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Franz Liszt et Philippe Hersant par Alice Ader : vision de l’intangible

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Chimères. Franz Liszt (1811-1886) : La lugubre gondole I et II, S.200/1 et 2 ; Wiegenlied, S.198 ; Unstern ! Sinistre, disastro, S. 208 ; Trübe Wolken/Nuages gris S. 199 ; Im Traum/En rêve, S.207 ; Bagatelle sans tonalité, S. 216a ; Csárdás obstinée, S.225/2 ; Schlaflos ! Frage und Antwort, S. 203 ; Ossa arida, S. 55, transcription Philippe Hersant. Philippe Hersant (°1948) : In Black ; Fleuve d’oubli ; Paradise Lost. Alice Ader, piano. 2023. Notice en français. 72’ 10’’. Scala Musica SMU015.

Roger Muraro et les Années de pèlerinage de Franz Liszt 

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Le pianiste Roger Muraro fait paraître chez Alpha une intégrale du cycle les Années de pèlerinage de Liszt. Toute nouvelle parution de cette somme, monument du répertoire pianistique, est un événement d’autant plus qu’ici, elle se déploie sous les doigts de l'un des artistes les plus considérables de notre temps qui a déjà marqué la discographie par ses intégrales Ravel et Messiaen.  

Les Années de pèlerinage de Liszt, c’est une sorte d’Everest du répertoire pianistique. Une partition à la fois magistrale, mais certainement intimidante pour le pianiste. Qu’est-ce qui vous a poussé à enregistrer, à ce stade de votre développement artistique, ce monument ?

Je n'ai jamais eu le sentiment d'une performance en travaillant, en jouant les Années de pèlerinage. Ce n'est pas une sorte d'Everest. Le pianiste s'installe pour raconter l'histoire d'une vie, la description et le ressenti face à la nature splendide, la quête de soi-même, les amours, les  découvertes littéraires et picturales. Voilà ce que nous dit l'œuvre : c'est la vie tout entière de Franz Liszt ; 50 années d'aventures, de recherches, un parcours qui n'a pas d'équivalent sous cette forme. En jouant cette œuvre, c'est un peu le parcours de ma vie que je refais ; peut-être suis-je plus réceptif aux beautés et aux tourments qu'a traversés Franz Liszt ?

Je présume qu’un tel enregistrement, c’est une longue préparation en amont avec des concerts. Comment avez-vous préparé cet enregistrement ?  

La difficulté majeure réside dans l'organisation du travail de cette œuvre qui dure environ 2 h 45'. La première chose est de lire les poètes, Senancour, Byron, Pétrarque, Dante, pour les réflexions qu'ils provoquent avec leurs images parfois simples ou sombres, parfois complexes ; la peinture des Italiens nous révèle la beauté, le calme et l'effroi..., toutes ces œuvres osent poser de grandes questions qui ont inspiré Franz Liszt. Cela nous rappelle que le compositeur a toujours eu besoin d'un support littéraire, pictural ou d'une nature orageuse ou bucolique qui provoquaient chez lui le désir de les évoquer, de les traduire en sons, en émotions, en trouvailles pianistiques. Sa musique est tout un programme, celui de sa vie.

 Est-ce que d’avoir enregistré et interprété à de nombreuses reprises les grands cycles pianistiques de Messiaen vous a aidé à aborder ces Années de pèlerinage

Il n'est pas facile de répondre à cette question. La musique de Messiaen constitue un univers à part. Dès la première note de ses Préludes tout est dit. La croyance est à la source de sa foi. Le mystère est lumière pour lui, les miracles existent. J'ai toujours joué Messiaen à la manière d'un tableau vivant, mais avec une foi s'appuyant sur d'autres mystères. J'entre dans le langage de Messiaen, je me sens un personnage de son tableau, sauf peut-être pour le premier des Vingt regards sur l'Enfant Jésus... Comment être le Père ?? Heureusement, il y a plusieurs manières d'approcher l'œuvre. Messiaen lui-même jouait sa musique très librement, comme un romantique parfois ! Avec Franz Liszt, le message est plus mystique, ésotérique, plus libre peut-être, d'une spiritualité différente.  Liszt est plus interrogatif, mais je n'écarte pas sa séduction, son désir de livrer sa générosité. Sa virtuosité ? C'est sa générosité, certainement pas une démonstration assez vulgaire. Il livre son cœur avec ses débordements.

