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Festival biennal « Orbite » à Cologne, ou le théâtre musical allemand de pointe

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Le programme International Visitors Programme (IVP), organisé par le ministère de la Culture et de la Science de Rhénanie-du-Nord–Westphalie, favorise depuis 2009 les échanges entre professionnels de la culture — journalistes, programmateurs, artistes — en les invitant à découvrir la richesse du territoire. Pendant quatre jours, nous avons navigué entre deux festivals : ORBIT, consacré au théâtre musical contemporain à Cologne, et les Wittener Tage für neue Kammermusik, festival de musique de chambre contemporaine à Witten. Cette première partie du compte rendu est dédiée à ORBIT.

ORBIT, une plateforme expérimentale et engagée

À Cologne, le festival ORBIT se consacre au théâtre musical contemporain issu de la scène indépendante. Fondé en 2017, il s’affirme comme une plateforme expérimentale favorisant la création collective, l’hybridation des disciplines et la remise en question des hiérarchies artistiques. Organisé tous les deux ans en avril, dans différents quartiers de la ville, il propose performances multisensorielles, ateliers et rencontres, invitant à repenser les modes de perception et à interroger des enjeux contemporains (crises écologiques, inégalités sociales, défis démocratiques).

Un Noël en musique au château de Fontainebleau avec l'ensemble Balthazar Neumann

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Depuis 2020, l’orchestre et le chœur Balthazar Neumann, sous la direction de leur fondateur Thomas Hengelbrock, sont en résidence au château de Fontainebleau. Du 13 au 15 décembre dernier, ils ont donné une série de concerts de Noël dans deux lieux emblématiques : la chapelle de la Trinité et la salle du Bal. Ces espaces, offrant une acoustique exceptionnelle, ont accueilli des œuvres allant du premier baroque italien aux compositions des XIXe et XXe siècles.

Dossier Faust (IV) : Faust par Schumann, le triomphe de l'Amour

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Poète autant que musicien, Robert Schumann fut le premier compositeur à s'attacher au Faust II qui occupe les trois quarts de la partition de son grand Faust dont il garda mot pour mot le texte, le mot qui, chez ce génie du lied, prend toute sa résonance. A Franz Brendel, il écrit à propos de la scène finale qu'il composa en premier lieu : "Qu'apporterait la musique à une œuvre lyrique aussi achevée ? Mais depuis que je connaissais cette scène, je sentais que la musique précisément pourrait en amplifier l'effet". Aussi Schumann s'écartera-t-il des formes musicales conventionnelles et préférera mouler la musique au poème pour mieux éclairer la magie kaléidoscopique du mot dont il a retenu les scènes de l'Amour et la Rédemption par l'Amour : "Le Jardin de Marthe", "Une bastille", "Cathédrale" pour le Faust I, "Paysage agréable" (acte I, scène 1), "Minuit" (acte V scène 4), "Grand péristyle du Palais" (acte V scène 5), "Ravins dans la montagne" (acte V scène 7) pour le Faust II.  

Emmanuel Pahud ou l'élégance de la flûte

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« DREAMTIME ». Krzystof PENDERECKI (1933-2020) Concerto pour flûte. Carl REINECKE (1824 - 1910) Concerto pour flûte op. 283. Ballade op. 288. Wolfang Amadeus MOZART ( 1756 - 1791) Andante en Ut. Ferruccio BUSONI (1866 -1924) Divertimento. Toru TAKEMITSU  (1930 – 1996) « I hear the water dreaming . Emmanuel Pahud, flûte. Orchestre de la Radio de Munich, Ivan Repušić. 2019.  Livret en français, anglais et allemand. 78'36".  Warner Classics 0190295392444

Sans surprise, Thielemann prend la main à Bayreuth

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Le Festival de Bayreuth  a annoncé officiellement ce qui n'était plus qu'un secret de Polichinelle : Christian Thielemann en est désormais le directeur artistique.
Conseiller musical du lieu depuis 2008, grand déçu du choix de l'Orchestre Philharmonique de Berlin, il voit ses fonctions à Bayreuth considérablement élargies et d'application immédiate, au côté de Katharina Wagner.
C'est un tournant dans la direction du festival resté jusqu'ici aux mains de la famille tout au long d'une saga wagnerienne riche de rebondissements fort peu musicaux.

