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La compositrice franco-espagnole Clara Olivares crée son opéra « Les Sentinelles » à Bordeaux

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Les représentations auront lieu à l'Opéra National de Bordeaux, sur un livret et une mise en scène de Chloé Lechat et une direction musicale de Lucie Leguay. La distribution comprend Anne-Catherine Gillet, Sylvie Brunet-Grupposo, Camille Schnoor et Noémie Develay-Ressiguier. La nouvelle œuvre de l'auteur franco-espagnol « raconte comment la relation entre une mère et sa fille surdouée se détériore au contact de deux autres femmes », comme l'explique l'opéra. « Au cours de l'opéra, le jeu amoureux entre les personnages se complexifie et la fille surdouée abandonne l'image de l'enfant souriante qu'elle était (...). En tant que « sentinelles », les trois femmes tentent, chacune à leur manière, d'accompagner et de protéger l'enfant. Toutes les quatre trouvent une forme d'espoir et d'équilibre éphémère ».

"J'ai voulu aborder les complexités de la race humaine », dit Olivares, “avec un regard sans jugement, cherchant simplement à refléter le sensible présent même dans la violence, la frustration ou les sentiments les moins purs”. L'opéra, art total, offre la possibilité d'exprimer des nuances infinies ».

 

 

Clara Olivares créera "Les sentinelles" à Bordeaux

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La compositrice franco-espagnole Clara Olivares créera un nouvel opéra à l'Opéra National de Bordeaux, avant de le mener à Paris et à Limoges.

Il s'agit des Sentinelles, sur un livret de Chloé Lechat.
Une mère et une fille douée et complexe rencontrent un couple de femmes en crise. Ensemble, elles tenteront d'accompagner la jeune fille dans sa recherche du sens de la vie.

Direction musicale de Lucie Leguay ; mise en scène de Chloé Lechat elle-même ; casting : Anne Catherine Gillet, Sylvie Brunet-Grupposo, Camille Schnoor et Noémie Develay-Resgíer.

Micromégas, opéra rêvé et rêve d’opéra

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Le projet frémissait depuis un temps, de donner à Ars Musica sa sœur bisannuelle, en même temps qu’à la voix sa place dans la création contemporaine : Next Opera Days prend appui sur l’accessibilité (relative) de l’opéra de poche (la souplesse d’une distribution et d’une mise en scène parcimonieuses) pour propulser des (jeunes) compositeurs-narrateurs sur les scènes bruxelloises. L’opéra parlé (poétique et radiophonique) Consensus Partium d’Alessandro Bosetti et David Christoffel ouvre le jeu (après une table ronde sur les potentielles métamorphoses du genre et une master class de chant) et Mary de Clara Olivares (au Théâtre de La Balsamine le 17 novembre) , opéra entre littérature et art de la marionnette, le referme, deux créations entre lesquelles je m’installe, aux Brigittines, dans la Chapelle aux briques brutes aujourd’hui accolée à son aile moderne, vitrine de verre presqu’indécente dans la nuit pluvieuse mais diablement accueillante, pour l’inédit Micromégas, au premier soir des deux représentations que propose le festival -en fait, pas tout à fait, puisque la matinée est dédiée, en version courte, aux enfants, ravis du conte, jouissif autant que philosophique, de Voltaire.

Les trois voix féminines s’échelonnent sur la gauche de la scène (Karolyn Karolyi, la voix du cycle Sippal, Dobbal, Nádihegyedüvel de son compatriote György Ligeti ; Blandine Coulon, ancienne des chœurs d’enfants de la Monnaie ; Elise Gäbele, du Conservatoire Royal de Bruxelles), que délimite un dispositif visuel à deux écrans, encageant avec la douceur du translucide du premier les dix musiciens de l’Ensemble Musique Nouvelles et son chef, Jean-Paul Dessy. Les images en mouvement de Thomas Pénanguer, plasticien vidéo-graphique d’origine bordelaise, accompagnent de lueurs floues, parfois figuratives, le plus souvent évocatrices, les quatre parties musicales, jouées sans véritable interruption, et habillent l’imaginaire voltairien, prétexte, au travers du voyage interplanétaire du secrétaire de l’Académie de Saturne et du géant Micromégas, résident érudit exilé de Sirius, à une critique, argumentée et ironique, de l’ignorance nombriliste, de la guerre injuste, de la croyance intolérante -1752 ne diffère au fond pas tant de 2023.

