Résultats de la recherche pour : Christoph Willibald Gluck

"Iphigénie en Aulide" de Christoph Willibald Gluck, 250 ans

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Iphigénie en Aulide est une tragédie lyrique en trois actes sur un livret de François-Louis Gand Le Bland Du Roullet, créée à Paris le 19 avril 1774 à l'Académie royale de musique.

C'est par l'intermédiaire de Le Blanc du Roullet, attaché de l'Ambassade de France à Vienne, que le compositeur décide d'écrire un opéra en français pour Paris sur un livret adapté de Jean Racine ("Iphigénie").
Grâce au soutien de Marie-Antoinette, Gluck vient à Paris en octobre 1773 et l'œuvre connaît un succès éclatant qui devait la maintenir sur scène jusqu'en 1824.
Richard Wagner devait en réaliser une version en 1847, jouée en Allemagne jusqu'en 1914. En revanche, cette Iphigénie ne sera guère jouée au XXe siècle, au contraire de l'Iphigénie en Tauride, bien que son ouverture, très appréciée de Wagner, soit restée célèbre et interprétée par les plus grands chefs d'orchestre tels que Hermann Abendroth, Otto Klemperer et Wilhelm Furtwängler.
Toutefois, dans le dernier quart du XXe siècle, l'œuvre jouit à nouveau d'une constante faveur.

"Ezio" de Christoph Willibald Gluck, 260 ans

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Ezio est un opera seria en trois actes du début de la période classique, composé par Christoph Willibald Gluck, mis en scène en 1750 et révisé en 1763.

Le livret de Metastasio pour cet opéra avait déjà été mis en musique par plusieurs compositeurs, dont Nicola Porpora (1728) et Pietro Auletta (1728), Hasse (Naples, 1730 ; Dresde, 1755), Haendel (Londres, 1732) et Latilla (Naples, 1758).

Ezio a été joué pour la première fois pendant le carnaval de Prague (1750) ; Gluck a révisé sa mise en musique pour Vienne (1763). Contrairement aux deux mises en scène complètement différentes du texte par Mysliveček, Naples (1775) et Munich (1777), les deux versions de Gluck partagent environ la moitié de leur musique.

L' « Ezio de Prague » 1750

L'Ezio original, un opéra seria à part entière sans aucune trace de la "réforme" de Gluck à venir, a été créé au théâtre de l'impresario Giovanni Battista Locatelli dans la rue v Kotcích (en allemand "Kotzentheater", en tchèque "Divadlo v Kotcích") et est resté à l'affiche pendant deux saisons.

L' « Ezio viennois » 1763

Gluck, comme Haendel et Vivaldi avant lui et tous les compositeurs de son époque, recycle naturellement les "numéros" (airs et chœurs) d'opéras plus anciens, en réécrivant au besoin le récitatif de liaison. En 1763, il réutilisa près de la moitié des 25 numéros musicaux de l' « Ezio de Prague », 13 ans plus tôt, en évitant des éléments comme "Se povero il ruscello" de l' « Ezio de Prague », qu'il avait déjà utilisé au Burgtheater de Vienne l'année précédente dans l'Orfeo de Vienne sous le titre "Che puro ciel", et Gluck compléta le reste avec 7 airs de Il trionfo di Clelia, qui était également inconnu du public viennois.
Le recyclage des airs de l' « Ezio de Prague » et de l'Il trionfo di Clelia a encore obligé Gluck à transposer et à ajuster pour les nouveaux chanteurs, et à réorchestrer pour un plus grand orchestre. Gluck a également réduit l'opéra en raccourcissant l'ouverture et en supprimant les répétitions. Ezio était chanté par Gaetano Guadagni, Valentiniano par Giovanni Toschi, Massimo par Giuseppe Tibaldi et Fulvia par Rosa Tibaldi.