Petit retour sur l'aventure.
Crée par Richard Wagner en 1879, le Festival se déroule chaque année du 25 juillet au 28 août  et propose 10 opéras du compositeur. Il s'est inscrit longtemps comme un des festivals les plus prestigieux au monde, attirant les passionnés du répertoire -et autres mondains- dont certains attendent leur billet jusqu'à 10 ans. Ces dernières années, il faut bien convenir que ce sont le plus souvent les critiques des mises en scènes et les querelles intra-familiales qui ont alimenté la presse.
Cosima, l'épouse de Richard, prend la main en 1883 -à la mort du compositeur- avant de la confier à son fils Siegfried. La direction reste dans le cercle familial jusqu’en 2008, quand Eva Wagner-Pasquier et Katharina Wagner, les petites-filles, succèdent à leur père Wolfgang Wagner (1919-2010).
En 2001, malgré la décision du conseil d’administration de la Richard-Wagner-Stifung qui avait désigné la fille de Wolfang pour lui succéder, celui-ci s’y était opposé vigoureusement et il mit la direction dans les mains de sa femme Gudrun et de leur fille Katharina.
Mais les relations familiales restent complexes, les décisions tortueuses et quand, en 2008, le conseil d’administration fait appel aux demi-soeurs Katharina et Eva, on se plaît à croire à un peu de quiétude.
Las...! Très vite, cette direction est controversée, les choix de mises en scènes trouvant peu d'amateurs dans le cercle des habitués de ce festival.
Aujourd'hui, Eva Wagner-Pasquier a déjà annoncé qu'en septembre prochain, elle abandonnera ses fonctions à Christian Thielemann tandis que les négociations sur le prolongement de contrat d'Eva sont encore en cours.
A suivre...!

Concours Reine Elisabeth : une session de grande envergure

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Les lumières de la fête sont éteintes : nous sommes face à nos souvenirs. Ils s’agrègent et quelques observations s’imposent.

On commencera par saluer le haut niveau individuel des candidats : tous les finalistes méritaient bien leur qualification pour l’épreuve ultime. Avec un remarquable niveau d’excellence instrumentale . Une chose est sure : la jeune génération des violoncellistes est bien armée. D’autant plus que cette maîtrise technique se met au service d’une franche musicalité.  A un point tel qu’avec certains lauréats, en tout cas les quatre premiers classés), on assistait bel et bien à un concert plutôt qu’à une prestation de concours.

La jeunesse est par ailleurs dominante. La moyenne d’âge de ces finales était proche de 24 ans alors que celle des finalistes classés n’atteignaient que 22 ans et demi. Il est clair que, compte tenu du niveau technique des candidats, seule leur musicalité joue un rôle discriminant et la plupart des jeunes musiciens, s’ils ont réellement quelque chose à nous dire, le montrent très tôt dans leur développement individuel et en tout cas bien avant qu’ils n’atteignent 25 ans. Au point que l’on peut se demander ce qu’ils peuvent encore nous apporter de nouveau six à sept ans plus tard. Leland Ko, cinquième prix, est à ce titre une exception. Sa maturité est évidente mais il l’a met au service d’une inventivité décontractée qui ravit les auditeurs. Les autres aînés parmi les finalistes affichent un métier réfléchi mais sans cette pointe de créativité qui font les grands de demain.

Les deux cadets (un petit 20 ans) s’affirment en tout cas comme de solides musiciens : Alvaro Lozano Cames (5e) et, surtout Tae-Yeon Kim (2e) dont la prestation demeure un modèle d’inventivité respectueuse.