Nouveaux Horizons

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A l'initiative de Renaud Capuçon et Gérard Caussé, Nouveaux Horizons propose à partir d'aujourd'hui, à Aix-en-Provence, une série cinq concerts dont chacun a programmé deux créations mondiales : aux côtés de Mozart, Schubert, Schumann, Brahms, Saint-Saëns et Ravel, la nouvelle génération sera représentée Benjamin Attahir, Élise Bertrand, Yves Chauris, Matteo Franceschini, Joan Magrané, Christian Masson, Aki Nakamura, Clara Olivares, Justina Repeckaité et Vito Zuraj.
Un troisième temps fort musical annuel à Aix ?

A Lausanne, un Domino noir émoustillant  

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« Petite musique d’un grand musicien », ainsi Rossini jugeait-il la production de Daniel-François Auber, alors que Wagner déclarait à Edmond Michotte : « Auber fait de la musique adéquate à sa personne qui est foncièrement parisienne, spirituelle, pleine de politesse et… très papillonnante, on le sait ». De ce compositeur qui est le plus représentatif du genre de l’opéra-comique dans la France du XIXe siècle, que reste-t-il ? De ses quarante-cinq ouvrages écrits entre 1805 et 1869, qu’a retenu notre époque ? Deux ou trois titres comme Fra Diavolo, La Muette de Portici, le ballet Marco Spada et quelques ouvertures. 

Pour l’Opéra de Lausanne, Eric Vigié, son directeur, porte son choix sur Le Domino noir, ouvrage en trois actes créé à l’Opéra-Comique le 2 décembre 1837 avec l’illustre Laure Cinti-Damoreau et le ténor Antoine Couderc et repris 1209 fois jusqu’à 1909. Il en présente la première suisse en recourant à la production primée ‘Grand Prix du meilleur spectacle lyrique français’ de l’année 2018, coproduit par l’Opéra-Comique de Paris et l’Opéra Royal de Wallonie à Liège.

Comment lui donner tort ! La mise en scène de Valérie Lesort et Christian Hecq vous emporte dans un rythme endiablé, tout en dénouant les fils d’une intrigue où s’enchevêtrent les quiproquos. Un an après le bal masqué donné la nuit de Noël chez la reine d’Espagne, Horace de Massarena revient avec son ami, le Comte Juliano, dans le salon où il a rencontré un domino noir, flanqué de sa suivante. Comme par enchantement, les deux femmes paraissent dans des accoutrements cocasses imaginés par Vanessa Sannino, Angèle de Olivarès portant le fameux domino surmonté d’une coiffe à tête de cygne…noir, tandis que son amie Brigitte de San Lucar est un énorme bouton d’or engoncé dans les cerceaux d’un panier sans robe. Toutes deux viennent goûter pour la dernière fois à des plaisirs bientôt interdits, puisque l’une est novice au Couvent des Annonciades, alors que l’autre est en passe de se marier. Le décor de Laurent Peduzzi consiste en une gigantesque horloge vitrée, derrière laquelle se profile le boléro des astres orchestré par la chorégraphe Ghysleïn Lefever. Tandis que Christian Pinaud joue habilement avec les changements d’éclairage, Juliano avance d’une heure les aiguilles de la pendule afin de permettre à Horace de s’entretenir secrètement avec Angèle, pendant qu’il fait croire à Brigitte qu’il est minuit, heure de fermeture du couvent qui leur sert d’asile.