Résultats de la recherche pour : Franz Schreker

Franz Schreker, 90 ans

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Le compositeur autrichien Franz Schreker, de son vrai nom Franz Schrecker, est né le 23 mars 1878 à Monte-Carlo et mort le 21 mars 1934 à Berlin.

Son père, Isak Schrecker, originaire d'une petite ville de Bohême, Golčův Jeníkov, naît le 6 mars 1834 dans une famille d'artisans juifs germanophones. Porté par une vocation d'artiste, il tente d'abord une carrière de dessinateur. Pour des raisons pécuniaires, il se tourne finalement vers la photographie. Il parvient progressivement à s'attacher une clientèle bourgeoise et aristocratique et ouvre un studio renommé à Budapest. En 1876, Isak entreprend une correspondance avec Eleonore von Clossman. Née en Styrie du sud, cette aristocrate a fui le milieu familial après le remariage de son père, le commandant August von Clossmann. Récemment installée à Vienne, elle occupe une place de gouvernante. Quelques mois après ces premiers échanges, Isak et Eleonore se marient en Hongrie. À cette occasion, Isak se convertit au protestantisme et prend le nom d'Ignaz.

Le jeune couple quitte rapidement l'Autriche-Hongrie pour Monaco. En 1877, Eleonore donne naissance à un enfant qui disparaît prématurément. L'année suivante, Franz August Julius Schrecker vient au monde. Le futur compositeur est assez marqué par le cadre méditerranéen de sa petite enfance. Cette installation monégasque ne dure pas. Dès 1880, Ignaz reprend sa carrière de photographe itinérant, emmenant sa famille à Paris, Bruxelles, Pola, Vienne ou Linz… Il se trouve en Haute-Autriche, à Ungenach, lorsqu'il meurt soudainement de la tuberculose le 22 janvier 1888.

Ignaz ne lègue que des dettes. La famille Schrecker sombre dans la précarité. Eleonore emménage à Döbling, dans la périphérie de Vienne. Elle vit de travaux artisanaux et des subsides de sa marraine, la Princesse Alexandrine von Windischgrätz. Fréquentant l'école primaire de Döbling, Franz suit les cours de piano, d'orgue, de violon et de théorie musicale de Karl Pfleger. C'est dans ce contexte qu'il compose sa toute première œuvre, une Ode à la mémoire de Napoléon.

N'ayant pas les moyens de poursuivre des études secondaires, Franz se cultive en autodidacte. À 14 ans, il commence à donner des cours d'allemand et d'arithmétique. La paroisse de Döbling l'emploie occasionnellement comme organiste. Multipliant les engagements sans lendemain, il accompagne un jour la cantatrice Berta Ehn. Surprise par sa précocité, elle utilise son influence pour lui ouvrir les portes du Conservatoire de Vienne. Parce qu'il ne peut payer les cours, l'administration lui assigne d'abord la classe de hautbois. Grâce au soutien financier de la Princesse von Windischgrätz, il parvient finalement à intégrer la classe de violon d'Arnold Rosé. Il semble avoir été un élève médiocre -un carnet de note de la fin de l'année 1893 fait état d'un travail « insuffisant ». Il brille par contre dans les cours théoriques : aussi bien la classe d'harmonie de Robert Fuchs que celle de contrepoint d'Hermann Graedener soulignent continûment son excellence. En 1895, il fonde une association étudiante, la Verein der Musikfreunde, qui réunit plusieurs célébrités en devenir telles que le violoniste Fritz Kreisler ou le compositeur Franz Schmidt. Elle est rapidement interdite par le Conservatoire dont le règlement proscrit les organisations parallèles.

Progressivement, Schreker délaisse l'interprétation au profit de la composition. En 1896, l'une de ses œuvres est pour la première fois représentée. De passage à Londres, l'Orchestre de l'Opéra de Budapest crée sa Love song. Faute de pouvoir se payer le déplacement, il ne peut assister à cette première création. L'année suivante, il abandonne la classe de violon d'Arnold Rosé pour se recentrer sur la classe d'harmonie de Robert Fuchs. Il écrit une cinquantaine de lieder dans le style de Brahms et d’Hugo Wolf.