L’intérêt des jeunes violoncellistes pour le répertoire moderne est évident : onze finalistes ont présenté un concerto écrit au 20e siècle, seul un Dvořák représentant l’ère romantique. Le goût évolue entrainant dans cet effort un public visiblement conquis. Le timbre du violoncelle est par essence celui de la voix humaine : les compositeurs de l’ère moderne ont su lui conserver son expressivité chaleureuse. Une remarque qu’explique aussi la personnalité de Rostropovitch, associé à 10 des 12 concertos entendus cette semaine.

Un classement logique

Ce sérail de très bons musiciens rendait le choix entre les finalistes complexe. Six d’entre eux méritaient de se trouver parmi les Premiers Prix et cinq s’y retrouvent. On ne regrette donc qu’un seul absent, Lionel Martin qui avait littéralement révélé dès le lundi soir le vrai potentiel de l’imposé allant d’offrir un fier panache au concerto de Dvořák. Le jury lui a préféré Maria Zaitseva, le type même de la bonne élève consciencieuse mais qui reste un peu trop dans sa rectitude littérale.

Pour le reste, les deux premiers prix s’imposaient. Ettore Pagano est un musicien racé, servi par une sonorité généreuse et un impressionnant sens de la construction sans que ces qualités restreignent un franc naturel libérateur. Tae-Yeon Kim affiche un sacré tempérament qui donne forme aux structures les plus compliquées (son imposé est d’une implacable logique) et qui est servi par une sonorité, à la fois ferme et ample. Celle-ci lui permet d’affronter avec un engagement révélateur le concerto de Lutoslawski qui, après Hayoun Choi en 2022, propulse une nouvelle fois une candidate déterminée vers les hautes sphères. D’une volonté ardente mise au service d’un dialogue fertile avec l’orchestre, sa lecture du Lutoslawski restera un moment majeur de l’édition 2026.

Ettore Pagano remporte le Concours Reine Elisabeth 2026 de violoncelle

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C'est l'Italien Ettore Pagano qui remporte la troisième édition du Concours musical international Reine Elisabeth consacrée au violoncelle. Le jury, présidé par Gilles Ledure, lui a décerné le Premier Prix — Grand Prix international Reine Elisabeth / Prix de la Reine Mathilde, assorti d'une dotation de 25 000 € et d'une série de concerts en Belgique et à l'étranger.

Né à Rome en 2003, Ettore Pagano débute le violoncelle à l'âge de neuf ans. Formé au Conservatorio Santa Cecilia de Rome, il poursuit son parcours à l'Universität der Künste de Berlin dans la classe de Jens Peter Maintz, après être passé par l'Accademia Chigiana, la Pavia Cello Academy auprès d'Enrico Dindo et l'Accademia Stauffer de Crémone. À tout juste vingt-deux ans, il affiche déjà un palmarès considérable : Premio Abbiati de l'Associazione Nazionale Critici Musicali et ICMA Classeek Award en 2025, Deuxième Prix au Concours Enescu en 2024, Premier Prix au Concours Khachaturian en 2022. En finale, à Bozar, il a défendu la Symphonie concertante op. 125 de Prokofiev, aux côtés du Belgian National Orchestra dirigé par Antony Hermus, après l'imposé inédit de la compositrice Fang Man, Four Odes to the Tidings of Flowers. RTBF + 2

Le violoncelle Goffriller « Casals », en souvenir d'une amitié

Au-delà de la dotation, le lauréat bénéficie, grâce à la Fondation Pau Casals, du prêt pour quatre ans du violoncelle Goffriller « Casals ». Construit à Venise en 1733 par le luthier Matteo Goffriller, l'instrument fut acquis par Pablo Casals en 1908 ; le maître catalan en joua plus de soixante ans et l'utilisa pour tous ses enregistrements légendaires, le considérant comme « son plus cher ami ». Ce prêt, offert à l'occasion du 150ᵉ anniversaire commun de Casals et de la Reine Elisabeth, célèbre l'amitié et la vision sociale de l'art que partageaient les deux figures. L'instrument sera remis à Ettore Pagano le 2 juin par la Reine Mathilde, à la Chapelle musicale Reine Elisabeth. L'Avenir