L’île de Merlin ou Le Monde renversé : un opéra-comique inattendu de Gluck à l’Opéra Comique

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Alors que Faust triomphe sur la grande scène, l’Opéra Comique propose à la salle Bizet une rareté de Christoph Willibald Gluck : L’île de Merlin ou Le Monde renversé, un opéra-comique méconnu sur un livret français.

Fidèle à sa vocation patrimoniale, le Théâtre national de l’Opéra Comique aime remonter aux sources de son répertoire, notamment celles issues du théâtre de foire du XVIIIᵉ siècle. Cette saison, en collaboration avec les artistes de son Académie, il présente une relecture pétillante et contemporaine de L’île de Merlin ou Le Monde renversé, œuvre que Gluck adapta à Vienne. En 1753, Giacomo Durazzo, alors nouveau directeur des théâtres impériaux, entretient une correspondance nourrie avec Charles-Simon Favart. Sous son impulsion, Gluck revisite des livrets français à succès, en réécrivant leur musique. L’île de Merlin en un acte voit ainsi le jour, inspirée d’une pièce en prose et en vaudeville de Lesage et d’Orneval, jouée en 1718 à la Foire Saint-Laurent sur la musique de Gillier.

À cette époque, l’île représentait un espace de retraite utopique, propice à la satire sociale et philosophique. Loin du monde réel, elle permettait d’interroger les travers de la société européenne avec humour et distance. L’idée du « monde à l’envers » — où tout est inversé, joyeusement subverti — épouse les idées des Lumières et leur goût pour les mondes imaginaires.

Dans cette production, le livret de L’île de Merlin a été actualisé par Sébastien Lepotvin, qui en a modernisé les dialogues tout en conservant leur esprit. L’histoire commence lorsqu’une tempête fait échouer le bateau de Pierrot et Scapin sur l’île de leur ancien maître, Merlin. Ils y rencontrent Argentine et Diamantine, deux jeunes femmes séduisantes. Très vite, une galerie de personnages loufoques — un philosophe enthousiaste, une notaire zélée, une femme médecin, un chevalier poète, un procureur naïf — leur enseigne les règles de cette société où la violence est proscrite. Zerbin et Hanif, leurs rivaux, viennent pimenter la vie des deux protagonistes... sans coups échangés.

Semiramis et Don Juan de Gluck à l’Opéra Comique  : musique et danse à l’unisson 

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En octobre 2024 le théâtre du Capitole (Toulouse) proposait une nouvelle production d’Iphigénie en Aulide, Semiramis et Don Juan de Gluck. Repris à l’Opéra Comique en mai, ce spectacle est un enchantement. Un article à quatre mains par Claire de Castellane et Maïa Koubi.

Iphigénie en Aulide

La première partie de ce spectacle a en quelque sorte posé le décor, musicalement du moins. Constituée de la suite d’orchestre tirée de l’opéra Iphigénie en Aulide, de Christoph Willibald Gluck, créé en 1774 à Vienne, elle a permis à Jordi Savall de réaffirmer, si besoin en était, toute la puissance de son talent. A croire que l’âge, sur certaines personnes, n’a pas de prise, puisque, du haut de ses 84 ans, c’est passablement voûté et ralenti que le chef catalan est venu s'asseoir à son pupitre. Mais sitôt les bras levés, un conduit musical enchanteur s’est dégagé de son orchestre, le Concert des Nations, uni comme un seul homme, à la fois précis et souple, comme traversé par un même courant électrique, joyeux et continu. Pourtant, on peine à trouver, dans l’économie des gestes du chef, la raison d’un tel résultat sonore et musical. Force est alors de constater que la transmission entre un chef et son orchestre se fait aussi par un travail de répétitions approfondi en amont et par une compréhension et une explication éclairée de la partition.

Ce courant musical précis et souple, joyeux et continu a servi de rampe de lancement à un déploiement chorégraphique de grande ampleur sur scène.

