Le Quatuor à cordes en sol mineur de Claude Debussy fut composé en 1893 et créé le 29 décembre 1893 à la salle Pleyel, lors d'un concert de la Société nationale de musique consacré à des œuvres écrites pour le violoniste Eugène Ysaÿe. C'est d'ailleurs le Quatuor Ysaÿe (dirigé par Ysaÿe lui-même) qui l'interprète. Il est en partie inspiré du Quatuor de Grieg.
Il comporte quatre mouvements et sa durée d'exécution est de 25 minutes environ.
C'est le seul quatuor écrit par Debussy. Il est aussi à noter que c'est l'une des rares œuvres pour laquelle l'auteur utilise une forme classique.
Il a été écrit dans une période où Debussy finissait d’écrire le Prélude à l'après-midi d'un faune et où il allait débuter l’écriture de Pelléas et Mélisande.
La forme de l’œuvre est cyclique : une même cellule mélodique est réutilisée sous diverses formes dans les quatre parties du quatuor.
L’Andante a été transcrit pour orgue par Alexandre Guilmant et publié chez Durand en 1911.
Children's Corner (littéralement « Le Coin des enfants » en anglais) L.113, est une suite de six pièces pour piano seul composée par Claude Debussy entre 1906 et 1908 et respectivement intitulées :
Doctor Gradus ad Parnassum
Jimbo's Lullaby (Berceuse des éléphants)
Serenade for the Doll (Sérénade à la poupée)
The Snow Is Dancing (La neige danse)
The Little Shepherd (Le Petit Berger)
Golliwog's Cake-Walk (La Marche de la poupée de chiffon)
Le compositeur a dédié l'œuvre à sa fille alors âgée de trois ans, Claude-Emma (1905-1919), surnommée Chouchou : « À ma très chère Chouchou… avec les tendres excuses de son père pour ce qui va suivre ».
Après la mort de Debussy, survenue le 25 mars 1918, le pianiste Alfred Cortot la jouera en présence de sa fille. Celle-ci aurait alors déclaré : « Papa s'écoutait davantage ». Elle suivra son père dans la mort un an plus tard, victime de la diphtérie.
Children's Corner a été créé le 18 décembre 1908 par le pianiste anglais Harold Bauer, devant le Cercle musical à Paris. Une orchestration en sera faite par André Caplet en 1910.
Bien que ces pièces soient souvent utilisées dans l'enseignement du piano aux jeunes enfants, leur bonne exécution réclame une excellente maîtrise technique.
La première pièce, Doctor Gradus ad Parnassum, est un pastiche de la série d'exercices pour le piano "Gradus ad Parnassum" composée par Muzio Clementi.
La dernière, Golliwog's Cake-Walk (cake-walk désigne une danse noire-américaine et golliwog une poupée noire en étoffe), est certainement la plus connue de toutes.
Claude Debussy (1862-1918) : Préludes, livre 1 ; Estampes ; Rondes de printemps (arrangement pour piano solo de Gérard Gasparian) . Jean-Paul Gasparian, piano. 2022. Livret en français et anglais. 68’05’’. Naïve V 7958.