Le palmarès

  • Premier Prix — Grand Prix international Reine Elisabeth / Prix de la Reine Mathilde (25 000 €) : Ettore Pagano (Italie)
  • Deuxième Prix — Prix du Gouvernement fédéral belge (Belspo, 20 000 €) : Tae-Yeon Kim (Corée)
  • Troisième Prix — Prix Comte de Launoit (17 000 €) : Leland Ko (États-Unis)
  • Quatrième Prix — Prix des Gouvernements communautaires (Fédération Wallonie-Bruxelles, 12 500 €) : Álvaro Lozano Cames (Espagne)
  • Cinquième Prix — Prix de la Région de Bruxelles-Capitale (10 000 €) : Yo Kitamura (Japon)
  • Sixième Prix — Prix de la Ville de Bruxelles (8 000 €) : Maria Zaitseva (Russie)

Les six lauréats non classés — Andrew Ilhoon Byun, Clara Dietlin, Lionel Martin, Krzysztof Michalski, Dilshod Narzillaev et Ivan Sendetsky — reçoivent chacun 4 000 € (avec le soutien de la Loterie Nationale) ainsi qu'un récital. Enfin, Álvaro Lozano Cames remporte le Prix RTBF Musiq3 et Tae-Yeon Kim le Klara Prijs, dotés chacun de 2 500 €.

Fondé en 1937, le Concours Reine Elisabeth sera consacré au chant l'an prochain

Concours Reine Elisabeth ; Tae-Yeon Kim, une énergie conquérante

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Bachelor of Music du Curtis Institute où elle a étudié avec Gary Hoffmaan et Peter Wiley avec une bourse de la Jacqueline du Pré Memorial Fellowship, Tae-Yeon Kim  (Corée, 20 ans)nous arrive, malgré son jeune âge, bardée d’une belle collection de prix et de concerts.

D’emblée, elle pose sa marque sur l’imposé. Une cadence d’entrée engagée, une ode hivernal énergique où la concurrente lutte littéralement avec l’orchestre : Tae-Yeon Kim a décidé d’empoigner « Four Odes to the Tidings of Flowers » de Fang Man et de le mener à bon port sans fléchissement. Par contraste, le printemps devient une véritable réflexion, directe, sans détours mais qui laisse chanter les belles sonorités du violoncelle. La soliste maintient une démarche combative tout au long de l’été. L’automne développe pour sa part une chaude complicité avec l’orchestre. La vision de la concurrente prêche un fort appétit de vie : à la fin d’une semaine de doutes, c’est revigorant.

A entendre son exécution de l’imposé, on comprend que Tae-Yeon Kim ait choisi le concerto de Lutoslawski. Conçue comme un conflit entre le violoncelle et l’orchestre, l’œuvre fut écrite à la demande de Rostropovitch qui le créa à Londres en 1970. Sa femme, Galina Vichnevskaïa le décrivait d’ailleurs comme un « Don Quichotte du 20e siècle ». L’œuvre est jouée d’un seul tenant avec quatre épisodes entouré d’une introduction et d’une cantilène et finale. Comme on pouvait s’y attendre l’attaque solo, savamment cadencée, de l’introduction crée un obsédant climat d’attente. Quelques brefs appels de trompette et les cuivres s’emballent sans rien faire perdre à la soliste de son self control : elle développe au contraire un puissant soliloque face à l’effervescence d’un orchestre agité. Elle mène le jeu avec une ténacité implacable, entraine l’orchestre dans un tourbillon sonore et affirme une liberté revendiquée dans le quatrième épisode. La cantilène est habitée d’une incontestable force de conviction, celle d’un chant humaniste revendiqué qui s’engouffre dans un finale militant où la soliste domine toutes les sollicitations de l’orchestre. Une sacrée performance. Rappelons que c’est avec ce même concerto que Choi avait gagné la précédente session du Reine Elisabeth.

