement de 1965 à sa mort et réalisés par François Carbou devrait permettre de comprendre et d'apprécier la réalité de cet artiste unique et, malgré les honneurs de son vivant, mystérieusement atypique et particulièrement flamboyant.

Pierre Cochereau meurt d'une rupture d'anévrisme dans la nuit du 5 au  à Lyon, à l'âge de 59 ans.

Il avait eu avec sa femme Nicole deux enfants qui sont aussi devenus musiciens : Jean-Marc, (1949-2011), chef d'orchestre et directeur du conservatoire à rayonnement régional de Tours et Marie-Pierre, harpiste.

Une rue porte son nom à Montpellier ainsi qu'une avenue à Roquevaire. Le Conservatoire à rayonnement régional de Nice porte également son nom.

Flûte et orgue, parfum de musique au détour du XXe siècle

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D’un matin de printemps. Cécile Chaminade (1857-1944) : Concertino pour flûte et orchestre op. 107 ; Claude Debussy (1862-1918) : Syrinx pour flûte ; Prélude à l’après-midi d’un faune. Lili Boulanger (1893-1918) : D’un matin de printemps. Arthur Honegger (1892-1955) : Danse de la chèvre pour flûte. Gabriel Fauré (1845-1924) Fantaisie op. 79 ; Masques et bergamasques op. 112 ; Berceuse op. 16. Ermend Bonnal (1880-1944) : Reflets solaires pour orgue op. 17. Joseph Jongen (1873-1953) : Danse lente op. 56b. Thierry Cazals, flûte ; Vincent Grappy, orgue. 2022. Notice en français et en anglais. 68’ 11’’. Hortus 231.

Précieux panorama de l’orgue symphonique belge, avec Peter Van de Velde à Anvers

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Belgian Symphonic Organ. Camille Jacquemin (1899-1947) : Symphonie pour grand orgue. Raymond Moulaert (1875-1962) : Choral en mi bémol majeur. Étude en forme de canon. Léon Jongen (1884-1969) : In Memoriam Regis. Joseph Jongen (1873-1953) : Marche religieuse op. 38 no 1. Jean-Marie Plum (1899-1944) : Trois Pièces pour orgue op. 30. Pierre Froidebise (1914-1962) : Diptyque pour orgue. Peter Van de Velde, orgue de l’église Saint Michel d’Anvers. Juin 2022. Livret en anglais, allemand, français, néerlandais. TT 71’02. Aeolus AE-11351

Gabriel Pierné, 160e anniversaire

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L'organiste, pianiste, compositeur et chef d'orchestre français Gabriel Pierné est né le  à Metz et mort le  à Ploujean.
Gabriel Pierné naît dans une famille de musiciens. Son père, Jean-Baptiste Pierné, est professeur de chant, sa mère est professeur de piano.

Le traité de Francfort de 1871 qui consacre la défaite française et donne Metz à l'Empire allemand amène la famille à opter pour la France et à s'installer à Paris.
Il entre au Conservatoire de Paris où il a pour maîtres Albert Lavignac, Antoine-François Marmontel, Émile Durand, César Franck et Jules Massenet et, en 1882, il obtient, en même temps que le prix d'orgue, le Grand prix de Rome avec la cantate Édith.
Au Conservatoire, il côtoie Claude Debussy avec lequel il restera toujours très lié.
À la mort de César Franck en 1890, il a vingt-sept ans. Il remplace son maître à la tribune de l’orgue de l'église Sainte-Clotilde pendant huit ans avant que Charles Tournemire ne prenne la relève en 1898.

La véritable carrière musicale de Pierné s'effectue à la direction d’orchestre. Il devient en 1903 adjoint d'Édouard Colonne à la tête des Concerts Colonne pour en assurer ensuite seul la direction de 1910 à 1934. Il obtient une grande célébrité comme chef d'orchestre et en profite pour imposer d'innombrables œuvres contemporaines : Claude Debussy, Maurice Ravel, Albert Roussel, Igor Stravinsky, etc. Il assure ainsi, notamment, la création de la Symphonie no 3 de Georges Enesco en 1921 ; il s'attire les foudres de son ami Camille Saint-Saëns lorsqu'il dirige la Seconde Suite de Darius Milhaud. Il a également dirigé la création d'Iberia de Debussy en 1910.
Parallèlement à sa carrière de chef d'orchestre, il est aussi l'auteur d'une œuvre musicale diversifiée.

En 1924, il est nommé membre de l’Académie des beaux-arts au fauteuil de Théodore Dubois. Nommé chevalier de la Légion d'honneur en 1900, il est promu Officier en 1926, puis Commandeur en 1935.
Le Conservatoire à rayonnement régional de Metz est nommé « Gabriel Pierné » en l’honneur du compositeur lorrain.
Une plaque commémorative lui rend hommage 8 rue de Tournon (7e arrondissement de Paris), où il vécut de 1900 à 1937. Dans le 6e arrondissement, un square porte son nom.

Gabriel Pierné s'éteint en Bretagne, à Ploujean, le  ; il est inhumé à Paris au cimetière du Père-Lachaise sous une haute stèle de pierre sculptée par Henri Bouchard, représentant les muses Euterpe et Thalie.