Diplômé en 1900, il se fait connaître en représentant deux œuvres d'envergure : un Psaume n° 116 et une Symphonie en la majeur. Repris en 1901 par Ferdinand Loewe à la Gesellschaft der Musikfreunde, le Psaume est vivement salué par le critique Eduard Hanslick. Il gagne sa vie en donnant aussi des leçons particulières de piano, de violon et de théorie à Döbling.

Schreker obtient son premier succès en 1908 avec une suite chorégraphique inspirée par la nouvelle d'Oscar Wilde « Die Geburtstag der Infantin » (L’anniversaire de l’infante). Le même sujet l’inspirera à nouveau dix ans plus tard, à l’opéra cette fois, dans Die Gezeichneten (Les Stigmatisés).
En 1912, le succès phénoménal de son opéra Der Ferne Klang (Le son lointain), salué par une critique européenne unanime, le rend célèbre du jour au lendemain ; la même année, on lui confie la succession de Fuchs au Conservatoire de Vienne.
Ses opéras Die Gezeichneten et Der Schatzgräber (Le chercheur de trésor), représentés en 1918 et en 1920, imposent son leadership sur les scènes allemandes au début de la République de Weimar, aux côtés de Richard Strauss. Il quitte Vienne pour Berlin en 1920.

 

Der Schatzgräber de Franz Schreker à Berlin : un trésor retrouvé

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Franz Schreker (1878-1934) : Der Schatzgräber, opéra en un prologue, quatre actes et un épilogue. Daniel Johansson (Elis), Elisabeth Strid (Els), Michael Laurenz (Le Bouffon), Tuomas Pursio (Le Roi), Doke Pauwels (La Reine), Thomas Johannes Mayer (Le Bailli) ; Chœurs et Orchestre du Deutsche Oper Berlin, direction Marc Albrecht. 2022. Notice et synopsis en anglais et en allemand. Sous-titres en allemand, en anglais, en français, en japonais et en coréen. 165’00’’. Un DVD Naxos 2. 110761. Aussi disponible en Blu Ray.

Les multiples splendeurs de Franz Schreker 

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Franz Schreker (1878-1934)  : Der Ferne Klang. Orchestral Works & Songs. Nachtstück Interlude de l’acte III de l’opéra Der ferne Klang ; Valse lente ; Kammersymphonie ; Von ewige Leben ; Fünf Gesänge ; Kleine Suite ; Romantische Suite. Chen Reiss, soprano ; Matthias Goerne, baryton; Konzerthausorchester Berlin, direction : Christoph Eschenbach.  2021 et 2022. Livret en allemand et anglais. Texte chanté en allemand, traduction en anglais. DGG. 00028948639908

Franz Schreker : le grand retour du dégénéré

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Franz SCHREKER  (1878-1934) : On Eternal Life–Fantastic Ouverture–Ekkerhard–Prelude to a Grand Opera–Four Little Pieces for Large Orchestra. Valda WILSON (soprano), Deutsche Staatsphilharmonie Rehindland-Pfalz, dir. : Christopher WARD. DDD–2018–68’ 44’’–Textes de présentation en allemand et anglais–Capriccio C5348

Franz Schmidt, 150 ans

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Franz Schmidt (Presbourg,  – Perchtoldsdorf (près de Vienne), ) est un compositeur post-romantique, pianiste, violoncelliste et pédagogue autrichien.

Son premier professeur a été sa mère, Maria Ravasz, pianiste accomplie, qui lui a donné un enseignement systématique avec les œuvres pour clavier de Bach : « C'est par l'orgue d'église que la musique a pénétré pour la première fois mon âme » écrit-il dans son autobiographie2. Puis il travaille avec Rudolf Mader et Ludwig Burger1 et reçoit une formation complète en théorie de la part d'un frère franciscain, Félicien Moczik, l'organiste exceptionnel de l'église franciscaine à Bratislava qui disposait d'un instrument construit par un élève de Gottfried Silbermann. Son premier récital en tant qu'enfant prodige a lieu au Palais Grassalkovich.