Claude Debussy est souvent considéré comme le fondateur de l'impressionnisme musical, il a en tout cas été le principal pont entre le romantisme tardif et la nouvelle musique du 20e siècle. Ses innovations harmoniques et formelles étaient révolutionnaires. Les compositeurs de films ultérieurs, les représentants de l'avant-garde et même les musiciens de rock et de jazz se sont inspirés de ses œuvres. Sur le plan harmonique, il trouva de nouveaux moyens d'expression en utilisant des gammes entières, des suites d'accords libres sans lien avec la cadence et en supprimant la tonalité ; la mélodie confère souvent à ses œuvres quelque chose de glissant, de flottant, de presque narcotique. Debussy s'inspirait volontiers d'ambiances naturelles telles que la brume, les nuages, les reflets dans l'eau, les feuilles d'automne, la mer, mais aussi de lignes de vers. Il est né le 22 août 1862 à Saint-Germain-en-Laye dans un milieu modeste. Il n'a jamais fréquenté d'école régulière. Une élève de Chopin lui donna des leçons de piano et l'encouragea, si bien que deux ans plus tard, à l'âge de onze ans, il put entrer au Conservatoire de Paris. En 1879, Mme von Meck (mécène et amie de Tchaïkovski) le prit à son service comme professeur de piano pour ses enfants et il les accompagna en France, en Italie et en Suisse. Debussy poursuivit ensuite ses études au Conservatoire et obtint en 1884, notamment grâce à l'énergique plaidoyer de Gounod, le Prix de Rome pour la cantate L'enfant prodigue. Il ne se sent cependant pas vraiment à l'aise lors de son séjour à la Villa Médicis et rentre prématurément au bout de trois ans. Il s'installa définitivement à Paris, où il travailla comme compositeur, pianiste, chef d'orchestre et critique musical ("Revue blanche" 1901). Il y évolua principalement dans des cercles de peintres, de musiciens et de poètes partageant ses idées. Lors de l'exposition universelle de Paris en 1889, il découvrit la musique de gamelan javanaise et la musique indienne -des impressions sonores qui marquèrent son évolution musicale tout autant que les impressions de la musique russe, notamment par Moussorgski. En 1908, il entreprit quelques voyages à l'étranger en tant que chef d'orchestre. Un an plus tard, on lui diagnostiqua un cancer. Une opération en 1915 n'apporta aucune amélioration. Le 25 mars, Debussy mourut de son cancer. Paris était alors sous le feu de l'ennemi. Seuls vingt proches et amis lui ont rendu un dernier hommage. Dès le début, Debussy s'était rebellé contre les règlements et les conventions académiques et avait ainsi trouvé son propre style précurseur avec des œuvres comme Prélude à l'après-midi d'un faune, La Mer, Pelléas et Mélisande, Images, Jeux, En blanc et noir ou Fêtes galantes.
Perdu en forêt lors d’une partie de chasse, il l’a découverte près d’un plan d’eau, hagarde, terrorisée. Elle a beaucoup souffert, lui dit-elle, et vient de jeter une couronne dans l’eau. Non, il ne doit surtout pas tenter de la récupérer. Elle s’appelle Mélisande. Lui, Golaud, la prend sous sa protection. Il l’épousera et finira par rentrer chez lui, là-bas, au château familial d’Allemonde où l’attendent sa mère Geneviève et son grand-père Arkel. Et surtout Pelléas, son demi-frère. La tragédie aura lieu.
Le livret de Maurice Maeterlinck, adapté de sa pièce de théâtre, conduit inexorablement les tristes héros à leur tragique destinée. Il est une merveille d’évocations, de signes annonciateurs, de phrases reprises, de suggestions, de métaphores, de silences significatifs. Il y a ce qu’on saisit immédiatement, il y a ce qu’on se rappelle. Symboliste tout simplement. « Nous ne voyons que l’envers des destinées ».
Claude Debussy a fait sien ce récit, il l’a inscrit dans une musique tout aussi évocatrice, qui s’ouvre à tant de sens quant aux êtres et à ce qu’ils vont (devoir) vivre. Une musique surtout à l’extraordinaire prosodie. Elle a fusionné avec les mots qu’elle accompagne, qu’elle magnifie, qu’elle multiplie. C’est sans doute l’une des plus belles rencontres entre un texte et une partition.
Crescendo Magazine poursuit la publication des articles de la série "Ce siècle aura 100 ans" rédigée par Harry Halbreich et publiée en 1998 dans les éditions papiers de Crescendo Magazine.
Depuis un siècle, il n’est pas de plus grand novateur en musique que Claude Debussy, dont le rayonnement non seulement demeure intact mais semble sans cesse gagner en intensité. C’est qu’à la différence d’un Schönberg, par exemple, il fut également et surtout un grand libérateur. Rares sont les créateurs de ce siècle qui n’ont pas été touchés d’une manière ou d’une autre par son souffle.