Il me semble que l’un des défis majeurs de ce cycle est de conserver une cohérence à travers des morceaux bigarrés, contrastés de ton et souvent très narratifs dans leur programme et leurs développements musicaux ? Partagez-vous cet avis ? Quels ont été pour vous les défis musicaux à relever ? 

Quand vous marchez dans la campagne, quand vous parlez à bâtons rompus avec un être aimé, quand vous contemplez une œuvre qui inspire un commentaire, qui révèle une émotion, vous ne faites rien de plus que vivre, vous épanouir. C'est cela les Années de pèlerinage ; je ne me pose pas la question d'une cohérence fictive, c'est la vie voilà tout. Quant aux défis de ces Années, ils ne résident pas plus dans les difficultés techniques que dans la plus petite des pièces, celle qui semble anodine et qu'il faut rendre avec son parfum particulier ; cette petite fleur entre 2 abîmes est essentielle.

"Tasso" de Franz Liszt

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Tasso, Lamento e Trionfo (Tasso, lamentation et triomphe) S.96 est un poème symphonique composé en 1849, révisé en 1850-1851 et de nouveau en 1854. Il est le 2e des 13 poèmes symphoniques écrits par le musicien durant son séjour à Weimar.

La première esquisse de Liszt date du 1er août 1849. Il aurait entendu le thème principal de Tasso, Lamento e Trionfo à Venise, quelques années plus tôt. Cependant, il l'utilisa dans la version datant de 1840 de sa pièce pour piano La Gondoliera du recueil Venezia e Napoli. Liszt termina la version de 1849 de Lamento e Trionfo comme une ouverture en deux parties, qu'il demanda à August Conradi d'orchestrer. Cette version fut donnée à Weimar en l'honneur du centenaire de la naissance de Johann Wolfgang von Goethe et comme une ouverture sur son drame, Torquato Tasso. Liszt a plus tard corrigé la partition de Conradi et demanda à Joachim Raff d'en produire une nouvelle entre 1850 et 1851. Il la révisa ensuite assez largement lui-même par l'ajout d'une section centrale.
Cette dernière version fut jouée le 19 avril 1854 à Weimar sous la direction de Liszt lui-même.

"Mazeppa" de Franz Liszt, 170 ans

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Mazeppa est un poème symphonique daté de 1851. La première audition a lieu au théâtre de la Cour de Weimar le 16 avril 1854 sous la direction du compositeur.

Liszt composa ce poème symphonique en utilisant sa Quatrième Étude d'exécution transcendante de 1839. La finalité de cette œuvre était de transposer en musique le trente-quatrième poème des « Orientales » de Victor Hugo, inspiré par Ivan Mazepa, héros national ukrainien. Liszt a retenu trois éléments de cette histoire :

- la course folle sur le dos du cheval ;
- la chute qui semble annoncer la mort ;
- le réveil et le triomphe.

"Les Préludes" de Franz Liszt, 170 ans

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Les Préludes, S.97, est le troisième des treize poèmes symphoniques de Franz Liszt.
La musique a été composée entre 1845 et 1854, d'abord comme ouverture du cycle choral de Liszt Les quatre élémens, puis révisée comme ouverture de concert autonome, avec un nouveau titre faisant référence à un poème d'Alphonse de Lamartine.
La première a eu lieu le 23 février 1854, sous la direction de Liszt lui-même.
La partition a été publiée en 1856 par Breitkopf & Härtel.
Les préludes constituent le premier exemple d'œuvre orchestrale intitulée " Poème symphonique " (en allemand : Symphonische Dichtung).

 

Le Prix d'honneur Franz Liszt 2023 à Cyprien Katsaris

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Le pianiste Cyprien Katsaris (72 ans) recevra le Prix d'honneur Franz Liszt 2023.
La Neue Liszt Stiftung et la Klassik Stiftung Weimar lui remettront le prix le jeudi 25 mai.

Le pianiste et compositeur français d'origine chypriote est le septième lauréat de ce prix, après Alfred Brendel et Kurt Masur (2011), Leslie Howard (2017), Johannes et Eduard Kutrowatz (2019) et Martin Haselböck (2021).