Concours Reine Elisabeth : Andrew Ilhoon Byun, une nature discrète

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Diplômé de la Julliard School et du New England Conservatory, chambriste passionné, Andrew Ilhoon Byun (Canada, 28 ans) est actuellement artiste en résidence à la Chapelle Musicale Reine Elisabeth où il travaille avec Gary Hoffman et Jeroen Reuling.

Son « Four Odes to the Tidings of Flowers » de Fang Man se base sur une volonté de garder une vraie clarté au discours. Une certaine neutralité imprègne la cadence de départ. Toute l’interprétation du concurrent canadien va en fait osciller entre une retenue réfléchie et une tentation à répondre à armes égales au fracas de l’orchestre, ce qui ne va pas de soi. Les frémissements de la flûte saluent l’apparition des frimas de l’hiver : le violoncelle du candidat y répond en demi-teintes. ce qui n’est guère aisé par la suite vu le fracas de l’orchestre qui le couvre démesurément. Le printemps ramène son lent cheminement répétitif où le violoncelle s’intègre à un éveil du monde où il articule sa cadence comme un beau chant solitaire mais distant. Le dialogue (le combat ?) de l’été entre l’orchestre et le soliste demeure sommaire dans son acharnement. Les contraires semblent vouloir se rejoindre dans la mélancolie de l’automne, un moment désarçonné par les éructations de l’orchestre mais le concurrent reprend bien la parole restituant à la fin de l’ode son côté interrogatif.

Ce qui nous a choqué dans la tonitruance de l’orchestre apparait clairement dans l’écriture d’une grande finesse de Dutilleux dans son « Tout un monde lointain ». Voilà une partition où le violoncelle prend délibérément la main dès la méditation d’« Enigme » où il signe un dialogue millimétré avec les instruments de l’orchestre qui se déploie tout au long de « Regards ». Le concurrent reste attentif à maintenir un chant discret tout au long de la méditation centrale et demeure toujours dans un rapport d’équilibre avec un orchestre inspirateur.

Cette partition appelle une connivence entre l’instrument soliste et l’orchestre. Celle-ci peut se développer dans un chant éperdu et c’était bien sûr la voie privilégiée par Rostropovitch. D’autres préféreront un discours plus discret qui creuse les potentialités de la partition vers l’inconnu. C’est dans cette voie que s’est engagé Andrew Ilhoon Byun : il le fait avec une juste retenue qui rend toute sa modernité à la musique de Dutilleux.

Concours Reine Elisabeth : Krzystof Michalski, un parcours habité

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Krzystof Michalski (Pologne, 23 ans) commence ses études à la Musica Mundi School de Waterloo où il est l’élève de Jérôme Pernaud. Il rejoint ensuite le Conservatoire de Paris où il obtient son master en 2024 dans la classe d’Edgar Moreau.  Il sera le dernier à interpréter l’œuvre phare de cette finale, le concerto n°1 de Chostakovitch qui aura été défendu par pas moins d’un tiers des finalistes !

Les remous tumultueux de l’hiver, les demi-teintes énigmatiques de l’automne, l’agitation trépidante de l’été, la poésie raréfiée du printemps : le concurrent polonais ne nous fait grâce d’aucune des sollicitations de « Four Odes to the Tidings of Flowers » de Fang Man qu’il subit plus qu’il ne les domine. Il termine d’ailleurs sa prestation dans l’imposé avec un grand point d’interrogation.

On trouve un autre tonus dans l’attaque sautillante de l’allegretto du concerto n°1 de Chostakovitch : le rythme est soutenu, le chant expansif sous les traits d’ironie des bois.

Changement complet de climat avec la longue complainte du moderato où, petit à petit, s’installe une sensation d’austérité qui renforce encore le côté poignant d’un mouvement maintenu dans une sorte d’apesanteur jusqu’au désespérant éclat final qui ne peut conduire qu’à un silence meurtri. Un poids tragique enserre le début de la cadence jusqu’à ce que celle-ci s’engouffre dans un cri plaintif qui ouvre le pas pesant de l’allegro molto avant de l’envoyer caracoler au milieu des sarcasmes grimaciers. Un beau parcours bien habité.