Puis sa famille s'installe à Vienne en 18884, lorsqu'il a treize ans. Il étudie brièvement le piano en leçons privées avec Theodor Leschetizky, avant son entrée au Konservatorium der Gesellschaft der Musikfreunde, en 1890, où il étudie la composition avec Robert Fuchs (et à l'université avec Anton Bruckner dont il est l'admirateur), le violoncelle avec Karl Udel1 et Ferdinand Hellmesberger. En 1896, il obtient son diplôme avec la mention « Auszeichnung ».

De 1896 à 1911, Schmidt est membre de l'Orchestre philharmonique de Vienne sous la direction de Gustav Mahler (qu'il admirait comme chef d'orchestre, mais pas comme compositeur) et violoncelle solo de l'orchestre de l'opéra jusqu'en 1914. Il est l'exact contemporain d'Arnold Schönberg et a joué dans un quatuor de ce dernier et, en 1929 tient lui-même la partie de piano6 du Pierrot lunaire.

Professeur de violoncelle dès 19011, puis de piano à la Musikakademie de Vienne dès 1914, il en devient directeur en 1925 puis recteur de 1927 à 1937. En tant que professeur de violoncelle, de piano, de contrepoint et de composition (à partir de 1922), il forme de nombreux musiciens éminents : parmi ses élèves les plus célèbres figurent notamment, le pianiste Friedrich Wührer, Bruno Seidlhofer et Alfred Rosé -fils de Arnold Rosé, le fondateur légendaire du Quatuor Rosé, premier violon de l'Orchestre philharmonique de Vienne et beau-frère de Gustav Mahler- ; parmi les compositeurs Rudolf Wimmer, Theodor Berger, Marcel Rubin et Alfred Uhl1 sont dignes de mention. Pour des raisons de santé, il a abandonné en 1937 son enseignement.

Parmi ses amis figuraient Franz Schreker et Joseph Marx.

Schmidt s'est vu décerner le prix Beethoven par l'Académie prussienne de Berlin en 1902 pour sa première symphonie, « ce qui indique combien ses contemporains l'estimaient ». Deux musiciens de l'avant-garde viennoise, Berg et Schönberg, l'admiraient beaucoup1.

En 1951, la Franz-Schmidt-Gesellschaft, fondée à Vienne, encourage les concerts et les recherches sur sa vie et son œuvre. Elle est sise au prestigieux Musikverein.

Considéré comme un compositeur important en Autriche, il est peu connu hors de son pays. Bien que violoncelliste, il laisse peu d'œuvres pour son instrument, mais soigne particulièrement les parties d'orchestre ou de musique de chambre qui lui sont dévolues. Schmidt, qui est l'un des derniers et des plus fidèles élèves d'Anton Bruckner, n'en cultive pas moins un style résolument tourné vers le passé -en dépit de son intérêt pour Schönberg, Debussy et Hindemith. Il écrit dans la tradition de Brahms et est également influencé par Max Reger (notamment par l'usage de la fugue, des variations, des thèmes de chorals, des toccatas, chaconne et prélude) et se distingue par son originalité formelle et sa science de l'orchestration.

Il est l'auteur de quatre symphonies, dont les no 2 et 4 sont les plus remarquables8 et connues, car elles sont les plus originales dans la forme.