Sémiramis

Ce ballet pantomime créé en 1765 est désormais chorégraphié par Ángel Rodríguez. Dès le début, on comprend qu’il va jouer sur le son. En effet, les danseurs apparaissent dans le silence, qu’il brise de leur respiration à l’unisson. 

C’est ensuite une chorégraphie néoclassique bien pensée qui se dévoile avec de belles images comme celle des femmes debout sur le dos des hommes et qui avancent au ralenti. La danse joue sur l’espace (tantôt les danseurs se placent en deux colonnes,en cercle, en ligne ou en pointe) et les niveaux (parfois très près du sol, parfois en pleine élévation) pour suivre le rythme sostenuto de la musique. 

La coordination et la musicalité du groupe de danseur est sans faille, que ce soit lors des mouvements d’ensemble ou de canon. Les interprètes s’illustrent dans les duos, trio ou groupe, mais c’est Philippe Solano dont on retiendra le solo, énergique jusqu’au bout des doigts. 

La toile qui fait office de décor ou de couverture est très élégamment mise en scène par la lumière qui nous plonge dans certains détails et change notre regard. 

"Les pèlerins de la Mecque" de Gluck, 260 ans

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Les Pèlerins de la Mecque ou la Rencontre imprévue Wq. 32 est une comédie mêlée d'ariettes, forme d'opéra comique, que Christoph Willibald Gluck composa en 1763 sur un livret de L.H. Dancourt inspiré de la pièce Les Pèlerins de la Mecque de 1726 écrite par Alain-René Lesage et Jacques-Philippe d'Orneval.

La mort d'Isabelle de Bourbon-Parme, épouse de lAarchiduc, entraîna une révision du texte pour dédramatiser la mort feinte par laquelle la Princesse Rézia éprouve son bien-aimé. Après une première répétition de la première version le , la seconde version de l'œuvre fut interprétée sous le titre Ali et Rézia ou la Rencontre imprévue au Burgtheater de Vienne le  et fut souvent reprise sous le titre Die Pilger von Mekka (Les Pèlerins de la Mecque, mais la version originale n'eut sa première qu'en 1990.

Haydn adapta La Rencontre imprévue et l'accompagna d'une nouvelle musique dans L'incontro improvviso (1775), et la reprise de la version de Gluck en 1780 a sans doute inspiré l'intrigue de L'Enlèvement au sérail de Mozart.
En 1784, Mozart écrit une série de variations pour piano (K.455) sur Unser dummer Pöbel meint, basé sur l'air Les hommes pieusement de Calender.
En 1887, Tchaïkovski orchestra ces variations pour former le dernier mouvement de sa Suite no 4, dite Mozartiana.

Gluck, La Semiramide riconosciuta, 275 ans

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Christoph Willibald, Ritter (chevalier) von Gluck est né à Erasbach, dans l'électorat de Bavière, le 2 juillet 1714 et mort à Vienne, dans l'archiduché d'Autriche, le 15 novembre 1787.

Il a transformé l'opéra avec sa célèbre « réforme » visant à introduire le naturel et la vérité dramatique, et qui a notamment occasionné la querelle des Gluckistes et des Piccinnistes, qui l'opposa aux défenseurs de l'opéra italien, sans jamais toutefois le brouiller avec qui que ce soit. Il reste l'un des compositeurs les plus importants de la musique de la période classique dans l'aire germanophone avec Joseph Haydn, Wolfgang Amadeus Mozart, Karl Ditters von Dittersdorf, Franz Krommer et Carl Philipp Emanuel Bach. Il ouvre la porte au classicisme viennois dont il est le premier jalon significatif.