Gabriel Pierné aborde tous les genres avec succès : selon la légende, c’est à douze ans qu’il aurait composé sa célèbre Sérénade pour violon et piano opus 3 (en réalité, la partition daterait plutôt de 1879). Parmi ses envois de Rome, d’abord une Suite d’orchestre, opus 11, puis Les Elfes, légende dramatique en trois parties et une Ouverture symphonique, opus 10 (1885), toutes trois très appréciés par la critique, font de lui, à la fin des années 1880, l'un des nouveaux espoirs de la très influente école française.

Mais il faut rechercher le meilleur de Pierné dans sa musique de chambre. On s’intéressera d’abord à sa Sonate pour violon et piano composée en 1900 en Bretagne et surtout à son Quintette pour piano et cordes composé durant la première guerre mondiale, entre août et . Pour le piano, on lui doit un recueil de Quinze pièces composé à Rome et publié dès 1883, un recueil de six pièces Album pour mes petits amis, opus 14 (1887), Trois pièces formant une suite de concerts, opus 40 (1903), un trio pour violon, violoncelle et piano en do mineur, opus 45 (1920-1921), un Scherzo-Caprice en ré majeur pour piano et orchestre, opus 25 (1890).

Il compose une Pièce en sol mineur pour piano et hautbois (1883); une Canzonetta pour clarinette et piano, opus 19 (1888); un Solo de concert pour basson et piano (1898) ; une Fantaisie impromptu ; une Berceuse ; un Impromptu-caprice pour harpe, opus 9 ; une Sonate, opus 36. Sa Sonata da Camera pour flûte, violoncelle et piano montre, probablement le mieux, l'originalité de ses constructions rythmiques et de l'emploi des timbres.

Il écrit aussi de nombreuses mélodies, notamment Le Petit RentierLes Petits Lapins (Jean Aicard, 1891), Les Trois Petits Oiseaux (Jean Richepin), ou Les Trois Poèmes de Klingsor. On retiendra enfin la Sonate pour violoncelle et piano de 1919 dont le caractère franckiste est si évident qu’on pourrait la croire écrite par Franck lui-même par certains endroits.

On lui doit aussi de belles pages pour orchestre avec ou sans soliste : Paysages franciscains ; Fantaisie basque pour violon et orchestre, dédiée à Jacques Thibaud, qui est représentée aux concerts Colonne en  ; la musique de scène Ramuntcho, d'après le drame de Pierre Loti (Théâtre de l'Odéon, ) ; le Divertissement sur un thème pastoral qu'il dédie en 1934 à « ses amis collaborateurs, les artistes des Concerts Colonne ».

Ses oratorios et le théâtre tiennent la part la plus importante de sa production. Le  est joué aux Concerts de l'Opéra un épisode lyrique sur un livret d'Eugène Morand intitulé La Nuit de Noël 1870. En 1897, L'An Mil, poème symphonique avec chœurs; La Croisade des Enfants sur un livret de Marcel Schwob (1902) reçoit le Prix de la Ville de Paris en 1903 et Les Enfants de Bethléem, poème de Gabriel Nigond, oratorio qui est exécuté à Amsterdam le  ; Saint-François d'Assise, oratorio donné en première audition au Châtelet le .

Pour le théâtre, il écrit Le Chemin de l'amour (un acte), Don Luis (opéra en trois actes), Vendée.

Il compose aussi de nombreux opéras-comiques : La Fille de Tabarin (comédie lyrique en trois actes, 1901), On ne badine pas avec l’amour (comédie lyrique en trois actes, 1910), Fragonard (comédie musicale en trois actes et quatre tableaux, livret d'André Rivoire et Romain Coolus représenté au théâtre de la Porte-Saint-Martin en  et dirigé par Maurice Lehmann), Salomé et des musiques de scène (Ramuntcho). Il laissa aussi quelques œuvres concertantes dans un célèbre et splendide Konzertstück pour harpe et orchestre (1903). Ses quelques œuvres pour orgue (Choral, Fugue, Trois pièces) et pour piano (Variations) sont d’une grande qualité d’écriture qui fait regretter que l’on ne les entende pas plus souvent en concert.

Les partitions chorégraphiques sont également importantes : Le Collier de saphirs (1891) ; Bouton d'Or (1895) ; Cydalise et le Chèvre-pied (1923), Impressions de music-hallImages, sont restés au répertoire de l'Opéra.

Giration écrit pour un enregistrement phonographique est donné sans orchestre au théâtre des Champs-Élysées en 1934 par Serge Lifar, Mlle Kergrist et Dynalyx aux Concerts Colonne sous la direction de Paul Paray.

Tout au long de sa vie, la carrière de chef d'orchestre de Gabriel Pierné éclipsera quelque peu ses talents de compositeur auprès de ses contemporains. René Dumesnil d'écrire : « Tous ceux qui se tourneront vers les partitions de Gabriel Pierné sont sûrs d'y trouver grand profit en même temps que grand plaisir. »

Gabriel Pierné est le père du peintre figuratif Jean Pierné (1891-1974). Ce dernier fut l'élève de Luc-Olivier Merson, grand ami de la famille Pierné depuis l'arrivée de cette dernière à Paris au début des années 1870.