Selon le communiqué, le prix d'honneur rend ainsi hommage à l'œuvre d'un grand interprète européen de Liszt, un virtuose du piano de classe mondiale avec une affinité toute particulière pour Liszt. Tout au long de sa vie, Cyprien Katsaris a contribué de manière significative et particulière à une nouvelle vision de l'œuvre pour piano de Franz Liszt dans toute sa plénitude. Très tôt, il a intégré dans ses programmes de concert le vaste domaine des transcriptions de Liszt, jusqu'alors largement ignoré. "

Edition numérique de Franz Liszt

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Des chercheurs allemands, français et hongrois veulent publier tous les écrits du compositeur Franz Liszt (1811-1886) sous la forme d'une édition numérique commentée et librement accessible.

La vaste œuvre littéraire de Liszt va bien au-delà des questions purement musicales. Dans des essais, des livres et des lettres de voyage littéraires -adressées par exemple à George Sand, Heinrich Heine, Hector Berlioz- il a pris position sur des questions esthétiques, culturelles et sociales de son époque. Il a consacré de nombreux essais aux œuvres révolutionnaires de Richard Wagner et a rédigé une monographie sur la vie et l'œuvre de Frédéric Chopin. En tant que Maître de Chapelle à la Cour de Weimar (1848-1858), il conçut le programme détaillé d'une fondation Goethe, grâce à laquelle les arts en Allemagne devaient renouer avec le rang européen de l'"époque Goethe". Le livre sur "Les Tziganes et leur musique en Hongrie" était porté par la conviction d'une épopée nationale hongroise en sons. Liszt écrivait en français, il fit traduire certaines choses en allemand dès sa période de Weimar et les publia dans des revues.

Jusqu'à présent, seules quelques parties de ces écrits, qui reflètent son époque et l'ont influencée durablement, sont disponibles en édition moderne. Les chercheurs de Sarrebruck, Trèves, Heidelberg, Ratisbonne, Paris et Budapest ont entrepris de changer cela et de présenter l'ensemble des écrits dans une édition critique et commentée. L'édition emprunte de nouvelles voies sous la forme d'une édition numérique en libre accès, élaborée en collaboration avec le "Trier Center for Digital Humanities".

Le projet est dirigé par le professeur Rainer Kleinertz (Sarrebruck) en collaboration avec le Dr Claudia Bamberg (Trèves) et le professeur Dorothea Redepenning (Heidelberg). Kleinertz est considéré comme l'un des chercheurs les plus renommés sur Liszt. Le projet est initialement prévu pour une durée de trois ans et est financé par la Deutsche Forschungsgemeinschaft à hauteur de plus d'un demi-million d'euros.

Le Prix Franz Liszt 2022

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Le Prix Franz Liszt est décerné cette année au duo d'accordéons "con:trust".
Doté de 2.000 euros, ce prix est décerné chaque année par l'association des mécènes et amis de l'école supérieure à des étudiants dont les performances sont particulièrement remarquables. Il s'agit de récompenser les deux musiciens pour leur travail artistique et leur action pédagogique et sociale.

Le duo "con:trust" est composé des accordéonistes, compositeurs et pédagogues Marius Staible et Daniel Roth. Leur travail comprend, outre leur contribution musicale, des performances chorégraphiques, de la lumière et des arts visuels ainsi que de la musique de film.

Tomasz Kamieniak illustre les affinités polonaises de Franz Liszt 

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Franz Liszt (1811-1886) : Polonicum. Œuvres pour piano, volume 1 : Six Chants polonais de Frédéric Chopin, S. 480 ; Mélodie polonaise, S. 249a ; Feuillet d’album : Andantino en la dièse majeur, S 166p ; Fête polonaise, S. 230a ; Deux Fragment de Saint-Stanislas, S. 688a ; La légende de Saint-Stanislas, introduction orchestrale, arrangée par Tomasz Kamieniak S. 688 bis ; Deux Polonaises de l’oratorio St. Stanislas, S. 519 ; Arbre de Noël, S. 185a n° 12 ; I Puritani - Introduction et Polonaise de l’opéra de Bellini, S.391 ; Mazurka brillante, S. 221 ; Polonaise de l’opéra Eugène Onegin de Tchaïkowsky, S. 429. Tomasz Kamieniak, piano. 2021. Notice en polonais et en anglais. 71.02. Dux 1789.