La seconde (1911-1913) est en trois mouvements, dont le deuxième est une suite de variations, parmi lesquelles deux font respectivement office de scherzo et d'adagio. « Le compositeur s'exprime ici avec une merveilleuse aisance dans un langage spécifiquement viennois, chaleureux, rayonnant de plénitude et de magnificence orchestrale […] La 2e symphonie de Franz Schmidt demeure donc un des grands moments, non seulement de la symphonie viennoise, mais de l'art de notre siècle […] »

La très émouvante quatrième symphonie (1932-1933) est dédiée à la mémoire de sa fille décédée peu après sa naissance1. Le compositeur nomma cette symphonie Requiem für meine Tochter (« Requiem pour ma fille »).

L'œuvre la plus vaste, la plus importante9 de Schmidt, est son oratorio Das Buch mit sieben Siegeln (Le Livre aux sept sceaux, 1938), qui demeure rarement joué en raison de la difficulté de son écriture chorale et soliste (la partie du narrateur, Jean, exige une tessiture de ténor particulièrement large ainsi qu’une énorme endurance). Curieusement, cette interprétation musicale de l'Apocalypse -reflet de la situation de l'époque- est exactement contemporaine de celle de Jean Françaix, dont l'approche musicale est sur tous les plans aux antipodes de la sienne. Schmidt a également écrit deux quatuors à cordes qui comptent parmi ses œuvres les plus contrapuntiques. S'y retrouve la forte influence de Johannes Brahms, vis-à-vis duquel Schmidt avait la plus grande admiration.

Parmi l'œuvre d'orgue « ouvertement néo-classique », qu'il aborde seulement vers ses cinquante ans11, il faut citer le « chef-d'œuvre incontesté» : la Chaconne en ut-dièse (1925). Schmidt n'étant pas organiste, la plupart de ses œuvres pour cet instrument sont créées par un professeur d'orgue de l'Académie, Franz Schütz.

La dernière œuvre du compositeur, malade et désorienté, est une cantate à la gloire de l'Anschluss et d'Hitler intitulée Résurrection allemande, que la mort l'empêcha d'achever.

 

 

Franz Schmidt, 85 ans

par

Franz Schmidt (Presbourg,  – Perchtoldsdorf (près de Vienne), ) est un compositeur post-romantique, pianiste, violoncelliste et pédagogue autrichien.

Son premier professeur a été sa mère, Maria Ravasz, pianiste accomplie, qui lui a donné un enseignement systématique avec les œuvres pour clavier de Bach : C'est par l'orgue d'église que la musique a pénétré pour la première fois mon âme, écrit-il dans son autobiographie. Puis il travaille avec Rudolf Mader et Ludwig Burger et reçoit une formation de l'organiste exceptionnel de l'église franciscaine à Bratislava qui disposait d'un instrument construit par un élève de Gottfried Silbermann. Son premier récital en tant qu'enfant prodige a lieu au Palais Grassalkovich.

Puis sa famille s'installe à Vienne en 1888, lorsqu'il a treize ans. Il étudie brièvement le piano en leçons privées avec Theodor Leschetizky, avant son entrée au Konservatorium der Gesellschaft der Musikfreunde, en 1890, où il étudie la composition avec Robert Fuchs (et à l'Université avec Anton Bruckner dont il est l'admirateur), le violoncelle avec Karl Udel1 et Ferdinand Hellmesberger. En 1896, il obtient son diplôme avec la mention « Auszeichnung ».

De 1896 à 1911, Schmidt est membre de l'Orchestre Philharmonique de Vienne sous la direction de Gustav Mahler (qu'il admirait comme chef d'orchestre, mais pas comme compositeur) et violoncelle solo de l'orchestre de l'opéra jusqu'en 1914. Il est l'exact contemporain d'Arnold Schönberg et a joué dans un quatuor de ce dernier et, en 1929 tient lui-même la partie de piano du Pierrot lunaire.