La famille de Christoph Willibald Gluck est originaire du Haut-Palatinat bavarois. À sa naissance, son père Alexander est militaire au service des princes de Lobkowitz.En 1717, la famille quitte Erasbach et s'installe en Bohême, où son père exerce la fonction de maître des Eaux et Forêts -profession traditionnellement exercée dans la famille Gluck. Il y travaille successivement au service de Anne-Marie-Françoise de Saxe-Lauenbourg, Grande-Duchesse de Toscane (en 1717) à Reichstadt (actuellement Zákupy), du Comte Kinský (en 1722) -l'une des plus prestigieuses maisons du royaume de Bohême- à Kreibitz, et du Duc de Lobkowitz (en 1727 à Eisenberg (de)).

Dès son plus jeune âge, Gluck montre des dispositions pour la musique. À Kreibitz, il suit ses premières leçons de musique et apprend le violon. Son intérêt pour la musique va alors croissant. Pourtant, son père -suivant en cela un usage courant à l'époque- souhaite le voir choisir le même métier que lui et il s'ingénie donc à contrarier les dispositions musicales de son fils.  Vers 1730, plutôt que de se soumettre à la volonté paternelle, il décide de quitter le foyer familial et parcourt le pays gagnant sa vie en chantant et en jouant de la guimbarde.

En 1731, Gluck s'inscrit à la faculté de philosophie de Prague. En 1735 ou 1736, aidé par la famille Lobkowitz et peut-être également par son père avec lequel il s'est réconcilié, Gluck se rend à Vienne avec l'intention de devenir musicien. Il entre au service du Prince Lobkowitz en 1736.

À Vienne, l'Empereur Charles VI impose alors son goût pour l'opera seria italien. Gluck décide donc en 1736 de se rendre en Italie afin de se perfectionner dans ce domaine ; il y est accompagné par le Prince lombard Antonio Maria Melzi, qui l'a remarqué à Vienne. Arrivé à Milan, ce dernier décide de l'attacher à sa chapelle privée ; il le met également en relation avec le compositeur Giovanni Battista Sammartini sous la direction duquel Gluck acquiert de solides bases musicales. Pourtant, alors que son mentor pratique un art essentiellement instrumental (ce qui est somme toute rare pour un Italien de cette époque), Gluck lui, est surtout attiré par l'art dramatique. Il fait ainsi jouer son premier opéra, Artaserse (Artaxerxès), à Milan le 26 décembre 1741. Plusieurs autres suivent dans différentes villes d'Italie ; il donne ainsi successivement : Demetrio (Démétrios), créé le 2 mai 1742 (Venise) ; Demofoonte, créé le 6 janvier 1743 (Milan) ; Il Tigrane (Tigrane II d'Arménie), créé le 26 septembre 1743 (Crema) ; La Sofonisba (Sophonisbe), créé le 18 janvier 1744 (Milan) ; l’Ipermnestra (Hypermnestre), créé le 21 novembre 1744 (Venise) ; Poro (Porus), créé le 26 décembre 1744 (Turin) ; Ippolito (Hyppolite), créé le 31 janvier 1745 (Milan). Ces premiers ouvrages ne nous sont parvenus qu'à l'état fragmentaire.
Gluck se conforme alors à la forme conventionnelle de l'opera seria et utilise les livrets (souvent de Métastase) alors à la mode et qui sont, suivant un usage courant à cette époque, utilisés et réutilisés de nombreuses fois par différents compositeurs.
Gluck reste en Italie jusqu'en 1745, année de son départ pour Londres.

Il arrive à Londres entre 1745 et le début de l'année 1746. Il y entre en relation avec Lord Middlesex, directeur de l'Opéra qui se trouve encore actuellement au vieux théâtre de Haymarket.
Gluck donne à Londres La Caduta de' Giganti (La Chute des Géants) sous-titré La Rebellione punita le 18 janvier 1746 dont le sujet fait allusion à la « prochaine défaite des Écossais » -l'opéra remporte un certain succès ; puis le 31 mars 1746, Artamene, démarqué de son Tigrane de 1743.