La matière de cet article recoupe donc forcément en partie celle des précédents, voire des suivants de la même série. C’est ainsi que ceux que nous avons définis comme « les Maîtres du Son Nouveau » sont en grande partie ses héritiers, voire ses exécuteurs testamentaires : en tous cas, ils n’existeraient pas sans lui. Mais Pierre Boulez pas davantage, lui qui tenta et réussit la difficile synthèse de Debussy et de Webern. Et quant à la « trinité viennoise », pour remonter dans le temps, l’impact de la musique de Debussy sur la Vienne de l’immédiat avant 1914, où elle était bien connue et souvent jouée, c’est l’un des grands chapitres quasi-vierges de la musicologie, qui reste à explorer entièrement. Du début des Gurrelieder et du Scherzo du Deuxième Quatuor de Schönberg à Reigen, la deuxième des Trois Pièces opus 6 d’Alban Berg, les exemples ne manquent pourtant pas, ceux que nous venons de citer comptant au nombre des plus évidents. Et Stravinski, autre source puissante de la création de ce siècle dont nous n’avons point parlé encore et qui fera l’objet, avec sa riche descendance, d’une de nos prochaines études, Stravinski lui aussi doit en partie à Debussy d’être ce qu’il est : si le début de son Rossignol se situe encore presque sur le plan de la copie, les Nuages debussystes se retrouvent, sublimés, dans l’extraordinaire Prélude de la seconde partie du Sacre du Printemps. Et puis, antipode de l’Ecole viennoise et autre grand-père nourricier de la musique d’aujourd’hui, il y a Edgard Varèse dont le rayonnement inspirera lui aussi un futur article. En somme, peut-être eût-il fallu commencer notre série par Debussy, précisément, fons et origo d’un siècle de musique, et probablement aussi de celui qui s’annonce...
Que dire de Claude Debussy qui n’a pas encore été dit, sinon qu’il est le père spirituel de toute la musique du XXe siècle, exactement comme Ludwig van Beethoven a été celui de toute la musique du XIXe, et que ses œuvres vertigineusement mystérieuses n’arrêtent pas de fasciner les mélomanes aux quatre coins du monde ? Comme cette année 2018 est celle du centenaire de sa disparition à l’âge de cinquante-six ans, les disques qui lui sont consacrés sont d’ores et déjà légion, et tout indique qu’il y en aura encore beaucoup d’autres avant le prochain 31 décembre. En voici une première petite sélection.
Claude Debussy (1862-1918) Les opéras d’après Allan Poe. La chute de la Maison Usher et le Diable dans le beffroi (achèvement et orchestration de Robert Orledge). Roderick Usher : William Dazeley ; L’ami de Roderick et le bourgmestre : Eugene Villanueva ; Le Médecin et Jean : Virgil Hartinger ; Lady Madeline et Jeanette : Lin Lin Fan ; le Haute-Sonneur : Virgil Hartinger. Kammerchor St.Jacobi Göttingen. Göttinger Symphonie Orchester : Christoph-Mathias Mueller.
2013-88’12-Notice de présentation et texte chanté en : anglais, allemand et français-DDD-
Jean-Philippe Rameau (1683-1764) : Nouvelles Suites de pièces de clavecin — Sarabande, Les Trois Mains, Fanfarinette, La Triomphante ; Premier Livre de pièces de clavecin — Sarabande. Karol Szymanowski (1882-1937) : Masques op. 34. Claude Debussy (1862-1918) : Images, Livres I et II. Yuval Zorn, piano. 2025. Notice en anglais. 72′48′′. Rubicon RCD 199.
Claude Debussy (1862 – 1918) : Trois Chansons de Bilitis, Cinq poèmes de Charles Baudelaire, Ariettes oubliées. Olivier Messiaen (1908 – 1992) : Poèmes pour Mi (Livre II). Magdalena Kožená, mezzo-soprano. Mitsuko Uchida, piano. 2025. Notice en anglais. 71’16. Pentatone PTC 5187 129.