Professeur de violoncelle dès 1901, puis de piano à la Musikakademie de Vienne dès 1914, il en devient directeur en 19255, puis recteur de 1927 à 1937.
En tant que professeur de violoncelle, de piano, de contrepoint et de composition (à partir de 1922), il forme de nombreux musiciens éminents : parmi ses élèves les plus célèbres figurent notamment, le pianiste Friedrich Wührer, Bruno Seidlhofer et Alfred Rosé -fils de Arnold Rosé, le fondateur légendaire du Quatuor Rosé, premier violon de l'OrchestrePhilharmonique de Vienne et beau-frère de Gustav Mahler- ; parmi les compositeurs Rudolf Wimmer , Theodor Berger, Marcel Rubin et Alfred Uhl sont dignes de mention. Pour des raisons de santé, il a abandonné en 1937 son enseignement.

Parmi ses amis figuraient Franz Schreker et Joseph Marx.

Schmidt, s'est vu décerner le prix Beethoven par l'Académie prussienne de Berlin en 1902 pour sa première symphonie, « ce qui indique combien ses contemporains l'estimaient ». Deux musiciens de l'avant-garde viennoise, Berg et Schönberg, l'admiraient beaucoup.

En 1951, la Franz-Schmidt-Gesellschaft, fondée à Vienne, encourage les concerts et les recherches sur sa vie et son œuvre. Elle est sise au prestigieux Musikverein.

Considéré comme un compositeur important en Autriche, il est peu connu hors de son pays. Bien que violoncelliste, il laisse peu d'œuvres pour son instrument, mais soigne particulièrement les parties d'orchestre ou de musique de chambre qui lui sont dévolues. Schmidt, qui est l'un des derniers et des plus fidèles élèves d'Anton Bruckner, n'en cultive pas moins un style résolument tourné vers le passé -en dépit de son intérêt pour Schönberg, Debussy et Hindemith Il écrit dans la tradition de Brahms et est également influencé par Max Reger (notamment par l'usage de la fugue, des variations, des thèmes de chorals, des toccatas, chaconne et prélude) et se distingue par son originalité formelle et sa science de l'orchestration.

Il est l'auteur de quatre symphonies, dont les no 2 et 4 sont les plus remarquables8 et connues, car elles sont les plus originales dans la forme.

La seconde (1911-1913) est en trois mouvements, dont le deuxième est une suite de variations, parmi lesquelles deux font respectivement office de scherzo et d'adagio. Le compositeur s'exprime ici avec une merveilleuse aisance dans un langage spécifiquement viennois, chaleureux, rayonnant de plénitude et de magnificence orchestrale […] La 2e symphonie de Franz Schmidt demeure donc un des grands moments, non seulement de la symphonie viennoise, mais de l'art de notre siècle.

La très émouvante 4e Symphonie (1932-1933) est dédiée à la mémoire de sa fille décédée peu après sa naissance. Le compositeur nomma cette symphonie Requiem für meine Tochter (« Requiem pour ma fille »).

L'œuvre la plus vaste, la plus importante9 de Schmidt, est son oratorio Das Buch mit sieben Siegeln (Le Livre aux sept sceaux (1938), qui demeure rarement joué en raison de la difficulté de son écriture chorale et soliste (la partie du narrateur, Jean, exige une tessiture de ténor particulièrement large ainsi qu’une énorme endurance).
Curieusement, cette interprétation musicale de l'Apocalypse -reflet de la situation de l'époque- est exactement contemporaine de celle de Jean Françaix, dont l'approche musicale est sur tous les plans aux antipodes de la sienne.
Schmidt a également écrit deux quatuors à cordes qui comptent parmi ses œuvres les plus contrapuntiques. S'y retrouve la forte influence de Johannes Brahms, vis-à-vis duquel Schmidt avait la plus grande admiration.

Parmi l'œuvre d'orgue «ouvertement néo-classique», qu'il aborde seulement vers ses cinquante ans, il faut citer le « chef-d'œuvre incontesté » : la Chaconne en ut-dièse (1925). Schmidt n'étant pas organiste, la plupart de ses œuvres pour cet instrument sont créées par un professeur d'orgue de l'Académie, Franz Schütz.

La dernière œuvre du compositeur, malade et désorienté, est une cantate à la gloire de l'Anschluss et d'Hitler intitulée Résurrection allemande, que la mort l'empêcha d'achever.