Lors de ce séjour anglais, Gluck fait notamment la connaissance de Haendel -à qui l'on chercha peut-être à l'opposer, le prince de Galles, qui protégeait l'Opéra, était en effet en conflit avec son père le roi George II qui lui protégeait Haendel- et se lie avec le compositeur Thomas Arne.

À la fin de l'année 1746, Gluck quitte l'Angleterre et retourne en Allemagne. Il se fait engager dans la troupe ambulante d'opéra italien des frères Mingotti, avec laquelle il entame une tournée européenne trois ans durant. À Dresde, la troupe participe aux fêtes données en l'honneur d'un double mariage princier : celui du Prince Friedrich-Christian de Saxe avec la Princesse Maria-Antonia-Walpurga de Bavière et celui du Prince-Electeur Maximilien III Joseph de Bavière avec la Princesse Marie-Anne de Saxe.
Gluck crée à Pillnitz, résidence d'été de la Cour de Saxe située aux environs de Dresde, le 29 juin 1747, Le nozze d'Ercole e d'Ebe (Le Mariage d'Hercule et d'Hébé) ; il s'y ressent l'influence de Johann Adolph Hasse et de Niccolò Jommelli.
Cet opéra marque une étape importante dans l'évolution stylistique de Gluck. Il se distingue en effet des précédents par une volonté marquée d'exprimer musicalement les sentiments et les situations dans lesquelles se trouvent les personnages, et notamment au moyen d'une nouvelle utilisation des instruments, par une recherche d'effets pittoresques dans les passages évoquant la nature.
C'est à Dresde également que le compositeur rencontre pour la première fois le chorégraphe français Jean-Georges Noverre avec qui il devait par la suite entamer une fructueuse collaboration.

En 1748, Gluck reçoit la commande d'un opéra pour Vienne :  il compose donc La Semiramide riconosciuta qui est jouée le 18 mai 1748 avec succès.

La troupe continue sa tournée à Hambourg puis à Copenhague. C'est dans cette dernière ville qu'est créé devant la Cour son opéra-sérénade La Contesa dei Numi le 9 avril 1749.

Vers la fin de l'année 1749, à Prague, Gluck quitte la troupe des Mingotti pour se faire engager dans celle du nouveau directeur du théâtre de cette ville : J. B. Locatelli. Gluck y fait représenter Ezio (carnaval de 1750) et Issipile (carnaval de 1752). Ces opéras marquent l'apogée de sa carrière italienne, hors d'Italie.

Gluck retourne ensuite brièvement en Italie vers la fin de l'année 1752 où il fait jouer à Naples le 4 novembre 1752 La clemenza di Tito (en) (La Clémence de Titus) qui connaît un grand succès.
À la fin de l'année 1752, Gluck revient à Vienne et s'y installe définitivement. Il jouit alors d'une renommée internationale et reçoit nombre de commandes de l'étranger. Encore de nombreux voyages et une production qui semble ne jamais devoir prendre fin.

À partir des années 1757/1758, Gluck -à la demande de Durazzo- arrange des comédies-vaudevilles françaises pour le théâtre de la Cour. Ces ouvrages joués à l'origine aux foires Saint-Germain et Saint-Laurent à Paris et qui sont à l'origine de l'opéra comique, circulent en effet à Vienne où ils rencontrent les faveurs du public. Gluck s'intéresse alors beaucoup à ce genre -il le traite librement, à la manière française y ajoute ouverture et airs. Il compose dans ce genre : La Fausse Esclave, créé le 8 janvier 1758 (Vienne) ; L'Île de Merlin, créé le 3 octobre 1758 (Vienne) ; Cythère assiégée 1759 (Vienne) ; Le Diable à quatre, créé le 28 mai 1759 (Laxenbourg) ; L'Arbre enchanté, créé la même année ; L'Ivrogne corrigé, créé en avril 1760 (Vienne) et Le Cadi dupé, créé en 8 décembre 1761. Sa dernière mais non pas moindre composition dans le genre est La Rencontre imprévue ou Les Pèlerins de La Mecque créé le 7 janvier 1764 : cette œuvre -véritable opéra-comique- ne contient en effet plus de vaudevilles et la musique en est donc entièrement originale. Son incursion dans le genre de l'opéra-comique qui est un genre spécifiquement français, lui permet de se familiariser avec la prosodie française ; son style évolue également vers plus de simplicité et de naturel dans le but d'obtenir une expression des sentiments toujours plus authentique : deux points dont l'importance se révélera par la suite fondamentale.

De cette période date également la sérénade Tetide. C'est vers cette époque que ses amis tentent de lui obtenir un poste à la cour au théâtre, poste auquel il est nommé en 1759. a

Depuis plusieurs années, Gluck médite une nouvelle conception du drame. Durazzo, en mettant le compositeur en relation avec le poète Ranieri de' Calzabigi va largement contribuer à la concrétisation de ce projet. Le poète italien partage en effet les idées de réformes de l'opéra soutenues à Paris notamment par les philosophes tels que Diderot, Rousseau, Grimm ou Voltaire et encourage le compositeur dans cette voie. Il est en outre l'auteur de plusieurs ouvrages théoriques consacrés à l'opéra et dans lesquels, il prône notamment une « régénérescence de l'opera seria » italien. Gluck adhère largement aux conceptions du poète. C'est de cette collaboration que va se concrétiser une réforme radicale de l'opéra ; il en découlera plusieurs des œuvres majeures du compositeur.

Calzabigi souhaite ainsi de l'opéra français, particulièrement l'idée d'une plus grande fluidité entre l'air et le récitatif pour donner une plus grande continuité au drame. Il préconise également l'introduction de grandes pages chorales ainsi que l'emploi de la pantomime dansée, suivant les nouvelles idées chorégraphiques théorisées par Jean-Georges Noverre ou Gasparo Angiolini. Enfin il propose de substituer au drame métastasien généralement fondé sur une intrigue complexe, une action qui s'appuie sur un mythe et qui est basée sur une idée morale dont le protagoniste est le symbole vivant.
La première œuvre à naître de cette collaboration et qui marque donc le point initial de la « réforme » est Orfeo ed Euridice.

Suit le 17 octobre 1761, le ballet-pantomime Don Juan ou le Festin de Pierre également créé à Vienne et à la création duquel participe le chorégraphe Gasparo Angiolini. Cette œuvre est le premier véritable ballet d'action dans l'histoire de la musique.

En 1764 il donne un opéra-comique, La Rencontre imprévue, et l'année suivante deux ballets, puis deux nouveaux opéras, également sur des livrets de Calzabigi : Alceste (1767) et Paride ed Elena (1770). Même si, contrairement à Orfeo et Alceste, Gluck ne jugera pas utile d'adapter cet ouvrage pour la scène parisienne, il y puisera abondamment airs et ballets pour ses ouvrages parisiens. Par ailleurs, l'ouverture de Paride reprend l'idée de la sinfonia à l'italienne avec ses trois mouvements, à cette différence près que chacun d'eux s'enchaîne directement au suivant sans transition.

Gluck est également professeur de clavecin de l’Archiduchesse d’Autriche Marie-Antoinette, future reine de France. Elle lui accordera sa protection quelques années plus tard lorsqu’il sera à Paris.

En 1774, Gluck arrive à Paris où il décide d'appliquer sa réforme à l'opéra français.
En 1776 est créée la version française de Alceste qui à l’instar de Orphée et Eurydice est profondément remaniée par rapport à la version italienne originale. Ces deux opéras remportent chacun un franc succès mais sont aussi le point de départ d'une controverse entre les tenants de Gluck et ceux de la musique italienne qui acceptent mal cette francisation de l’opéra italien. Ces derniers se choisissent alors comme champion le compositeur Niccolò Piccinni. En 1777 est créée Armide qui reprend le livret de Philippe Quinault, déjà mis en musique en 1685 par Jean-Baptiste Lully. C’est à cette occasion qu’éclate la querelle. Elle prend fin en 1779 avec le succès d'Iphigénie en Tauride. Mais quelques mois plus tard, la création de Echo et Narcisse se solde par un échec. Gluck quitte alors définitivement la capitale française.