Fabien Gabel, perspectives viennoises et transcontinentales 

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Le chef d’orchestre Fabien Gabel est l’une des baguettes qui compte. Régulièrement invité des grands orchestres, dont les plus prestigieuses phalanges des USA, il vient de faire ses débuts au MET. En septembre dernier, il a également pris ses fonctions à la Direction musicale du Tonkünstler-Orchester Niederösterreich, un orchestre autrichien au passé historique d’une rare densité. Fabien Gabel revient sur les développements récents de sa carrière et sur sa collaboration avec son orchestre autrichien.    

Vous venez de diriger le Mahler Chamber Orchestra pour une tournée de concerts en Espagne avec la célèbre pianiste Yuja Wang en soliste. Comment s’est passée cette tournée ? 

La tournée s'est bien déroulée nous avons joué dans des salles merveilleuses, comme San Sebastian et Barcelone. Certaines de ces salles sont magnifiques, comme le Palau de la música catalana à Barcelone ou l’Auditorio de Jameos del Agua de Lanzarote, qui est creusé dans la roche volcanique. J’étais très heureux de collaborer avec la fabuleuse Yuja Wang, qui est une pianiste extraordinaire dont la virtuosité est impressionnante et avec le Mahler Chamber Orchestra, phalange d’une virtuosité et d’une énergie exceptionnelles.     

Vous venez, en septembre 2025, de prendre fonction comme Directeur musical du   Tonkünstler-Orchester Niederösterreich, un orchestre autrichien, plus que centenaire, est chargé d'histoire (Sous la direction de Franz Schreker, l'Orchestre Tonkünstler de Vienne créa les  Gurre-Lieder d'Arnold Schoenberg en 1913. De 1919 à 1923, Wilhelm Furtwängler fut le chef d'orchestre principal. Bruno Walter, Otto Klemperer, Felix Weingartner, Hermann Abendroth et Hans Knappertsbusch dirigèrent l'Orchestre Tonkünstler les années suivantes). Comment avez-vous rencontré cet orchestre et comment en êtes-vous devenu le Directeur musical ?    

J'ai été invité à diriger l'orchestre, pour la première fois en 2019, avec un programme incluant entre autres la Sinfonietta de Korngold et la “Scène d’amour” de Feuersnot de  Richard Strauss. Une excellente entente a rapidement émergé. Ensuite, j’ai été réinvité à plusieurs reprises. Revenir au pupitre du Tonkünstler-Orchester Niederösterreich m’apportait beaucoup de satisfaction et  j'aimais beaucoup travailler avec cet orchestre. J'ai senti que certains musiciens semblaient désireux de travailler à plus long terme avec moi. Et puis, j'ai été sollicité pour devenir le Directeur musical à la suite à l’annonce du départ de Yutaka Sado, mon prédécesseur. 

Quelles sont vos ambitions et quels sont vos projets dans le cadre de votre mandat à la direction musicale du Tonkünstler-Orchester Niederösterreich ? 

Je souhaite développer plusieurs axes : tout d’abord, programmer le répertoire français, qui a été peu joué par l'orchestre auparavant. Je souhaite également mettre en avant des compositeurs viennois moins joués, comme Zemlinsky, Schreker ou Marx. Ce répertoire intéresse l'orchestre qui le maîtrise très bien et il nous faut nous distinguer des autres orchestres locaux qui programment majoritairement le grand répertoire classique (Strauss, Mahler, Bruckner, Brahms, Beethoven). En décembre dernier, nous avons joué la Symphonische Nachtmusik de Joseph Marx, figure majeure de la vie musicale viennoise dans les années 1910-30, mais ce compositeur est tombé dans l’oubli. Les concerts à Vienne ont fait salle comble et cette redécouverte a été saluée par la critique et le public. 

Hommage à Christoph von Dohnányi

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Le grand chef d’orchestre allemand Christoph von Dohnányi (1929-2025) est décédé à l’âge de 95 ans. Avec sa disparition c’est l'une des dernières figures de la direction d’orchestre du XXe siècle qui s'efface et qui emmène avec lui une certaine idée de l'art et de la fonction du chef d’orchestre.

Christoph von Dohnányi c’est une vie commencée par le tragique de l’Histoire. Si l’on a souvent noté qu’il était le petit-fils du grand compositeur Ernö von Dohnányi, il était le fils de Hans von Dohnányi. Juriste, ce dernier était un résistant au nazisme. Il fut accusé d’être le “père spirituel” du complot raté de 20 juillet 1944, connu sous le nom d’Opération Walkyrie. Arrêté et déporté au camp de Sachsenhausen, il est exécuté en avril 1945. Tout au long du nazisme, Hans von Dohnányi fut un résistant engagé, il sauva de nombreux juifs de la déportation et il est honoré du titre de “Juste parmi les Nations”.

De cet exemple paternel, Christoph von Dohnányi gardera une rigueur morale. Dans un hommage au chef, Norman Lebrecht nous précise que le Christoph von Dohnányi avait une aversion totale pour Herbert von Karajan, déjà à cause de ses compromissions avec le nazisme, mais aussi pour sa position dominante dans le milieu du classique et les abus de pouvoir qui en découlaient, il l’accusa de nuire à l'affirmation dans la carrière de jeunes chefs allemands.

Christoph von Dohnányi, c’est une carrière dans la droite ligne des Kapellmeister : la fosse avant tout et comme lieu d’apprentissage. Il étudie d’abord à la Hochschule de Munich la composition, le piano et la direction d’orchestre. Il est embauché par l’Opéra d’État de Bavière comme pianiste, coach vocal et même figurant. Son talent est répéré et il est primé du Prix Richard Strauss de la Ville de Munich. Il se perfectionne ensuite, en Floride, auprès de son grand-père, avant de revenir en Allemagne. Georg Solti, alors directeur de la musique à l'opéra de Francfort, l’engage comme son premier assistant. En 1957, il décroche son premier poste à l’opéra de Lübeck. Il est alors le plus jeune directeur musical d’Allemagne. Il occupe ce poste jusqu’en 1963, où il devient le Kapellmeister de l'opéra de Kassel. Lors de ce mandat, il ressuscite Der Ferne Klang, le chef-d'œuvre de Franz Schreker banni par les nazis. Les postes s’enchaînent : l’orchestre symphonique de la WDR de Cologne et l’opéra de Francfort, où il revient comme directeur de la musique. Ce mandat, entre 1968 et 1977, est important car le chef s’entoure d’une jeune équipe (dont un jeune dramaturge nommé Gérard Mortier). À Francfort, il impose une nouvelle conception scénique avec des mises en scène contemporaines qui dépoussièrent, confiées à de jeunes pousses de la scénographie, dont certains comme Klaus Michael Grüber ou Hans Neuenfels seront des pilliers des maisons d'opéras jusqu'aux années 2010. De 1977 à 1984, il est directeur artistique et intendant de l'Opéra de Hambourg. Sa carrière va prendre un tournant majeur avec sa nomination à l’orchestre de Cleveland, où il va rester de 1984 à 2000, un mandat au long cours accompagné par des tournées internationales et de nombreux disques pour Decca. En 1994, il est désigné chef principal du Philharmonia de Londres, orchestre dont il fut toujours des plus proches et, entre 2004 et 2010, il fut le directeur musical de l’orchestre de la NDR de Hambourg.

Jascha Horenstein à l’anglaise

par

Dimitri Chostakovitch (1906-1975) : Symphonie n°1 en fa mineur ; Carl Nielsen (1865-1931): Symphonie n°5, op.50. Royal Philharmonic Orchestra, New Philharmonia Orchestra, direction : Jascha Horenstein. 1970 et 197. Livret en anglais, allemand et français. 72’50. ICA ICAC 5184.