Affecté par cet échec, il retourne à Vienne. Bien qu’admiré par ses contemporains tels que Joseph Martin Kraus, Gluck met pourtant un terme à sa carrière. Il révise Iphigénie en Tauride pour en donner une version allemande et compose quelques lieder mais renonce à se rendre à Londres.
Il meurt en 1787 à Vienne.

Iphigenie en Tauride, Gluck et da Ponte,140 ans

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Iphigénie en Tauride, tragédie lyrique en quatre actes de Christoph Willibald Gluck sur un livret de Nicolas-François Guillard, fut représentée pour la première fois à l'Académie royale de musique (Paris) le .

De la traduction italienne signée en 1783 par Lorenzo da Ponte, est restée mémorable la production du Teatro alla Scala de 1957, sous la direction de Nino Sanzogno, mise en scène de Luchino Visconti et avec Maria Callas dans le rôle-titre. Lors de cette production on réalisa également l’enregistrement phonographique de la représentation du 1er juin, qui est à présent disponible en CD.

La Clemenza di Tito de Gluck, 270 ans

par

La Clemenza di Tito (La Clémence de Titus) est un opéra de Christoph Willibald Gluck. Il prend la forme d'un dramma per musica en trois actes. Le livret en langue italienne est de Pietro Metastasio. L'opéra a été créé le 4 novembre 1752 au Teatro San Carlo de Naples.

Lorsqu’on aborde La Clemenza di Tito de Gluck, il est impératif d’oublier Mozart, qui travailla sur le même livret de Métastase. Et comme il s’agit là d’un opera seria d’avant la réforme menée par Gluck lui-même, il faut en accepter les règles quasi inflexibles : de très longs récitatifs, aucun duo, et des airs qui ne reflètent pas toujours adéquatement la situation psychologique des personnages. Certaines arias sont vraiment inspirées, mais là encore, tâchons d’oublier que « Parto, parto, ma tu ben mio », « Se all’impero » ou « Altro che lagrime » ont aussi été mis en musique par Mozart.

Du reste, la Clemenza de Gluck n’a rien d’une inconnue. Dès 1987, Jean-Claude Malgoire la programmait à l’Atelier lyrique de Tourcoing, et le spectacle fit même l’objet d’une captation jadis télévisée. Audrey Michael, qui chantait alors Sesto, reprit le rôle à Lausanne en 1991, toujours avec Malgoire, puis à Paris en 1996 : au Théâtre des Champs-Elysées, dans une production « moderne » due au tandem Caurier-Leiser. Pourtant, malgré cette présence scénique, on ne connaît guère qu’un seul air de cette partition, le fameux « Se mai senti spirar », futur « O malheureuse Iphigénie », que proposait Cecilia Bartoli sur son album Gluck.

 

 

 

04.11.1752 Christoph Willibald Gluck
La clemenza di Tito (Dramma per musica in 3 Akten)
Neapel, San Carlo

Par-delà les temps, Gluck est parfait, même en 1952

par

Christoph Willibald GLUCK
(1714-1787)
Iphigénie en Tauride
Patricia NEWAY (Iphigénie), Pierre MOLLET (Oreste), Léopold SIMONEAU (Pylade), Robert MASSARD (Thoas), Solistes, Ensemble Vocal de Paris, Orchestre de la Société des Concerts du Conservatoire de Paris, dir.: Carlo Maria GIULINI
2016-67'59'' et 48'45''-Notice en allemand et en anglais-chanté en français-Hänssler 2 CD PH16008